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Le
service Dieudonné: Une officine
antisémite sous l'Occupation Par
Didier Daeninckx Lundi
21 février 2005 |
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A
lire aussi: Otto Abetz prend rapidement conscience que les mesures de dissolution du PCF et de ses organisations de masse, que la chasse aux communistes organisée par un gouvernement pourtant issu du Front Populaire, ont fortement amoindri leurs capacités de mobilisation. L'ambassadeur délaisse l'idée de la remise en circulation de l'Humanité et il décide de créer un véritable clone du journal de Jaurès, ce qui offre l'avantage de le maîtriser totalement. Pour cela, il fait appel à l'un de ses agents rétribués, un citoyen suisse originaire de Genève, Georges Oltramare. Un temps influencé par Mussolini qu'il rencontre à Rome, il adhère au national-socialisme en 1938, et c'est tout naturellement qu'Otto Abetz lui confie la mission de collaborer à un journal dont la vocation est de semer le trouble dans les secteurs influencés par le parti communiste en adoptant une phraséologie revendicative. Le titre de ce journal résume le projet: La France au travail. Fondé par un avocat, André Picard, il est dirigé par Jean Drault, le journaliste nazi Henry Coston est secrétaire de rédaction, un futur homme de l'ombre de la IVe République et concepteur du club Le Siècle, Georges Bérard-Quelin, en assure le secrétariat général. On trouve également le national-socialiste Guy Lemonnier qui plus tard, sous le pseudonyme de Claude Harmel, publiera une Histoire de l'anarchisme aux éditions Champ Libre de Gérard Lebovici. Georges Oltramare décide, pour renforcer l'efficacité de son travail, d'abandonner son nom et d'apparaître sous l'un de ses pseudonymes, Dieudonné. Dans un premier temps, le journal atteint les objectifs fixés par ses concepteurs : lectorat ouvrier, tirage de plus de 200 000 exemplaires. Dieudonné se charge, dans ses éditoriaux, d'imprimer la ligne directrice: l'antisémitisme virulent. Quelques mois plus tard, Dieudonné passe à une vitesse et une audience supérieures (...) |
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