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Au nom de quoi l'Otan va-t-elle débarquer bientôt?


par Zeno

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Vendredi 16 avril 1999


Au journaliste de Newsweek qui lui posa la question "quel est le vrai enjeu du Kosovo", le ministre des affaires étrangères allemand Joschka Fischer répondit sans détours "il ne s'agit pas d'une question morale. Il s'agit d'établir quelle Europe aurons-nous dans le XXIe siècle."

Que la raison de cette guerre n'était pas de la pure bienfaisance on s'en était déjà douté. Après quatre semaines de frappes aériennes nous avons assisté à l'impuissance, à la désorganisation, à l'approximation d'une armada planétaire. Le chef de la Maison Blanche dans le rôle du chef d'Etat Major, les Etats-Unis souhaitent une "belle guerre fondatrice" pour démarrer le nouveau siècle avec des nouvelles règles.

Lesquelles?

Rappelons-nous, au début de la crise au Kosovo, Boris Elstine accusa les puissances occidentales de vouloir transformer cette région en un protectorat. Tout le monde liquida ses propos (comme de la mauvaise "propagande résiduelle de la lointaine guerre froide") en les mettant sur le compte du degré éthylique excessif dont semble souffrir, parfois, le président Russe.

Pourtant, aujourd'hui, il y a bien de décideurs occidentaux qui parlent, sobrement, de protectorat... Madame Albright, le secrétaire d'Etat américain, imagine un "protectorat international"... made in Otan, la France préfère quant à elle l'expression de "tutelle", le gouvernement allemand, afin de rassurer sa composante "verte", propose la définition de "mandat provisoire" soumis à l'autorité de l'ONU...

On voit bien que, au delà des différentes formulations, l'aspiration occidentale repose bel et bien sur un dénominateur commun et, on peut aussi aisément imaginer que même la Russie pourrait accepter demain l'idée de l'édification d'un "protectorat"... si elle en était invitée à la gestion.

Mais qu'est-ce que c'est, au juste, un protectorat?

Dans le cas spécifique des Balkans ça consiste à redécouper avec le feu des canons des nouvelles frontières. Ça consiste à redéfinir le pouvoir d'influence régional en favorisant "la Grande Albanie" plutôt que la Grande Serbie... quitte, demain, si la "Grande Albanie" ne se montre pas à la hauteur de "l'obéissance" espérée, à lui administrer le même traitement réservé maintenant au "rétrécissement" de la Serbie...

Le but de cette guerre est celui de défendre une minorité opprimée, ou plutôt celui d'imposer une nouvelle majorité d'oppresseurs...

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