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Les comparaisons extraordinaires du député Julia


Vendredi 31 décembre 2004

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A
l'issue de leur garde-à-vue, Philippe Brett et Philippe Evanno ont été mis en examen, mercredi 29 décembre 2004 pour "intelligence avec une puissance étrangère ou avec ses agents de nature à porter atteinte aux intérêts fondamentaux de la Nation". Vraisemblablement, les enquêteurs s'intéressent de très près aux "relations ivoiriennes" de l'equipée Julia (voir nos éditions du 29 décembre et du 23 décembre 2004). Ensuite, les deux collaborateurs du député UMP ont été remis en liberté. Ils sont soumis au contrôle judiciaire, avec interdiction de quitter le territoire national et interdiction de fréquenter toute autre personne mise en cause dans leur action en vue d'obtenir la libération des otages français en Irak. Mercredi 29 décembre, le parquet de Paris a aussi ouvert une information judiciaire visant directement le député Didier Julia. L'enquête a été confiée aux juges d'instruction antiterroristes Jean-Louis Bruguière et Marie-Antoinette Houyvet.

Le député UMP de Seine-et-Marne s'est déclaré disposé à rencontrer le juge Bruguière - "et puis on va voir ça" - a-t-il affirmé, menaçant, à l'AFP. Quelques heures auparavant, Julia avait cru opportun de qualifier de méthode de la "Gestapo" la mise en garde-à-vue des ses deux collaborateurs. Lesquels, il faut bien le souligner, n'ont été ni molestés, ni même incarcérés.

Toutefois, il apparaît que les comparaisons historiques, plutôt mal placées, sont de nature a ne pas déplaire à Didier Julia. Le député n'a pas hésité à affirmer: "Il va falloir me brûler au four crématoire parce que j'apporte la preuve que Michel Barnier n'a pas fait son travail comme il aurait dû le faire". On ignorait qu'un député de la République risquait d'être incinéré dans un four crématoire dans la France de l'an 2004.

Les propos de Didier Julia ne sont pas tombées dans l'oreille d'un sourd… Rien d'étonnant si, après de tels dérapages, le numéro 2 du Front national, Bruno Gollnisch suspendu de cours à la faculté de Lyon pour ses déclarations mettant en doute l'ampleur de l'extermination des Juifs dans les camps de la mort nazis, se soit précipité a son secours. "M. Julia a eu au moins le mérite de tenter quelque chose sur place, au lieu de se contenter, comme tant de pleureuses, de nous bassiner en égrenant quotidiennement le nombre de jours de captivité des deux journalistes", a commenté, avec sa délicatesse habituelle, le responsable du Front national.

Il faut bien admettre que les affinités entre l'équipe Julia, l'extrême droite et la galaxie rouge-brune ne datent pas d'hier.
Amnistia.net avait,
dès le 30 juin 2003, attiré l'attention sur des surprenantes passerelles, qui prolifèrent de plus en plus en prenant prétexte de la guerre d'Irak.

Ainsi, nous comprenons aisément l'embarras du gouvernement français, tout comme celui du président de la République, qui ont d'abord "couvert" la mission de Julia et de ses "missionnaires" de la droite extrême, pour ensuite essayer de nier ce fait. Nous comprenons que ce soit un triste honneur pour la République d'envoyer de tels représentants pour tenter de libérer des compatriotes en danger de mort. Une triste gloire qui revient aussi bien à l'Elysée, qu'au Quai d'Orsay.

Quant à Julia et consorts, tous sympathisants du régime de Saddam Hussein, un régime qui ne s'embarrassait guère avec les gardes-à-vue préférant gazer réellement des populations entières, il est bien singulier qu'ils se retrouvent, aujourd'hui, dans un état émotionnel si intense qui conduit leur chef de mission à évoquer "les fours crématoires"... Alors qu'ils s'apprêtent à passer le réveillon du nouvel an en famille.

Amnistia.net vous invite à lire, en accès libre, notre article du 30 juin 2003, qui jette un coup de projecteur sur le réseau rouge-brun français, si actif dans de bien curieuses entreprises humanitaires…

Rouges-Bruns: Une nouvelle passerelle, via Bagdad...
Quand le député Didier Julia voulait faire libérer Tarek Aziz







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