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Affaire Julia: les réseaux de l'extrême droite couverts par l'Elysée?


Par Raphaël Gardel

Mercredi 6 octobre 2004


Cacaphonie



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D
imanche 5 septembre, 4 heures du matin. Dans la banlieue nord de Paris, à l'aéroport du Bourget, se pose un avion Grumman. Ce n'est pas n'importe quel avion, ce jet privé. C'est en effet un avion de la flotte présidentielle de la Côte d'Ivoire. L'un des deux dont dispose Laurent Gbagbo. L'appareil attend en bout de piste. Il attend un député français. A 17 heures 02, le jet décolle. A son bord Didier Julia, député UMP de Seine-et-Marne, s'envole pour Amman.

Des regards attentifs surveillent son départ. Les hommes de la DGSE, les services du renseignement extérieur, ne voient pas d'un bon œil l'intense activité de Julia qui, entouré par une équipe pour le moins originale, s'est donné comme mission de libérer les deux journalistes français, Georges Malbrunot et Christian Chesnot, sequestrés, depuis plus d'un mois, en Irak. La DGSE qui essaie, sans grand succès, de localiser le groupe qui détient les deux journalistes français, n'aime pas la démarche de cette "équipe parallèle". Les agents du renseignement extérieur sont d'autant plus agacés qu'ils savent qu'un ex-commando de marine, pilote d'hélicoptère et nageur de combat, ayant des excellentes relations avec la Direction de la protection et de la sécurité militaire de la Défense (DPSD), fait partie du groupe. Il s'agit de Philippe Brett qui, après avoir abandonné sa carrière dans l'armée, trouva un emploi, entre 1997 et 1998, comme garde du corps du numéro deux du Front national Bruno Gollnisch, lequel fut un temps, comme par hasard, un officier du renseignement militaire au Deuxième bureau de l'état-major.

De nos jours, Philippe Brett s'est recyclé dans le lobbying pro-irakien, tendance ancien régime, celui de Saddam. Or, les hommes de la DGSE ont très peu d'atomes crochus avec leurs collègues de la Direction des renseignements militaires… "C'est un peu à l'image de ce qui se passe dans la 'guerre des polices', à la différence qu'ici, il s'agit de militaires… Quant au reste… la rivalité, les coups tordus, ils sont souvent du même ordre", nous explique un journaliste, expert des questions de renseignement, travaillant dans une importante agence de presse internationale. La DGSE soupçonne donc la Direction des renseignements militaires, d'oeuvrer dans l'ombre de l'équipe mise en place par Didier Julia? (...)




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