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Irak : La journaliste, les "services" italiens et les balles de l'Oncle Sam


Par Raphaël Gardel et Enrico Porsia

Lundi 7 mars 2005



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G
iuliana Sgrena, la journaliste italienne qui, à peine relâchée par ses ravisseurs, a failli être tuée par une patrouille américaine n'est pas prête à retourner en Irak. "J'ai compris qu'eux (ses ravisseurs) ne veulent pas de témoins car tout le monde est perçu comme un possible espion. Avant de me libérer, mes ravisseurs m'ont demandé pardon, et ils m'ont aussi recommandé de faire très attention aux Américains car ils ne souhaitaient pas ma liberté..."

La journaliste a précisé sur la chaîne Sky Tg24 que "tout le monde sait que les Américains ne veulent pas de tractations pour la libération des otages. Donc, je ne vois pas pourquoi je devrais exclure que leur objectif c'était moi". En effet, selon Giuliana Sgrena, "les Américains n'acceptent pas ces opérations de sauvetage des otages. Ils n'approuvent pas cette politique et donc ils cherchent à la contrarier par tous les moyens. Cela dit, il est à vérifier jusqu'à quel niveau ils peuvent aller pour s'opposer à cette politique..."

Cela peut-il consister à ouvrir délibérément le feu sur un véhicule des services secrets italiens qui est en train de ramener à l'aéroport une journaliste à peine relâchée après avoir été kidnappée pendant un mois? Giuliana Sgrena vient de poser la question.

Une chose est sûre: les services du Pentagone doivent suivre avec beaucoup de perplexité l'intense activité de contacts et négociations que déclenchent les "services" italiens quand un ressortissant de la Péninsule se retrouve pris en otage en Irak. L'Oncle Sam préfèrerait plus de fermeté de la part de ses alliés dans la croisade mésopotamienne: tout contact avec les terroristes doit être banni. Et, surtout, le mot rançon ne doit même pas être prononcé.
Or, tout comme pour la libération des deux Simona, Rome a payé une rançon pour ramener Giuliana Sgrena en Italie.

Amnistia.net retrace ici les étapes des contacts et des tractation secrètes qui ont permis la libération de Giuliana Sgrena.

C'est à partir d'Abou Dhabi, que la négociation a pu être menée à son terme.
Nicola Calipari, le responsable des Opérations internationales du SISMI (le service de renseignement militaire italien), qui a été tué sous le feu américain en ramenant Giuliana Sgrena vers l'aéroport de Bagdad, avait rejoint les Emirats arabes unis depuis quelques jours. De là, après avoir reçu le feu vert du gouvernement italien, il avait fait le nécessaire afin qu'une rançon soit versée aux ravisseurs en échange de la libération de la journaliste. La somme est estimée entre quatre et six millions d'euros (...)




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