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"Police
parallèle italienne": Rome-Paris, via
Bagdad Par
Enrico Porsia Lundi
18 juillet 2005 |
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L'administration
fiscale italienne a attribué
officiellement un code fiscal et un
numéro de TVA à
l'association: "République
italienne - Département
d'études stratégiques
antiterrorisme - interforces de
police". Face au
magistrat instructeur, Saya n'a pas fait preuve d'une grande
éloquence. Il s'est limité à
décliner son identité en opposant un seul
argument aux questions de la juge: "le secret d'Etat et le
secret militaire de l'OTAN". Riccardo Sindoca, l'autre dirigeant de la milice parallèle, qui se présente comme "criminologue", a assuré aux magistrats que le Département d'études antiterrorisme était "un organisme de consultation qui se rangeait à côté des institutions et était parfaitement connu par elles". La presse italienne, à l'image de Marco Imarisio, journaliste au Corriere della Sera semble bien sceptique vis-à-vis de la dangerosité réelle de l'organisation paramilitaire, créée par Saya et Sindoca. Interrogé par Libération le 5 juillet 2005, à propos du "rapt envisagé" de l'écrivain Cesare Battisti, le journaliste du Corriere della Sera se montre très dubitatif: "Les membres du DSSA fantasmaient plus qu'autre chose". Le Département d'études antiterrorisme ne serait donc rien d'autre qu'une association de mythomanes en manque de reconnaissance? Notre rédaction, qui depuis 2001 s'est intéressée à cette organisation paramilitaire illégale et publique à la fois, est en mesure aujourd'hui d'apporter de nouvelles informations qui démontrent le contraire. Un commando de six hommes se préparait à enlever Cesare Battisti en France. Sur place, l'organisation de Saya a établi quelques contacts solides en exploitant ses connaissances dans milieu des "professionnels de la sécurité" engagés dans "le marché" irakien. Elle était notamment en rapport avec deux anciens légionnaires étrangers. Dont un qui a servi à Calvi, en Corse, et qui continuerait à évoluer dans les milieux des "soldats de fortune" cherchant des contrats avec l'armée US. L'enlèvement de Battisti etait prévu, à Paris, au début du mois de septembre 2004, quand, soudainement, à la fin du mois d'août, l'ex-militant italien décide de s'enfuir. Les hommes de Saya essayent alors de le localiser. Ils multiplient les appels à "l'ami légionnaire étranger". Une tentative d'enlèvement se prépare, une chasse à l'homme s'organise, et que font les autorités judiciaires italiennes? Elles écoutent les conversations téléphoniques. Elles observent. Sans broncher. Comme
nous l'affirmions dans notre édition du 3 juillet
2005, Cesare Battisti n'était pas le seul
exilé italien en France à avoir
été visé par le "service
parallèle" de Saya. Comme le souligne sans
détours le député italien des Verts,
Mauro Bulgarelli, "ce qui est en train d'émerger est
très inquiétant. C'est un enchevêtrement
entre des services dévoyés, d'organisations
néofascistes, de membres des forces de l'ordre, qui
nous rappelle les pages les plus sombres de la
stratégie de la tension: une véritable 'task
force' clandestine, qui arrivait même à pister,
comme l'a déclaré le chef de la DIGOS (la
police politique) de Gênes, Cesare Battisti et
même d'autres Italiens, en fuite à
l'étranger, recherchés pour des faits de
nature politique". Selon nos
informations, recueillies à Paris, auprès
d'une source proche du milieu diplomatique italien, des
fiches concernant tous les exilés politiques
italiens résidents en France ont été
découvertes, au cours de perquisitions
effectuées dans le cadre de l'enquête sur le
DSSA. Cette même source prétend que des fonctionnaires de la police italienne attachés à l'ambassade ont accès aux écoutes téléphoniques des exilés politiques résidant sur le territoire de la République française. Par quels moyens? Quant aux services des renseignements de la République française, n'ont-ils rien remarqué concernant la préparation du kidnapping de Cesare Battisti? (...) |
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