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Pourquoi
l'Italie a expulsé la
question kurde hors
d'Europe
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Abdullah
Ocalan, "Apo", le chef incontesté
du PKK (Parti des travailleurs du
Kurdistan), cherchait
désespérément un pays
d'accueil depuis que la Turquie avait
amassé (octobre 98) dix mille
soldats à la frontière avec
la Syrie, qui l'hébergeait depuis
plus de dix ans. Le 28 octobre dernier le
parlement kurde en exil avait
été invité
officiellement à Rome et le
député de Rifondazione
comunista Ramon Mantovani trouva donc tout
à fait normal d'offrir au chef du
PKK, quelque jours plus tard, la
possibilité de se réfugier
en Italie. Il alla donc a Moscou, ou
"Apo" était arrivé
précipitamment en provenance
d'Arménie, et où,
malgré l'appui de la Douma, il
était désormais
considéré "persona non
grata" par le Kremlin, et le ramena a
Rome.
Arrivé
le 12 novembre à 21h20 à
l'aéroport de Fiumicino, Ocalan
voyageait sous la fausse identité
de Abdullah Sarikurt et était
accompagné par son assistante Ayfel
Kaya. Tout de suite le chef du PKK
demanda l'asile politique en Italie, pays
européen qui, jusque là,
s'était démontré,
formellement, plus qu'ouvert à la
question Kurde.
Sous
les applaudissements du parlement italien,
le président du Conseil, le
post-post communiste Massimo D'Alema,
prononça, le 17 novembre, un
discours animé aux intentions les
plus généreuses envers la
demande d'asile formulée par le
leader kurde. Il garantissait "...
qu'un esprit de solidarité animait
non seulement le gouvernement et la
gauche, mais aussi une grande partie de
toute les forces politiques..." Et,
Francesco Cossiga, leader de la droite
catholique post
démocrate-chrétienne (qui
gouverne le pays dans un mic-mac
surréaliste avec les post
communistes), se prononça
résolument pour la concession du
droit d'asile.
Ce
courage, affiché en grande pompe,
devait se révéler bien mince
face aux réactions furieuses
d'Ankara, énergiquement
épaulé par le
département d'Etat US (sic!).
Suite...
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