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Vatican-Argentine: la route secrète des nazis

Tout le dossier "Menaces fascistes"


Par Estela Raimundi

Mardi 5 août 2003


Cet article est publié dans le n°39 des Enquêtes interdites du 5 août 2003 . Soutenez notre rédaction indépendante, abonnez-vous!



La une du quotidien argentin Pàgina 12 du 27 juillet 2003. Le document montré est la fiche d'entrée en Argentine de "Helmut Gregor", Allemand d'origine sud-tirolienne. En fait, il s'agit du tristement célèbre médecin tortionnaire Joseph Mengele. Après un court séjour dans un camp de prisonniers allié, où il n'aurait pas été reconnu, il passa quelques années en Allemagne, jusqu'au moment où, en 1948, il fut pris en charge par les réseaux argentins. Grâce à une fausse carte d'identité au nom de Helmut Gregor, et à un visa pour l'Argentine, il put facilement obtenir un sauf-conduit de la Croix-Rouge à Gênes, et d'ici s'embarquer pour Buenos Aires. Il mourut, sans jamais avoir été inquiété, en 1979 au Brésil, de noyade.
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D
ans son livre Odessa, l'écrivain britannique Frederick Forsyth raconte les activités d'une organisation secrète formée par des anciens SS à la fin de la deuxième guerre mondiale. Le but de l'organisation était d'organiser une voie de fuite, permettant de sauver les anciens chefs nazis de la justice d'après-guerre et de créer un IVe Reich. Cette fiction, publiée en 1972, fut un best-seller.

Dans la réalité, la route qui permit l'exil de milliers de nazis, de fascistes, d'oustachis croates, de nationaux-socialistes du mouvement rexiste belge et de fonctionnaires de Vichy, fut mise en place en direction de Buenos Aires par le général Peron, président de l'Argentine de 1946 à 1955 et grand admirateur du "duce" Mussolini et du "führer" Hitler. C'est ce que démontre, après 6 ans d'enquête, le journaliste argentin Uki Goñi dans son livre La auténtica Odessa, paru en décembre dernier à Buenos Aires.

L'impact provoqué par la sortie du livre de Goñi a contribué à la récente ouverture des archives argentines de la Direction nationale des migrations et à la déclassification des documents concernant l'entrée de criminels nazis entre 1946 et 1949 dans ce pays. Ces documents viennent confirmer les soupçons de l'arrivée au port de Buenos Aires de Joseph Mengele (portant le faux nom d'Helmut Gregor), Adolf Eichmann, Klaus Barbie, Martin Bormann, Erich Priebke, Alfons Caluwe, Otto Muller, Gerard Hoet, Walter Kutschmann, Otto Pappe, René Cloetens (...)

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