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Newsport,
lundi 6 novembre 2000
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Après
deux heures de débats, le Conseil
d'administration de l'université Lyon II a
voté, vendredi 3 novembre, par 39 voix
contre 2 et une abstention, la demande d'annulation
du DEA (Diplôme d'Etudes Approfondies)
accordé en 1991 au militant
négationniste Jean Plantin par un jury
irrégulier présidé par le
professeur Yves Lequin (voir
notre édition du
17.01.2000).
Cette décision, de caractère
exceptionnel, conforte les positions
exprimées depuis plusieurs années par
les associations étudiantes comme l'Unef-Id
ou antiracistes comme Sos Racisme, le Mrap, l'Uejf,
Ras l'Front, le B'nai Brith ou le Cercle Marc
Bloch. Au tout début du mois d'octobre,
par un courrier aux personnels posté
à Montréal, le président de
l'université Lyon II, Bruno Gelas s'opposait
à l'annulation du diplôme en
considérant que l'absence d'un membre du
jury, lors de la soutenance, ne remettait pas en
cause la validité du diplôme. Les
associations avaient vivement réagi en
organisant une réunion d'information dans
les locaux de l'université le 26 octobre, et
les différents orateurs avaient
rappelé le caractère violemment
antisémite et négationniste des
mémoires rédigés par Jean
Plantin et s'étaient
étonnés de la pression
incompréhensible exercée par le
président de l'université. Prenant
la parole dès le début des travaux du
Conseil d'Administration, le président Bruno
Gelas a renouvelé ses attaques contre les
associations, reprenant les termes de sa lettre
canadienne: "L'acharnement contre Lyon 2 des
organisations citées par la presse a de quoi
laisser circonspect (...) L'"ennemi", le noeud de
vipères négationniste, devint alors
pour eux le centre Pierre Léon et son ancien
directeur, Yves Lequin (par ailleurs membre du
Comité d'orientation du Centre d'Histoire de
la Résistance et de la Déportation)
- et cela dans un climat passionnel inouï,
qui se cristallise à nouveau, depuis deux
ans, autour du DEA de 1991".
Ce
système a implosé une première
fois quand le vice-président de Lyon II,
Gilbert Puech, a donné lecture d'un texte
ayant reçu l'assentiment de nombreux
professeurs de l'université dans lequel il
est affirmé "qu'il est admis par toutes les
parties en présence que les règles
n'ont pas été observées pour
la soutenance du mémoire de Jan Plantin
pour le DEA d'Histoire Contemporaine", et
qu'il est demandé que
"l'université ait recours à tous les
moyens de droit pour que soit annulée
l'attestation de DEA délivrée
à Jean Plantin".
La
position de Bruno Gelas implosait une nouvelle
fois avec l'intervention des
représentants de l'Unef-Id suivie par une
prise de position très argumentée de
Marie-Thérèse Geoffroy qui fut l'un
des adversaires les plus résolus de Charles
Millon, ce chantre lyonnais de l'alliance avec le
Front National. Seuls deux économistes
de la MRASH, (Maison Rhône Alpes des Sciences
de l'Homme) que dirigeait il y a peu encore Yves
Lequin, ont voté contre
l'annulation.
Après
la dissolution de l'Institut d'Etudes
Indo-Européennes, labo facho de Lyon 3, la
révocation de Serge Thion du CNRS
(voir
notre édition du
18.10.2000),
la procédure d'annulation des diplômes
de Jean Plantin semble indiquer qu'on prend peu
à peu conscience de l'implantation des
assassins de l'histoire au coeur même de
l'institution universitaire et des
dégâts causés par vingt ans
d'atermoiements et de laisser-aller au nom du
corporatisme mandarinal.
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