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Newsport,
mardi 16 novembre 1999
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Pendant
que Moscou se réveillait, hier matin, de
nouveau avec la peur des attentants (après
la découverte d'une bombe dans un immeuble
de la capitale, qui devait être
évacué à toute vitesse par les
forces de l'ordre), Boris Eltsine
annonçait qu'il se rendra personnellement
jeudi à Istanbul. Tzar Boris, qui est
réapparu après son
énième convalescence, s'est
montré résolument
déterminé à faire savoir au 54
membres de l'OSCE (organisation pour la
sécurité en Europe) que "personne n'a
le droit de critiquer la Russie quand elle
détruit des bandits et des terroristes sur
son propre territoire... Nous nous
n'arrêterons pas (en
Tchétchénie) tant qu'il y aura ne
serait-ce qu'un seul terroriste".
Au
même temps, Bill Clinton, qui venait
d'arriver à Ankara, déclarait que le
conflit en Tchétchénie compromettait
fortement l'intégration de Moscou au sein
des pays européens, dont, de facto, la
grande Amérique se retient le grand parrain.
Anatolij Kvashnine, le chef d'état-major
de l'armée russe, devait contre-attaquer
immédiatement les propos du président
US en relâchant une déclaration
fracassante visant à accuser l'Otan de
préparer une action armée contre les
pays de l'ex-Urss. "L'intervention militaire en
Irak et au Kosovo ne constitue qu'un premier pas...
demain, d'autres pays ne seront pas exclus, y
compris dans les ex-territoires
soviétiques". Quant au ministre des
affaires étrangères russe, Igor
Ivanov, il devait carrément menacer
"certains pays qui sont en train de compliquer
l'atmosphère du sommet d'Istanbul en agitant
la question tchétchène", et
précisait "qu'ils devront s'assumer la
responsabilité d'un échec de la
réunion..."
Sur
le terrain, en Tchétchénie,
l'armée russe poursuit inlassablement ses
bombardements en détruisant tout ce qui
se trouve à portée d'obus. Les
troupes fédérales semblent continuer
leur lente avancée sur Grozny, tandis que
les conditions de vie dans la capitale
tchétchène, privée de gaz et
d'électricité, se font de jour en
jour plus précaires...
La
ville est toujours défendue par environ 6000
miliciens dont l'expérience de la
guérilla semble préoccuper au plus
haut point les troupes de Moscou. En effet, en
prenant leur inspiration des récents
conflits au Kosovo et en Irak, les
généraux russes semblent
préférer l'intensifications des
bombardements aveugles, à une attaque
d'infanterie... et tant pis pour les
populations civiles.
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