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Irak: les nouveaux ministres "made in USA"


Mardi 15 juin 2004

Irak: Bush revient à la légalité internationale



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C'
est le 30 juin prochain qu'aura lieu la "passation des pouvoirs" en Irak. Le nouveau gouvernement de transition, imposé par la Maison-Blanche, sera indépendant et souverain, bien entendu. Il suffit de parcourir brièvement le curriculum de ses principaux membres pour s'apercevoir du poids exact des mots "indépendant" et "souverain". Le docteur Iyad Allawi sera le nouveau Premier ministre. C'est un médecin qui a troqué depuis bien des lustres sa blouse blanche contre une spécialisation dans des consultations très opaques. Recruté tout d'abord par les services secrets britanniques, le MI6, il a ensuite préféré travailler avec la maison-mère, la CIA.

Hakim al-Hasni dirigera, demain, de façon "indépendante" et "souveraine" le ministère stratégique de l'industrie et des minéraux. Or, monsieur Hakim al-Hasni nous arrive tout droit des Etats-Unis. Plus précisément de Los Angeles, où il était employé par l'American Investment and Trading Company. Il faisait même partie du staff dirigeant. L'industrie pétrolière irakienne sera, quant à elle, administrée par Thamir Ghadbhan. C'est un type sérieux. Il possède un master d'ingénieur, conquis en Grande-Bretagne. Inspiré par les suggestions du MI6, il a fait savoir que sa première tache consistera à offrir plusieurs milliers d'emplois à des sociétés privées anglo-américaines afin de garantir la sécurité du précieux or noir. Au ministère du pétrole, on envisage déjà "d'augmenter le personnel en charge de la sécurité des structures pétrolières" qui, aujourd'hui, nécessitent déjà la présence d'environ quatorze mille hommes. Demain, le ministère du pétrole, enfin indépendant, a promis d'employer encore quelques milliers de mercenaires - pardon, d'agents de sécurité privés - supplémentaires. Une manne pour un marché en pleine effervescence.

Le nouveau ministre de l'énergie électrique s'appelle Ayham al-Samarrae. C'est avec un orgueil certain qu'il peut exhiber son doctorat universitaire, acquis à l'institut de technologie de l'Illinois. Située à proximité de Chicago, c'st dans cette ville qu'il réside encore officiellement. Rien d'étonnant, dans ces conditions, d'apprendre qu'il etait employé par la multinationale américaine, Kci Technologies. Un emploi de cadre qu'il a assuré trente ans durant... Trente ans d'expérience qui lui permettent aujourd'hui "d'encourager la privatisation" de tout le secteur industriel électrique irakien. Une suggestion qui ne risque pas de le froisser avec le ministre des communications, Mohammed al-Hakim. Ce dernier vient du Massachusetts. Dans ce paisible Etat américain, il est l'un de principaux actionnaires d'une entreprise hi-tec, Infoclarus, dont le siège est à Waltha.

Il faut bien admettre qu'afin de ne pas couper tout ce beau monde, depuis peu installé à Bagdad, de ses intérêts privés respectifs, qui se situent entre les "Stars and Stripes" de la bannière étoilée et "l'Union Jack" des supplétifs, il faut que le nouveau ministre des transports soit à la hauteur de la tâche. Pour un choix si délicat, tout le monde a convenu de faire appel à Louay Sultan al-Erris. C'est un homme d'expérience. Il a été recommandé par Boeing, le colosse de l'aéronautique américaine, où il a fait toute sa carrière.




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