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Nouvelle Calédonie: le parti loyaliste en phase d'implosion

Tout le dossier "Kanaky, une île dans le Pacifique"


Par Pierre Maillot

Kanaky, mercredi 30 mai 2001



C'est à une politique "partitionniste" déjà dénoncée par le FLNKS que s'oppose la première vice-présidente (RPCR) du Congrès en des termes très durs (voir le document).
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L'
onde de choc de la dissidence d'Harold Martin, exclu du RPCR (RPR local) à la veille des élections municipales, continue de faire des vagues en Nouvelle-Calédonie. S'il est sans doute prématuré d'évoquer un tsunami politique, il n'en reste pas moins que la fronde du maire de Païta, brillamment réélu en dépit de sa non-investiture, se transforme avec le temps en véritable croisade. La semaine dernière, Harold Martin a multiplié les tournées en brousse, au sud comme au nord, malgré les contre-feux de diversions allumés ça et là par la machine RPCR. Au programme de ces rencontres: l'absence de démocratie au sein du Rassemblement, l'autoritarisme de Jacques Lafleur.

"L'époque où le rassemblement devait être dirigé de manière centralisée pour constituer un bloc politique sans faille dans le combat et dans la négociation, est aujourd'hui révolu. Nous avons signé l'accord de Nouméa et nous sommes partenaires des indépendantistes pour réussir la construction de ce pays" explique sans relâche Harold Martin.

Un langage qui fait mouche devant un auditoire de broussard calédoniens convaincu par l'expérience d'être les laissés-pour-compte d'une politique RPCR centrée sur Nouméa et confisquée par les "métros" ou les "pied-noirs" fort nombreux dans l'entourage du député. Il se murmure que six élus au Congrès seraient en passe de prendre fait et cause pour Harold Martin. De quoi mettre en péril la majorité RPCR.

La garde rapprochée de Lafleur, les fidèles de toujours, tels Henri Morini, patron d'un ensemble hôtelier à Nouville, membre d'un "comité de défense des usagers" spécialisé dans les actions anti-grève, quittent eux aussi le navire et en viennent à dénoncer publiquement les représailles financières de la Province sud dont ils sont les victimes.

Enfin, le seul quotidien local, les Nouvelles Calédoniennes, longtemps silencieux est enfin sorti de sa réserve le 4 mai dernier, à l'occasion de la 11e journée de la liberté de la presse, pour dénoncer publiquement les mesures de rétorsion prises à son encontre par la Province sud et la ville de Nouméa:

"Depuis deux mois, certaines institutions publiques du Territoire boycottent Les Nouvelles Calédoniennes, en n'y passant plus aucune publicité, avis d'appel d'offres, appel à candidature ou annonces légales."

La servilité dont les Nouvelles Calédoniennes faisaient chaque jour la preuve rampante, a fait place avec l'arrivée d'un nouveau directeur, Bruno Franceschi, à une couverture plus libre des évènements politiques, notamment lors des élections municipales à Païta. Un crime de lèse-majesté qui va jusqu'à reconsidérer les termes du contrat liant Les Nouvelles et l'Hebdo, organe de propagande officieux du RPCR encarté et vendu inséparablement dans l'édition du jeudi du quotidien. C'est un grand ménage digne du nettoyage des écuries d'Augias auquel nous assistons.

Dernier accroc en date: la démission du Congrès de la première vice-présidente (RPCR), Marie-Noëlle Thémereau, par ailleurs unanimement appréciée pour ses compétences. A l'origine de cette rupture une profonde divergence politique avec Jacques Lafleur relativement à la place des provinces, notamment de la Province sud, par rapport aux autres institutions. A la volonté de leadership affichée par la Province sud, à la dérive monarchique de son Président finissant (voir le document), Marie-Noëlle Thémereau oppose la prééminence du Congrès et de son exécutif, le gouvernement collégial. Derrière le "tout provincial" affichée par Jacques Lafleur et son exécutant Bernard Deladrière, se cache la volonté de conférer à la Province sud le rôle de chef d'orchestre occulte et de perpétuer ainsi le déséquilibre entre le nord et les îles à majorité kanak et indépendantiste d'une part et le sud, riche et industrialisé, d'autre part. C'est à une telle politique "partitionniste" déjà dénoncée par le FLNKS que s'oppose à sa façon la première vice-présidente du Congrès en des termes très durs (voir le document).

La dislocation progressive du RPCR crée une situation inédite dont le FLNKS pourrait tirer avantage.

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