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Exclusif Régionales: vers l'invalidation de Bruno Gollnisch?
Le préfet s'intéresse au domicile fictif du candidat FN...


Samedi 20 mars 2004


La lettre de réponse du secrétaire général de la préfecture du Rhône au Cercle Marc Bloch.
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A
u début du mois de mars 2004, le Cercle Marc Bloch a décidé de saisir le préfet du Rhône du problème posé par la présence, aux élections régionales en Rhône-Alpes, d'une tête de liste ne répondant pas aux critères légaux pour se présenter aux suffrages des électeurs. Il s'agit de Bruno Gollnisch dont l'adresse, 74, rue Pasteur, dans le septième arrondissement de Lyon correspond non à un domicile principal ou habituel, mais à l'Université Lyon III. Le préfet du Rhône vient de répondre à l'interpellation du Cercle Marc Bloch en précisant qu'il avait "demandé au Maire du 7ème arrondissement de Lyon de faire examiner la situation de monsieur GOLLNISCH par la commission administrative chargée de la révision des listes électorales".

Cette commission ne peut que s'appuyer sur les articles du Code électoral qui stipulent que le domicile du candidat doit être réel, et il est de notoriété publique que monsieur Gollnisch ne réside pas dans les locaux de l'Université Lyon III. Tout comme nombre de ses amis, les anciens membres du Comité scientifique du Front National qui professaient dans ces murs accueillants: Pierre Vial, Jean Haudry, Jean Varenne ou le négationniste Bernard Notin. Le même code électoral souligne que les "attaches matérielles et affectives", au titre du domicile, ne peuvent être prises en compte pour l'inscription sur les listes électorales. Nous sommes exactement dans ce cas de figure.

D'ailleurs, la jurisprudence est très nette à ce sujet, et le Cercle Marc Bloch s'étonne, face à la limpidité du problème, que le scandale ait pu se prolonger depuis plus de dix ans.

Le vendredi 19 mars, Bruno Gollnisch était l'invité de Télé Lyon Métropole, et la question lui a été posée en direct. Le numéro 3 du Front National (après le roi et la dauphine) n'a pas été capable de présenter le visage serein qu'il se compose dès lors qu'il est en représentation. Il est parti dans une diatribe d'où il ressort qu'il va porter plainte, on ne sait à quel propos, contre le secrétaire général de la préfecture du Rhône! Les cris ne servaient en fait qu'à masquer le fait qu'il ne dit rien de concret sur le domicile fictif grâce auquel il se présente dans la région. Ou si peu... Un seul argument qui frise le grotesque: d'après Bruno Gollnisch, cette adresse fournie par Lyon III serait valide puisque c'est le seul endroit où le recteur et le ministre de l'éducation peuvent le joindre! On le savait indispensable, mais à ce point cela frise la vantardise.

Bruno Gollnisch veut nous faire croire qu'il pourrait se prévaloir d'une sorte d'obligation à résidence comme par exemple un concierge ou un pompier dans une bibliothèque universitaire lyonnaise.

En fait, si le numéro 3 du Front National est sorti de ses gonds, c'est qu'il risque gros. L'article L88 du Code électoral prévoit des sanctions contre "ceux qui, à l'aide de déclarations frauduleuses ou de faux certificats, se seront faits inscrire ou auront tenté de se faire inscrire indûment sur une liste électorale, et les complices de ces délits seront passibles d'un emprisonnement d'un an et d'une amende de 100.000 francs". La loi prévoit aussi que ceux qui se seront fait élire au moyen de ces déclarations seront tenus à rembourser les indemnités attachées à leur mandat...

Le Front National, et monsieur Gollnisch en particulier, ne cessent pour flatter les électeurs, de mettre en avant leur volonté de respecter les valeurs de la République. Au moment de prouver la sincérité de ces déclarations, ils éructent, brandissent la menace. En lieu et place d'une simple quittance de loyer.


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