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Rouges-Bruns: libération de Tarek Aziz, la manœuvre a du plomb dans l'aile...

Tout le dossier "Menaces fascistes"

Tout le dossier "La guerre d'Irak"


Par Didier Daeninckx

Mercredi 9 juillet 2003


AMITIES FRANCO - IRAKIENNES

Comité pour la libération des Irakiens séquestrés par les troupes d'occupation américaines en Irak

APPEL POUR LA LIBERATION DE TAREK AZIZ


Le 19 mai dernier, l'association des Amitiés franco-irakienne rend public son appel à la libération immédiate de Tarek Aziz.
Voir notre édition du 30 juin 2003
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L
es animateurs de l'association des amitiés franco-irakiennes, Gilles Munier et ses soutiens de la Nouvelle-Droite, ont tenté de rééditer le coup de la pétition "Non à la guerre". Au mois d'avril 1999, elle avait permis d'engranger plusieurs dizaines de milliers de signatures sur un appel, pacifiste en apparence, mais qui à l'analyse dissimulait un alignement sur les positions des ultra-nationalistes serbes et une tentative de sauvetage de leur chef, Milosevic. Le front commun réunissant l'abbé Pierre, Alain de Benoist, Max Gallo, Peter Handke, Patrick Besson, Soljenitsyne, Bernard Lugan, avait créé un trouble durable dans l'opinion, et il avait commencé à se dissiper quand une partie des signataires, comme l'abbé Pierre ou Max Gallo, s'étaient résolus à revenir sur leur accord.

Pour le récent appel à "la libération immédiate de Tarek Aziz" (voir notre article Rouges-Bruns: une nouvelle passerelle, via Bagdad... ), la tactique employée était la même:

1) on rédige un texte à prétention "humanitaire",
2) on trouve une dizaine de personnes venues d'horizons divers pour le contresigner, afin de lui donner un caractère non partisan.
3) on envoie cette mouture dans les réseaux auxquels appartiennent ces premiers appâts afin d'engranger une liste d'une bonne centaine de personnes,
4) on diffuse ensuite au grand jour cette plate-forme pour bénéficier d'un effet de cumulation.

Pour le sauvetage du bras droit de Saddam Hussein, à part des personnalités ayant déjà pris part à des campagnes lancées par l'association des amitiés franco-irakienne comme l'écrivain, ultra-gauchiste, Jean-Pierre Bastid, les quatre principaux noms mis en avant étaient ceux de parlementaires français:

• Paul-Marie Couteaux, député européen chevénemento-pasquaïen,
• Didier Julia, député UMP remarqué pour avoir fait partie de ce groupe de 4 parlementaires français en visite à Bagdad,
• Sami Naïr, député européen chevénementiste,
• et enfin André Gerin, député communiste du Rhône.


Sur ce site "latin et souverainiste", Jean-Paul Cruse, ancien journaliste, aide-rédacteur du capitaine Barril, salue "le défi lancé, le 11 septembre par un commando de rebelles venus du Grand Sud frapper le Centre Mondial du Commerce International -au prix, hélas- de plusieurs milliers de victimes ('dégâts collatéraux')".
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Sami Naïr avalisait sa présence active dans cette opération, et ne voyait pas d'inconvénient majeur à se trouver en compagnie de co-listiers comme Mondher Sfar, Jean-Paul Cruse, Claude Karnoouh ou le dirigeant MNR Jean-Pierre Lussan:

"J'ai effectivement signé un texte pour la libération de M Tarek Aziz, dont on me dit qu'il souffre d'une maladie grave. Je ne savais pas, en revanche, que Monsieur Paul-Marie Couteaux avait signé ce texte. Je ne suis responsable, vous pouvez le deviner, que de ma propre signature".

Dès la parution de notre article, André Gerin confirmait à notre rédaction que son nom était utilisé de manière frauduleuse et qu'il n'avait jamais donné son accord à cette initiative politique qu'il réprouvait:

"En ce qui concerne le contenu de l'appel, il est hors de question pour moi de signer pour la libération de Tarek Aziz et des dirigeants responsables d'un régime totalitaire.
Je suis carrément opposé, d'une part à l'occupation des troupes américaines et d'autre part aux conséquences que doit endurer la population irakienne".

La pétition tournant "en interne" dans les milieux proches des quatre députés depuis le 25 juin, plusieurs personnes mises en confiance par la présence du nom de André Gerin se sont ralliées à ce texte avant de se résoudre à dénoncer leur propre signature. Il apparaît aujourd'hui que l'opération de la Nouvelle-Droite, mise en lumière par notre article, tourne court et qu'elle n'engrange plus de ralliements que dans les secteurs qui lui sont dévolus. Le fiasco leur porte sur les nerfs. Nous en voulons pour preuve les messages d'une violence extrême envoyés à notre rédaction par certains pétitionnaires. Ainsi Jean-Paul Cruse, ancien journaliste, aide-rédacteur du capitaine Barril, qui prédit que:

"les agents d'influence de l'extrême-droite américano-israélienne, sionistes, et donc, racistes, finiront dans les poubelles de l'Histoire".

Le site du Parti des Musulmans de France, un groupuscule dont les manifestations sont régulièrement entachées de débordements antisémites, (voir notre article La Vieille Taupe creuse son trou chez les islamistes radicaux) nous apprend que lors de son dernier défilé parisien qui avait rassemblé 300 personnes selon les organisateurs (et 300 aussi selon la préfecture), le 8 février 2003, Jean-Paul Cruse avait pris la parole après que les cris de "Sionistes, fascistes, racistes, c'est vous les terroristes" se furent calmés.

Pour en savoir plus:

Rouges-Bruns: une nouvelle passerelle, via Bagdad...

La face cachée de "La face cachée du Monde"

Noam Chomsky: un linguiste édité par les néo-fascistes

L'extrême droite et la guerre des Balkans: Engagés pour le pire

Sciences inhumaines à l'Harmattan

Après Garaudy, un chercheur au CNRS, soutien de Faurisson en 1981, accueilli par l'Harmattan

Les autres orateurs étaient Mondher Sfar dont on peut retrouver la prose sur une revue négationniste, Ginette Skandrani et Serge Thion, le militant négationniste, animateur du site "aaargh", et mis à la porte du CNRS en raison de son activisme.

On prend la mesure de la haine qui motive ces cœurs attendris par le sort de Tarek Aziz en lisant la prose de Jean-Paul Cruse sur un site "latin et souverainiste" auquel il collabore. Il y salue "le défi lancé, le 11 septembre par un commando de rebelles venus du Grand Sud frapper le Centre Mondial du Commerce International -au prix, hélas- de plusieurs milliers de victimes ('dégâts collatéraux')".

On ne peut être plus clair: les assassins transformés en rebelles, les victimes enterrées d'un "hélas" de circonstance.
Mais le cœur affaibli de Tarek Aziz leur arrache des larmes.

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