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Censure
coloniale à Nouméa Paris,
mercredi 12 décembre 2001 |
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. Mais le 27 novembre, le bureau du conseil d'administration de la bibliothèque, chaperonné par une élue RPCR, Françoise Chaverot, décidait de censurer purement et simplement le film. Cette décision contre un film librement diffusé sur les chaînes publiques françaises a provoqué une réaction de l'écrasante majorité du personnel de la bibliothèque et de très nombreux messages de sympathie, venant de toutes les sensibilités politiques de l'île, ont afflué comme celui de Elie Poigoune de la Ligue des Droits de l'Homme. Une lettre ouverte du personnel rappelait que le texte du Manifeste de l'Unesco sur les bibliothèques publiques stipule que "les collections et les services ne doivent être soumis ni à une forme quelconque de censure idéologique, politique ou religieuse, ni à des pressions commerciales". Le 5 décembre, Françoise Chaverot, l'élue du RPCR, franchissait un nouveau palier en attaquant nommément le directeur de la bibliothèque sur les ondes de RFO qui consacrait un sujet à la censure. Jean-François Carrez-Corral décidait alors de sortir de sa réserve et de prendre la parole lors d'une réunion exceptionnelle du Conseil d'Administration. Il recevait aussitôt le soutien du personnel, de lecteurs indignés et plusieurs élus membres quittaient la séance pour marquer leur refus de la censure: Charles Wahetine, André Haocas, Guigui Dounehote, Léonie Varnier, Gabriella Palaou, Tino Manuhalalo. Le directeur avait tenu à lire un texte pour fixer l'enjeu du problème posé par la censure d'un film touchant à l'histoire coloniale française: "J'assume totalement la programmation culturelle de la bibliothèque, y compris la programmation du film "Le Silence du fleuve" relatif à la journée du 17 octobre 1961. Vous estimez que notre programmation est tendancieuse, qu'elle met l'accent davantage sur "les ombres" de la colonisation que sur "les lumières", privilégie une seule partie de la population calédonienne et vous m'en rendez responsable en vertu de ce que vous pensez être mes opinions politiques. Qu'une oeuvre puisse déranger, c'est pensable. René Char ne disait-il pas: "Ce qui vient au monde pour ne rien troubler ne mérite ni égard ni patience". Dès le lendemain, Jean-François Carrez-Corral recevait l'appui de José Bové invité au congrès de l'Union Syndical des Travailleurs Kanak et Exploités. Le 7 décembre, en riposte à la censure, le film a été projeté à l'initiative de Mehdi Lallaoui, sur la plaine du Kuendu Beach. Une pétition intitulée "Citoyens contre la censure et pour la liberté d'expression" circule actuellement sur tout le territoire de Kanaky. Les lecteurs d'amnistia.net peuvent s'y associer en nous faisant parvenir des messages que nous transmettrons à Nouméa.
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