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Otages français: La piste des "services" syriens


Par Enrico Porsia

Jeudi 23 décembre 2004


Le chef de la diplomatie française avec les deux ex-otages en première page du Figaro. Une "une" bien officielle.
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ier, mercredi 22 décembre 2004, à 18 h 26, le Falcon 900 de la République française atterrit à l'aéroport militaire de Villacoublay. Christian Chesnot et Georges Malbrunot, les deux journalistes ex-otages en Irak, disposeront d'un petit quart d'heure pour parler de leurs conditions de détention. Ensuite, ils seront invités à monter à bord d'un hélicoptère Cougar qui s'envolera, avec leurs familles, pour un lieu tenu secret. Une base militaire où les deux journalistes ont été "invités" pour un débriefing conduit par les spécialistes de la DGSE. C'est une étape obligatoire. C'est seulement après avoir discuté longuement avec les agents du service secret militaire, que les deux journalistes pourront recouvrer leur pleine liberté. Liberté de mouvements et liberté de s'exprimer à nouveau en direction des lecteurs du Figaro et des auditeurs de RFI. Un moment de vérité qui accapare l'attention des agents de la DGSE qui ont désormais pour objectif de "conditionner au maximum", comme nous le fait remarquer un ancien fonctionnaire "des services" aujourd'hui reconverti dans le privé.

Il semblerait en effet que la vérité exacte sur les tractations qui ont permis la libération des deux otages pose quelques petits problèmes, aussi bien du côté de Matignon que de L'Elysée. L'élargissement de Christian Chesnot et Georges Malbrunot serait officiellement du au long travail effectué par les services secrets militaires français. "Une quête patiente d'informations qui a donné ses fruits", s'efforce-t-on de préciser, sans jamais omettre que "ce patient travail avait été mis à mal, fin septembre, par l'intervention intempestive du député Didier Julia et de Philippe Brett, son représentant au Proche-Orient".

La vérité officielle se présente ainsi.
Premièrement: Tout le mérite de l'exploit va à la DGSE et à l'ambassadeur de France à Bagdad.
Deuxièmement: La mission parallèle du député Julia, aurait retardé "d'un mois et demi" la libération des deux journalistes.
Troisièmement: Aucune rançon n'a jamais été payée. Et, d'ailleurs, les ravisseurs n'en ont même pas demandé.

Qu'est-ce qu'ils ont bien pu demander alors? Et d'ailleurs, qui étaient-ils, exactement, ou plus précisément, qui contrôlait leur action? Autre question: quel intérêt y a-t-il à polémiquer sur la "rocambolesque aventure" du député Julia quand on se souvient que ce fut tout de même le Quai d'Orsay, qui l'aida à obtenir un visa pour se rendre en Syrie, le 30 septembre dernier? (Voir aussi notre édition du 6 octobre 2004). Un pays qu'il rejoindra dans un avion prêté par le président ivoirien Laurent Gbagbo...

Essayons de comprendre.

En septembre, le député de la majorité de droite, Didier Julia, proche de l'Elysée, et aussi de l'ancien Premier ministre Balladur, monte une opération. Son équipe est composée de Philippe Brett, un ex-commando de marine, pilote d'hélicoptères et nageur de combat, ayant été au service du numéro 2 du Front national, Bruno Gollnisch, et de Philippe Evano, professeur d'histoire et membre "historique" des "réseaux Foccart". Le premier octobre, Philippe Brett annonce, à l'antenne d'Europe1, que la libération des otages est imminente. Il prétend même que les otages sont avec lui... Mais rien ne se passe. Tout du moins, en apparence. Pourtant, Philippe Brett prolonge son séjour dans la capitale syrienne. Puis, le 8 décembre, on le retrouve soudainement à Abidjan, en Côte d'Ivoire. Ensuite, hier, le 22 décembre, il regagne encore Damas, via Paris (...)









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