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En
Russie la lutte entre "anciens
communistes", "nationalistes", et
"modernes libéraux" s'est
rallumée par statues
interposées.
Les
communistes, majoritaires à la
Douma, ont voté début
décembre une résolution en
exigeant la réinstallation de la
statue de Dzerjinski, fondateur de la
police politique et à nouveau
acclamé par des fanatiques
nostalgiques comme le "symbole de la
lutte contre le crime en Russie".
Dans
une étrange complicité les
nationalistes défendent ce projet
et surenchérissent en demandent
l'érection d'une statue à
la gloire du dernier tzar Nicolas II,
lui-même fusillé par... les
bolcheviks en 1918.
La
fièvre se propage en province et
dans les ex-républiques: à
Zestafoni en Géorgie, pays de
naissance de Staline, sa statue a repris
sa place après 7 ans d'exil dans un
dépôt quelconque.
Cette
"bataille des monuments" n'est pas une
simple expression du folklore et de la
nostalgie de l'âme slave dansant sur
fond de vide idéologique. Les
contradictions, elles, sont bien
réelles. D'un côté
le clan des "modernistes" qui a
imposé le modèle
économique occidental de libre
marché avec l'arrogance des
nouveaux riches, les mafias liées
au pouvoir qui se dédient à
tous les trafics. De l'autre des dizaine
de millions de personnes habituées
à la pauvreté, certes, mais
brutalement jetées dans une
misère sans d'autres
repères.
Dans
un continent sous perfusion
économique occidentale où le
peuple essaye de survivre à l'image
du président Eltsine qui
reçoit la plupart du temps sur son
lit d'hôpital, c'est la "lutte des
statues" qui remplace la lutte des
classes...
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