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Manipulations espagnoles


Lundi 15 mars 2004



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M
adrid, 11 mars 2004, il est 7h 40. Une série de bombes explose dans quatre trains. Le carnage. Qui sont les assassins? Dès 10 heures 15, la police espagnole n'a plus de doutes: "Il s'agit d'un massacre commis par l'organisation criminelle ETA". C'est la seule piste fournie à la presse (voir notre édition du 12.03.04). A partir de ce moment, et jusqu'à samedi 13 mars, tout est mis en oeuvre par Madrid pour manipuler l'opinion publique. A 13 heures, le ministre de l'Intérieur, Angel Acebes, est formel: "Malheureusement, ETA a atteint son objectif. Le Gouvernement n'a aucun doute que ETA est derrière cet attentat. Une quelconque intoxication qui détournerait l'attention de ces responsables est absolument misérable". Absolument misérable... Le ministre ne craint donc pas d'utiliser l'intimidation. Il est 20 heures quand, à New York, les quinze membres du Conseil de sécurité adoptent un texte qui condamne ETA pour les attentats de Madrid.

Pendant les journées de jeudi et de vendredi, les services de renseignement espagnols font savoir à leurs homologues européens qu'ils ont "des indices objectifs" qui corroborent leurs certitudes.

Tous ces arguments étaient relayés de l'autre côté des Pyrénées, par la Direction de la surveillance du territoire (DST), le contre-espionnage français. C'est ainsi qu'on a assisté, en France, à la multiplication des performances de certains "experts" en terrorisme et insécurité, qui se sont relayés sur les médias afin de certifier la "piste basque"... une piste qui avait été inventée, à la hâte, afin de sauvegarder la droite espagnole d'une possible défaite électorale. Une "piste" qui avait aussi l'avantage de pouvoir confectionner la thèse suivante: Al-Qaida ou ETA, où est la différence? Un amalgame qui avait aussi l'avantage de donner du poids à une philosophie policière et répressive qui a le vent en poupe chez plusieurs ténors de la droite européenne.
Dès lors, une question se pose: les services de renseignement français, ont-ils été bernés par les fausses informations en provenance de leurs homologues espagnols, ou bien étaient-ils aussi de "mèche" (...)

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