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Pourquoi l'Italie a expulsé la question kurde hors d'Europe

Analyse par Zeno (suite et fin)

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19 janvier 1999


Soudainement, le président du Conseil D'Alema, qui a crû même pouvoir résoudre la crise diplomatique en se proposant d'assister au match de foot entre l'équipe turque du Galatasaray et la Juventus (sic!), fut rappelé à l'ordre par Washington. L'Oncle Sam, domiciliant sa flotte en Méditerranée sur la péninsule italienne (depuis la fin de la 2e guerre mondiale), rappela au jeune rejeton de la post-gauche au pouvoir, que la Turquie faisait partie de la même Alliance Atlantique...

Des hommes d'affaires italiens commencèrent aussi à faire leurs comptes... Fiat, Benetton, Eni (hydrocarbures), ainsi que Agusta (hélicoptères militaires), tout ce beau monde signala au gouvernement que les échanges avec la Turquie se soldaient en 1997 avec un actif de 10.047 milliards de lires (5,2 milliards eur). Snobbé par une Union européenne si attentive aux futures fluctuations de l'euro, ignoré par l'Allemagne qui se garda bien de réclamer le résistant kurde (pourtant frappé par un mandat d'arrêt made in Berlin), le vaillant D'Alema, la peur au ventre et l'oeil au portefeuille, changea rapidement d'opinion...

De résistant kurde, Abdullah Ocalan se vit donc expéditivement être qualifié de "terroriste". A l'occasion, le Premier italien nous montra ses aptitudes de girouette.

Les services secrets italiens se sont alors chargés de refourguer au chef de la résistance kurde son faux passeport et de l'escorter discrètement dans un avion privé vers on ne sait quelle destination... Sûrement, hors d'une Europe bien frileuse en engagements. Amer, Ocalan ne pouvait que constater: "Puisque les Européens ont refusé de nous reconnaître, il ne nous reste plus qu'à prendre les armes."

"Je ne sais pas où il se trouve et cela ne me regarde pas " a promptement déclaré D'Alema, l'impavide, en rajoutant tout de suite "nous ne faisons pas le même métier..." (voilà pour les ingénus qui croient encore que la politique a quelque chose à voir avec l'engagement sic!)

Du droit d'asile à l'exil forcé, comme palmarès de faux-cul ce n'est pas si mal, monsieur le président du Conseil italien!

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