amnistia.net

Newsport


Massacre au Kosovo: où est la manipulation?

par Zeno

Tout le dossier

22 janvier 1999


Il existe au Kosovo un groupe de milice paramilitaire pro-serbe, dénommée la "Ligue pour le changement". Ce mouvement est dirigé par Momcilo Traikovic et soutenu par le milliardaire yugo-américain Milan Panic. En décembre déjà, c'est eux qui avaient bloqué les routes autour de Pristina en se déclarant prêts à "organiser leur propre défense". Etaient-ils présents à Racak au moment du massacre? En attendant les résultats de l'autopsie de la quarantaine de corps, immédiatement confisqués par le pouvoir de Belgrade, touts les doutes sont permis.

Voici dix ans déjà, cela se passait à Timisoara. Rappelons-nous. Le régime Ceausescu venait d'être condamné à mort par une partie de sa police secrète qui "conspira contre elle-même". Le spectacle des cadavres, le charnier de Timisoara, était retransmis en direct par les télévisions de la planète terre comme LA preuve des atrocités du vieux régime. Seulement, ce que nous tous avions vu à l'écran comme la démonstration non équivoque de LA vérité était en fait une pitoyable... mise en scène. Ce faux historique en direct, était néanmoins authentifié par le sceaux "incontestable" de l'industrie de l'information.

Samedi 15 janvier, à Racak en Kosovo, il y a eu un massacre. Là dessus point de doute. Selon les informations recueillies par notre correspondant et spécialiste des Balkans, Maxims (édition de lundi), nous avons publié un article d'information et d'analyse sur cette horrible tuerie. Deux jours plus tard, mercredi 20/01/99, les témoignages de deux journalistes de la télévision Associated Press TV (APTV) sur place au moments des faits (côté serbe) contredisaient la version (reprise par toute la presse internationale) d'un massacre perpétré froidement par les sbires de Milosevic. Est-ce que nous nous trouvons face à une sordide manipulation médiatique?

Nous croyons que non. Et nous revendiquons les informations que nous avons publié. Les reporters d'APTV, qui travaillaient côté serbe, montrent des images d'un village vide au moment de la progressions des forces de Belgrade. Serait-ce la preuve irréfutable qu'ils n'y avait plus de civils sur place? A cette question nous répondons par un non clair et net. Sans jeter la pierre aux confrères APTV nous nous permettons de signaler à nos fidèles lecteurs que n'importe quel photographe, ou cameraman, pourrait cadrer un angle des Champs-Élysées en plein samedi après-midi en le montrant désespérément désert.

Comme le suggère donc judicieusement "Libération" (21/01/99) ils serait plus que souhaitable que le film en question soit authentifié. Par qui?

Par contre, selon un témoignage publié par le quotidien albanais "BOTA SOT", un jeune garçon de 12 ans, rescapé du massacre et neveu d'une des victimes, raconte que "à mon oncle, il lui ont tiré dans le ventre, et après il lui ont coupé la tête". Le récit se poursuit en précisant que les tueurs, habillés en noir, portaient des masques anti-gaz et s'exprimaient en albanais, avec un accent serbe. Or, les Serbes qui ne vivent pas au Kosovo... ne parlent pas l'albanais... à la différence des nervis de la "Ligue pour le changement". Et faire parler les morts ne leur rendra pas la vie.

Tout le dossier

Evadons-nous!

©amnistia!

www.amnistia.net
Tous droits de reproduction et représentation réservés
contact: amnistia@wanadoo.fr

Haut de page
Newsport