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Irak:
le spectacle de l'horreur et les
otages Par
Raphaël Gardel et Enrico Porsia Mercredi
23 juin 2004 |
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A
lire aussi: Mercenaires:
destination Bagdad Irak:
L'Oncle Sam à court de troupes
La
multinationale des
mercenaires "Nous vous avons prévenus. Qui prévient n'a pas de faute. Arrêtez avec vos mensonges. Vos troupes ne sont pas ici pour les Irakiens, mais pour l'Amérique". Ce sont les derniers mots qu'a entendu Kim Sun-Il, l'interprète sud-coréen, qui travaillait pour la société "Gana General Trading", fourniteur d'équipements à l'armée américaine. Ensuite, le bourreau du groupe Tawhid wal Jihad (Groupe de l'unicité divine et de la guerre sainte) a sorti le long couteau, le khinjar, utilisé pour les sacrifices. Kim Sun-Il avait 33 ans. Aucun appel, aucune proposition de médiation n'a fait fléchir les miliciens du mouvement qui agiraient sous les ordres du jordanien Abou Moussab Zarkaoui. Il s'appelait Paul Marshall Johnson. Il etait ingénieur et travaillait pour l'industrie aéronautique américaine Lockheed Martin. C'etait un spécialiste des systèmes de ciblage et de vision nocturne des hélicoptères Apache. Enlevé en Arabie Saoudite le 12 juin dernier, par un groupe faisant partie de la galaxie d'Al-Qaida, il a été décapité, vendredi 18 juin. Il avait 49 ans. Son exécution a été revendiquée sur le site Internet islamiste Sawt al Jihad. Sur le même site Web des images montrant son exécution ont été diffusées. On voit l'otage, vêtu d'une combinaison orange, qui fait immanquablement penser au même uniforme imposé aux prisonniers détenus par les américains à Guantanamo. Ensuite, les images d'horreur défilent. Le sang coule. Une main soulève la tête coupée. Par terre, gît le corps sans vie de l'ingénieur américain. "Nous lui avons fait éprouver une petite partie de ce que subissent les musulmans quand ils sont frappés par les projectiles des hélicoptères Apache", proclament dans la sentence de mort les miliciens d'Al-Qaida, "comme nous l'avions promis, à l'échéance de notre ultimatum nous avons décapité l'otage américain". Un ultimatum qui exigeait la libération des membres d'Al-Qaida détenus en Arabie saoudite. Trois jours plus tard, les images de la décapitation étaient diffusées sur le net. La guerre et l'information ne font pas bon ménage. L'utilisation du mensonge de la part des belligérants est une règle vieille comme la guerre. Pourtant, la manipulation, à l'heure des autoroutes de l'information, prend une dimension nouvelle. Les théoriciens du complot se mélangent allègrement avec les comploteurs professionnels. Il y a ceux qui ne croient pas qu'un avion s'est abattu sur le Pentagone, et il y a ceux qui essaient de nous faire croire que Saddam Hussein était de mèche avec Ben Laden. Les premiers, ceux qui ne croient pas à la dynamique de l'attentat contre le Pentagone, partent d'un principe simple. Il n'existe aucune image montrant l'avion se scratcher sur le ministère de la Défense USA. Aucune séquence de l'attentat n'a pu être diffusée à la télévision. Un fait, s'il n'a pas été filmé, devient donc douteux. Et les témoignages oculaires de plusieurs personnes se transforment, pour les théoriciens du complot, en déclarations sans valeur aucune. Ils n'ont rien vu à la télévision et donc le fait n'existe pas. Au même moment, les professionnels de la manipulation qui habitent, bien souvent, les palais du pouvoir, sont à l'uvre. La dernière uvre de désinformation, qui a vu la collaboration de l'administration Bush et du gouvernement de son grand allié européen, Silvio Berlusconi concerne, elle aussi, des otages. Il s'agit de Salvatore Stefio, Maurizio Agliana, Umberto Cupertino, trois "bodyguards" italiens, qui n'aiment pas être définis comme mercenaires, enlevés en Irak le 12 avril 2004 (voir notre édition du 26.04.2004) et de Jerzy Kos, officiellement un homme d'affaires polonais, kidnappé, lui, le 31 mai à Bagdad. Ils ont été libérés le 8 juin, grâce à une action-commando d'envergure effectuée par les troupes d'élite américaines. Le 8 juin, il faut le rappeler, nous sommes à la veille du sommet du G8 de Sea Island, et aussi à quelques jours des élections européennes. Deux rendez-vous de taille (...) |
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