|
|
Italie:
quand "la gauche" se fait hara-kiri, la droite
musclée débarque Par
Enrico Porsia Newsport,
mardi 18 avril 2000 Massimo
D'Alema réfléchit: Après la chute du mur, après la criminalisation de toute opposition de classe, qui n'avait eu d'autre choix pour s'exprimer que celui de l'illégalité, de la lutte armée, le PCI a trouvé enfin le "courage" pour se proposer comme une force d'alternance. Mais il était néanmoins gêné par l'empreinte de ses origines. Le parti qui s'était ouvert aux classes moyennes n'avait plus envie de "traîner" derrière lui l'étiquette de "communiste". Il vivait cette définition comme un handicap... surtout vis-à-vis de sa nouvelle "clientèle" électorale. Ainsi, chemin faisant et grâce à la confusion magistralement distillée par ses cadres dirigeants, le parti de "la classe" se débarrassa allègrement de son histoire en se transformant en un "produit générique", vaguement soucieux de conserver simplement une référence de gauche. Par pure forme. Car, une fois parvenu au gouvernement, seul un aveugle n'aurait pas pu voir que le nouveau parti des "démocrates de gauche" n'avait aucun modèle de société à proposer. Aucun objectif de gauche n'était perceptible concernant les salariés, les chômeurs, les immigrés... Bien au contraire, la seule préoccupation du gouvernement D'Alema était celle de mettre l'Italie aux normes des... multinationales qui, bon gré mal gré, gèrent aujourd'hui une Europe, forte de son Euro, mais bel et bien amputée de tout projet politique. En clonant la politique de droite, l'ex-PCI a déçu ses électeurs... qui, entre la copie et l'original, n'ont pas hésité à choisir. La droite national-populiste, appuyée par les "néo" fascistes de tous bords et incarnée par la coalition de l'ex-socialiste Berlusconi qui faisait figure, dans le schéma mental du président du Conseil D'Alema, de simple candidat gadget, a remporté la mise aux élections régionales de dimanche... Ce scrutin, à cause de l'implication personnelle voulue par le Premier italien Massimo D'Alema, avait une valeur nationale. L'Italie va donc basculer dans le camp de la droite ultralibérale et postfasciste... mais, au fait, qui représente aujourd'hui les valeurs de la gauche dans ce pays? Evadons-nous! |
|
journal illustré Tous droits de reproduction et représentation interdits contact: redaction@amnistia.net contact: redaction@amnistia.net |
|
|