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Au
nom de quoi l'Otan va-t-elle
débarquer
bientôt?
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Au
journaliste de Newsweek qui lui posa la
question "quel est le vrai enjeu du
Kosovo", le ministre des affaires
étrangères allemand Joschka
Fischer répondit sans
détours "il ne s'agit pas d'une
question morale. Il s'agit
d'établir quelle Europe aurons-nous
dans le XXIe siècle."
Que
la raison de cette guerre n'était
pas de la pure bienfaisance on s'en
était déjà
douté. Après quatre
semaines de frappes aériennes nous
avons assisté à
l'impuissance, à la
désorganisation, à
l'approximation d'une armada
planétaire. Le chef de la
Maison Blanche dans le rôle du chef
d'Etat Major, les Etats-Unis souhaitent
une "belle guerre fondatrice" pour
démarrer le nouveau siècle
avec des nouvelles
règles.
Lesquelles?
Rappelons-nous,
au début de la crise au Kosovo,
Boris Elstine accusa les puissances
occidentales de vouloir transformer cette
région en un protectorat. Tout
le monde liquida ses propos (comme de la
mauvaise "propagande résiduelle de
la lointaine guerre froide") en les
mettant sur le compte du degré
éthylique excessif dont semble
souffrir, parfois, le président
Russe.
Pourtant,
aujourd'hui, il y a bien de
décideurs occidentaux qui parlent,
sobrement, de protectorat... Madame
Albright, le secrétaire d'Etat
américain, imagine un "protectorat
international"... made in Otan, la
France préfère quant
à elle l'expression de "tutelle",
le gouvernement allemand, afin de rassurer
sa composante "verte", propose la
définition de "mandat provisoire"
soumis à l'autorité de
l'ONU...
On
voit bien que, au delà des
différentes formulations,
l'aspiration occidentale repose bel et
bien sur un dénominateur commun et,
on peut aussi aisément imaginer que
même la Russie pourrait accepter
demain l'idée de
l'édification d'un
"protectorat"... si elle en
était invitée à la
gestion.
Mais
qu'est-ce que c'est, au juste, un
protectorat?
Dans
le cas spécifique des Balkans
ça consiste à
redécouper avec le feu des canons
des nouvelles frontières.
Ça consiste à
redéfinir le pouvoir d'influence
régional en favorisant "la Grande
Albanie" plutôt que la Grande
Serbie... quitte, demain, si la "Grande
Albanie" ne se montre pas à la
hauteur de "l'obéissance"
espérée, à lui
administrer le même traitement
réservé maintenant au
"rétrécissement" de la
Serbie...
Le
but de cette guerre est celui de
défendre une minorité
opprimée, ou plutôt celui
d'imposer une nouvelle majorité
d'oppresseurs...
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