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Amnistia.net condamné

Lundi 26 janvier 2004


E
n date du 14 janvier 2004, la cour d'appel du tribunal correctionnel de Paris a condamné amnistia.net pour diffamation à l'encontre de Gérard Delteil en raison d'un article de Didier Daeninckx intitulé "Le préfet de police préside, à son insu, un prix littéraire truqué" paru le 5 novembre 2001. Dans cet article, la sincérité de l'attribution de ce prix à Gérard Delteil était mise en doute. C'est la première fois que notre site qui combat l'extrême droite, le négationnisme, est condamné. Il l'a été à l'initiative d'un écrivain qui se réclame de l'extrême-gauche et qui nous réclamait 45.000 euros de dommages et intérêts. Le tribunal a fixé l'amende à 5.000 euros ce qui met notre publication en danger. En effet, celle-ci est exclusivement financée par nos lecteurs. Nous refusons toute annonce publicitaire et toute subvention.

La vérité telle qu'elle est établie aujourd'hui par la justice est donc que les choses se sont déroulées de manière régulière pour l'attribution du prix à Gérard Delteil.

L'article premier du règlement du Prix du Quai des Orfèvres souligne que les manuscrits présentés doivent être anonymes. C'est même, selon le site des éditions Fayard, propriétaires et exploitantes de ce prix, la principale de ses originalités.

Ainsi que Gérard Delteil l'a écrit et confirmé à la barre du Tribunal, les éditions Fayard lui ont demandé d'écrire l'un de ces manuscrits anonymes. Gérard Delteil précise même qu'à cette fin, les éditions Fayard l'ont "tanné" pour qu'il livre son "Quai des Orfèvres". Le Grand Robert donne pour éclairer le sens de "tanner" les synonymes "ennuyer, fatiguer, tourmenter". Gérard Delteil précise tout de même que personne ne l'y a obligé "avec le couteau sous la gorge".

Les éditions Fayard ont bien fait d'insister de cette manière auprès de leur auteur, puisqu'il en a résulté un manuscrit anonyme d'une telle qualité qu'il a très normalement obtenu, quelques mois plus tard, le convoité Prix du Quai des Orfèvres pour l'année 1993 qui fut marquée par le retour aux affaires de Charles Pasqua. Personne ne peut prétendre que la confidentialité requise pour ce prix a été éventée, et cette décision de justice permet aux citoyens de mieux comprendre la notion complexe de "manuscrit anonyme".

Nous rappelons que ce Prix a pour but, selon son créateur monsieur Jacques Catineau, de rapprocher écrivains, policiers, magistrats et avocats et nous félicitons monsieur Delteil d'être un artisan de cette recherche de proximité.

Ceci est d'autant plus méritoire quand on sait que le lauréat ne cesse de proclamer son attachement à une extrême-gauche intransigeante, et qu'il n'hésitait jamais à condamner les exactions policières, à critiquer la magistrature même quand Charles Pasqua était aux affaires.

Nous profitons également de cette occasion pour lui renouveler nos félicitations pour l'obtention du Prix de la Gendarmerie Nationale. Un malheureux hasard veut que ce prix baptisé Moncey, (en hommage à un général napoléonien), lui a été remis quelques semaines après l'exécution du leader kanak Eloi Machoro par un tireur d'élite de cette même gendarmerie nationale. (voir notre article: "Quand les gendarmes draguaient les auteurs de polars").

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