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Kanaky:
les élections municipales confirment
l'implantation du mouvement
indépendantiste Par
Charles Malato Kanaky,
mardi 27 mars 2001 |
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A la lecture des résultats on comprend mieux le sentiment de Jacques Lafleur. En effet, à la veille du scrutin le FLNKS comptait 16 mairies à son actif. Après le 2e tour, il en compte 19. Des résultats qui confirment l'assise populaire du mouvement indépendantiste et démontrent l'échec des tentatives de déstabilisation dirigées en sous main par le RPCR. Ainsi le FLNKS reprend les communes de Bélép et Pouebo à la FCCI (Fédération de Coordination des Comités "Indépendantistes"), officine à la solde du RPCR, qui échoue également dans sa tentative de gagner Canala et Yaté. Avec huit mairies à son actif avant les élections et huit mairies à l'issue du deuxième tour, le RPCR marque le pas. S'il gagne deux mairies, il en perd deux dont Païta, commune que le maire sortant, Harold Martin, exclu du RPCR, emporte au premier tour. Une défaite cinglante pour Jacques Lafleur qui révèle l'ampleur des contradictions internes au RPCR. A mesure qu'approche sa retraite politique, de sourdes rivalités travaillent la forteresse RPCR. La bonne vieille opposition entre Nouméa et la brousse qui par le passé avait déjà conduit Robert Frouin, maire de Koumac, à quitter le RPCR, resurgit de plus belle à Païta, avec des prolongements dans les îles Loyautés où plusieurs listes du Rassemblement se sont affrontées. Visiblement, le Maire de La Foa, Philippe Gomes (RPCR), dont la présence au gouvernement avait été remise en cause par Jacques Lafleur lors des négociations du Pacte Social, ne s'est pas associé au lynchage médiatique de son collègue de Païta. Estocade finale, le maire de Dumbéa, lui aussi ancien du RPCR, conserve sa commune à l'issue d'un deuxième tour où les coups ont volé bas. Quant à Robert Frouin, il retrouve son siège de maire en s'alliant au FLNKS contre son ancien parti, le RPCR, une première!
Avec 9 maires le Palika s'impose désormais comme la force dominante du FLNKS aux dépens de l'Union Calédonienne (UC) qui passe de 11 à 6 mairies. A signaler le bon score de l'Union Progressiste Mélanésienne, qui, avec quatre mairies, tire parti de ses quelques implantations locales. L'Union Calédonienne, le parti de Jean-Marie Tjibaou, paie au prix fort ses dissensions internes. Dans de nombreuses communes, deux listes UC se sont affrontées dans une guerre fratricide au risque, comme à Maré, de faire perdre la commune au FLNKS. Dans sa propre commune au Mont-Dore, Rock Wamytan, président de l'Union Calédonienne et du Front, a du faire face à la concurrence d'une autre liste UC. La position du président de l'UC au sein de son propre parti risque de devenir délicate au lendemain du scrutin notamment en raison de son appel à voter pour une liste RPCR au second tour dans la commune de Dumbéa face à Bernard Marrant, divers droite, position prise sans l'aval des autres composantes du Front ni celle de son parti. Les lendemains du scrutin risquent d'être un peu "chauds" au sein de l'UC. Et probablement au sein du Front de Libération Kanak Socialiste du fait de l'inversion du rapport des forces au profit du PALIKA. Si dans la plupart des communes les différentes composantes sont parties séparément à la bataille, à Poindimié, Paul Néaoutyine, maire sortant Palika et président de la Province Nord depuis 1999, a conduit une liste unitaire du FLNKS. Il est réélu dès le 1e tour avec 75% des voix (avec un gain de 55% par rapport au scrutin de 1995). Même schéma et même victoire sans bavure à Hienghene et à Bélép. Des victoires symboliques qui démontrent que l'unité du FLNKS est payante et que, contrairement à certains avis, le Front lorsqu'il reste uni est un bon outil électoral. Elections municipales mars
2001
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