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Albanie-Italie: les trafiquants d'immigrés supporters de la guerre

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20 janvier 1999


Sur les côtes italiennes, de l'autre côté du canal d'Otranto, les centres d'accueil sont en train d'exploser. Toutes les nuits, des bateaux fantômes en provenance de Valona, Albanie, débarquent leur lot de "marchandise humaine".

Depuis l'intensification de la crise au Kosovo, des villages entiers fuient les sbires de Milosevic et se retrouvent pris en charge par des passeurs albanais sans scrupules. 1000 marks est le prix pour quitter la frontière serbe et espérer d'arriver en Albanie. Un fois a Valona il leur faut encore débourser entre 500 et 800 marks pour traverser l'Adriatique et rejoindre l'autre côte de l'Europe.

Les autorités italiennes estiment qu'environs 250 clandestins seraient débarqués sur les côtes des Pouilles ces dernières heures. Et, la ministre de l'intérieur Rosa Russo Jervolino a demandé hier l'intervention de la Marine militaire pour endiguer le flux... "Arrêtez tout de suite la guerre et ne criminalisez pas les immigrés!" est le cri que lance Cosmo Francesco Ruppi, l'archevêque de Lecce (Pouilles) face à une population italienne de plus en plus sensible au sale virus de la xénophobie. "Ce ne sont pas les immigrés qui sont les criminels, mais ceux qui exploitent leur misère", accuse le prélat.

Une chose est certaine, c'est que des deux côtés de la Méditerranée, les marchands d'hommes sont des fervents supporters de Slobodan Milosevic. "Tant qu'il y a de la guerre, il y a des affaires", voilà leur seul credo. Et ils savent que tant que le boucher de Belgrade restera en place, ils auront une "production de douleur" assurée: c'est leur fond de commerce...

A Valona ils disent "Kosovars? Pune" - Kosovars égale travail - explique l'envoyé spécial du Corriere della Sera Francesco Battistini.

Les trafiquants albanais y mettent les bateaux et les marins, mais derrière ce marché de la honte se profile le spectre de la Sacra Corona Unita, la mafia en version des Pouilles.

Ce n'est pas étonnant que le boucher de Belgrade les ait comme supporters: entre criminels ils partagent les mêmes valeurs.

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