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La légèreté extraordinaire du Corriere della Sera

Versione italiana


Par Enrico Porsia

Mardi 10 mai 2005


Le 3 mai, la rédaction d'Amnistia.net avait proposé l'intégralité de l'enquête "Autopsie d'une libération d'otages" au Corriere della Sera.

Francesco Faranda, secrétaire de rédaction, nous avait envoyé ce fax pour garantir la confidentialité de l'intégralité des informations et des documents que nous avons fourni au quotidien.

Où est la lettre de Romano Prodi? Où est la lettre de Michel Barnier? Sauf dans la fantaisie de Lorenzo Cremonesi?
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L
e Corriere della Sera consacre, dans son édition d'aujourd'hui 10 mai 2005, un article à mon enquête diffusée hier soir à 22h35 sur Canal Plus et publiée, dans sa version intégrale, sur Amnistia.net hier matin à 10h30.
Je remercie le Corriere della Sera pour l'attention qu'il a manifesté pour mon travail.

Dommage, toutefois, que dans l'article l'on m'attribue des affirmations que je n'ai jamais dites, ni écrites.

Le Corriere invente, en fait, que j'aurais déclaré: "Nous avons les preuves que Prodi a collaboré avec le Gouvernement français e notamment avec le ministre des Affaires étrangères, Michel Barnier, pour délivrer les 'bodyguards' italiens. J'ai les lettres signées de leur main".

Cette citation, qu'on m'attribue, est absolument fausse. Je n'ai jamais prétendu détenir des documents signés ni par l'ancien président de la Commission européenne, ni par le ministre français des Affaires étrangères Michel Barnier.
J'ai toujours mis en évidence le fait que Romano Prodi comme Michel Barnier ont toujours refusé les demandes d'interview que je leur ai proposées.

Il est singulier que le Corriere della Sera se permette de dénaturer mes déclarations pour les transformer de telle façon qu'elles ne s'accordent plus avec la documentation produite dans mon enquête.

Je suis encore plus abasourdi, d'autant que le Corriere della Sera est parfaitement au courant, depuis le mardi 3 mai, de toute la documentation en ma possession.

En fait, la rédaction d'Amnistia.net avait proposé, en exclusivité, au quotidien de référence italien l'intégralité de l'enquête. Comme le prouve le document que nous publions.

Nous avons mis au courant le journaliste Lorenzo Cremonesi via mail, le 3 mai à 16h06, de la documentation en notre possession.
Cette documentation lui a été envoyée par fax à 19h32 au numéro +39 02628270xx.

Le 4 mai, Cremonesi m'a informé que le Corriere della Sera était disposé à en publier le contenu… mais pas à payer le travail. Cette proposition a été refusée par la rédaction d'Amnistia.net.

Les documents envoyés, couvert par la confidentialité de l'exclusive, sont exactement les suivants:

- Photo de la cabine du Falcon 900 - vol DGCEC/0469 Bruxelles/Amman du 7 mai 2004 - Passagers: Philippe Legorjus, Daniel Wajcberg, Marco Vignudelli et Egon Ellenberg

- Ordre de mission signé par Stefano Manservisi, chef de cabinet du président de la Commission européenne Romano Prodi du 06/05/2004

- Ordres de mission signés par Stefano Manservisi du 07/05/2004 adressés à E. Ellenberg, D. Wajcberg et M. Vignudelli

- Lettre adressée le 15/06/2004 par Daniel Wajcberg et Egon Ellenberg à Stefano Manservisi

- Lettre adressée le 15/06/2004 par Egon Ellenberg, Daniel Wajcberg et Thierry Lefébure à M. Giuseppe Pisanu, ministre de l'Intérieur d'Italie

- Réponse de Stefano Manservisi à Daniel Wajcberg et Egon Ellenberg du 25/06/2004, (Cc. Président R. Prodi)

- Lettre adressée le 22/06/2004 par Thierry Lefébure à Stefano Manservisi

- Réponse de Stefano Manservisi à Thierry Lefébure du 25/06/2004

- Fax de Ricardo Franco Levi, porte-parole du Président Prodi, adressé à Canal Plus/Enrico Porsia, du 3 mars 2005, contenant la déclaration officielle citée

- Fac-similé du passeport d'Egon Ellenberg, avec tampons d'entrée en Jordanie du 7 mai 2004 et du 6 juin 2004

- Dépêche AFP du 11 juin 2004

Jamais n'apparaît la moindre lettre attribuée à Romano Prodi ou à Michel Barnier.
Comment se fait-il que le Corriere della Sera invente aujourd'hui des "lettres signées de la main de Prodi et Barnier"?

J'ai interrogé Lorenzo Cremonesi, l'auteur de l'article.
Visiblement embarrassé, il affirme que dans un appel que je lui aurais fait, mais qu'il "ne sait pas quand", je lui aurais affirmé détenir des documents signés par Prodi.
Cet appel, affirme toujours Cremonesi, serait antérieur à l'envoi des documents au Corriere della Sera.
Je lui pose donc la question: Si cela s'était passé comme ça, à la vue des documents, ne m'aurais-tu pas demandé 'où est la lettre de Prodi'?"

Lorenzo Cremonesi a répondu textuellement: "Tout ce que j'ai écrit est correct, sauf cette phrase où l'on parle de Prodi, que toutefois tu m'avais dite "…
Etrange propos, où deux hypothèses, celle de la vérité et celle du mensonge, cohabitent!

Quant à la supposée lettre du ministre des Affaires étrangères français Michel Barnier… Lorenzo Cremonesi semble frappé d'amnésie.

De plus, Monsieur Cremonesi devrait expliquer, au cas où je serais en possession de tels documents, pourquoi je ne les aurais pas montrés dans le reportage de Canal Plus, ou publiés sur Amnistia.net?

La désinvolture invraisemblable du journaliste est encore plus incompréhensible quand on sait que je lui ai encore répété hier soir, à 22h40, toutes les informations en ma possession, que j'ai publiées avec une extrême précision.

Pourquoi le Corriere della Sera, Lorenzo Cremonesi, s'est-il permis d'agir avec autant de légèreté ?
J'assume intégralement l'entière responsabilité de toutes les informations que j'ai publiées.
J'attends que le Corriere della Sera, que Lorenzo Cremonesi, en fasse autant.

Je détiens en fait les preuves, les témoignages et les documents qui démontrent les faits suivants: (...)









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