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La "bombe atomique" de Saddam a été "fabriquée" à Rome

Tout le dossier "La guerre d'Irak"


Par Raphaël Gardel

Jeudi 17 juillet 2003

Après-guerre de plus en plus difficile en Irak



Voir notre dossier "La guerre d'Irak"
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P
our justifier la guerre préventive afin de s'approprier le précieux or noir irakien, l'administration Bush n'a pas hésité à utiliser toutes les armes de la désinformation. Rappelons nous, le 28 janvier dernier, le président Bush, lors de son discours à la Nation avait affirmé: "Le gouvernement britannique a appris que Saddam Hussein avait cherché à se procurer d'importantes quantités d'uranium en Afrique", première étape pour développer un programme d'armement nucléaire d'envergure... Aujourd'hui, nous savons que les informations distillées par l'hôte de la Maison-Blanche étaient dépourvues de tout fondement, et cela malgré le fait que le président US continue à affirmer: "J'ai donné un discours à la Nation qui avait été approuvé par les services de renseignement". Comme si la CIA était la seule responsable des mensonges sortis tout droit de la bouche de l'homme le plus puissant du monde.

Or, cette version, qui voudrait que le petit Bush ait été berné par ses propres services, s'avère aujourd'hui, elle aussi, être un énième mensonge. Un mensonge derrière lequel se cache la conseillère à la Sécurité nationale, Condoleezza Rice. Candidement, cette dernière a affirmé, la semaine dernière, que la CIA avait vérifié le discours du président dans son intégralité. "Si son directeur avait dit: 'Retirez ceci du texte du discours', cela aurait été fait. S'il y avait des doutes sur les renseignements, ils n'ont pas été communiqués au président, au vice-président ou à moi-même". Cette affirmation de la conseillère à la Sécurité US, n'est rien d'autre qu'une fable supplémentaire. C'est le Washington Post qui le démontre. Le célèbre quotidien américain relate, en effet, que la CIA avait informé depuis au moins le mois d'octobre 2002 que les informations en provenance de Londres relatives à l'achat d'une grosse quantité d'uranium par l'Irak émanaient d'un "dossier contrefait". Un "dossier contrefait" qui avait été fourni aux services secrets britanniques du MI6, par le SISMI, les renseignements militaires de la république berlusconienne d'Italie.

Nous avions déjà relaté comment l'espionnage italien a eu un rôle actif lors de la guerre d'Irak (voir notre édition du 29 avril 2003), et cela en complète contradiction avec la Constitution du pays qui interdit toute participation à une guerre d'agression. Aujourd'hui, nous sommes en mesure de raconter l'histoire, rocambolesque, du faux trafic de 500 tonnes d'uranium vers l'Irak. Une histoire qui a donné à George W. Bush un argument de taille pour convaincre son opinion publique de la nécessité de déclarer une guerre. Une histoire qui commence en février 1999 et qui, comme nombre d'histoires miraculeuses, a comme cadre... le plein centre de Rome! (...)

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