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amnistia.net/les enquêtes interdites n°19 - 12.06.2002
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Monsieur Gollnisch n'est pas content

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Après avoir lu notre article du 28.05.2002, "L'université Lyon III abrite-t-elle un électeur fictif, Bruno Gollnisch?", Monsieur Gollnisch nous a fait parvenir ce droit de réponse:

Paris, mercredi 12 juin 2002



V
ous croyez devoir rappeler que j'ai cité la phrase des islamistes algériens mettant en demeure sous menace de mort les étrangers de quitter leur pays, et ceci comme si je la reprenais à mon compte. Vous "oubliez" de préciser que si j'ai cité cette phrase, c'était pour la condamner, et pour indiquer que la politique d'inversion de l'immigration que préconise le Front National se ferait, elle, au contraire, dans les conditions de dignité, et dans le respect du droit.

Quant au "contentieux" sur mon inscription électorale, il aurait pu être soulever, dans les délais légaux de contestation des listes électorales, dix années de suite ! Il ne l'a pas été. Je vous donne acte que cela n'a aucune incidence sur mon droit à être candidat à l'élection législative.

Il est enfin assez plaisant de voir une mouvance politique si soucieuse de donner le droit de vote aux étrangers s'acharner à vouloir en priver un professeur à l'Université de Lyon, qui a le mérite de ne pas être un "turbo-prof", contrairement à nombre de ses collègues y compris de gauche !

Bruno Gollnisch
Délégué Général du Front National

D
ans son droit de réponse, l'ex-numéro 2 du Front National, qui vient de se faire souffler médiatiquement son statut de prince consort par la benjamine de Le Pen, est contraint de reconnaître que son inscription sur les listes électorales lyonnaises pose problème au regard de la loi. Dans un premier temps, Bruno Gollnisch se contentait de prétendre que l'université Lyon III avait agi en parfaite observatrice du Code électoral en lui fournissant une adresse "professionnelle". Le problème est que cette astreinte ne peut être évoquée que dans des cas très précis: militaires en activité, pompiers, gendarmes... Cette argumentation ne pouvant pas tenir une seconde devant le poids de la jurisprudence, Bruno Gollnisch avance dans la presse lyonnaise que la direction de l'université Lyon III se serait montrée sensible au fait que les dirigeants du FN vivaient une situation difficile et qu'il était bon que leur véritable adresse soit protégée. S'il s'avérait que cette explication soit la bonne, nous sommes bien dans le cadre d'un domicile fictif réprimé par la loi et l'inscription de l'ex-numéro 2 du FN aurait dû être annulée par les commissions de révision des listes ou par le préfet.

Bruno Gollnisch tient à préciser que la "politique d'inversion de l'immigration"qu'il préconise se ferait dans des conditions de dignité et de respect du droit. Il présente là le profil respectable de la "droite nationale". On sait depuis les multiples dérapages contrôlés des dirigeants FN qu'il faut toujours rechercher le rictus derrière le sourire de circonstance. Ainsi, dans National Hebdo du 6 août 1998, à côté d'une pétition intitulée "Dehors, on en a marre", Martin Peltier, un proche de Bruno Gollnisch écrivait concernant l'expulsion des immigrés:

"Des transports ça se trouve. Et s'il faut des rafles et des camps de concentration pour le transit, ce n'est pas un problème".

En fin d'article, il tenait à préciser le sens qu'il donnait au terme "camp de concentration":

"Note à l'intention des journalistes de gauche 'OK, guys', j'ai bien écrit 'rafles et camps de concentration'. Vous notez l'intention pédagogique: il s'agit de rappeler que l'exploitation éhontée de la Shoah sert entre autres (et d'abord?) aujourd'hui à rendre indispensable certains moyens indispensables à une juste cause, la lutte contre l'invasion-immigration".

La semaine suivante, Martin Peltier récidivait: "Cette bataille des mots est déterminante. Nous devons faire admettre aux Français qu'il y a de bonnes rafles".

Une argumentation qu'on pourrait croire tout droit sortie des travaux de certains universitaires de... Lyon III.

La rédaction

Voir aussi: "L'université Lyon III abrite-t-elle un électeur fictif, Bruno Gollnisch?"

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