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Main gauche sur le cur, main droite porte-flingue D'autres passages illustrent la confusion des repères de l'auteur: "Reste à expliquer comment nous en sommes arrivés là. Je suis convaincu que c'est inhérent au système capitaliste, et que cela découle de l'évolution des murs et de cet individualisme et égoïsme grandissants. Le problème concerne la faible créativité de la pensée politique, du travail culturel et intellectuel, tombés à un niveau déplorable. Je ne peux m'empêcher de faire le lien entre ce nouveau langage et le fait qu'on glisse petit à petit dans une société de loisirs. Qu'il s'agisse de drogues, de jeux, de divertissement, tout un pan de la société n'est plus dans le circuit de la production de valeur ajoutée" (p. 127). Passons sur le jugement unilatéral sur la faible créativité de la pensée On pourrait au contraire souligner la profusion de travaux et d'analyses sur ces sujets. Mais comment peut-on brocarder de la sorte "la société du loisir", au lieu de mettre en cause le triomphe de la société de consommation ? Comment peut-on considérer que celle-ci ne produirait pas de valeur ajoutée ? Pourquoi faudrait-il que les hommes et les femmes ne se divertissent pas ? Mais la faute est sans doute due à "l'implication des journalistes de gauche dans les médias", qui sont "victimes d'une pensée toute faite qui leur masque la réalité" (p. 128). Vieux cheval de bataille des réactionnaires. Quelle peut être, dans le contexte actuel, l'originalité des villes communistes ? "Démocratie, sécurité, emploi. Il nous faut insister sur ces trois points et c'est l'originalité des villes communistes de faire porter toute leur énergie dessus. Ce triptyque constitue le défi d'aujourd'hui et de demain" (p. 135). Foin de l'égalité sociale, de la lutte contre l'exploitation et contre toutes les dominations, de la visée d'émancipation individuelle et collective ! Au moment où l'Etat de désengage de la solidarité nationale, André Gérin propose que la gestion des communistes se centre et se distingue sur la sécurité et l'emploi, domaines dans lesquels les maires ont assez peu de prises. La démocratie vient comme une cerise sur le gâteau répressif, sur laquelle André Gérin ne s'étend pas. Communisme et capitalisme répressif André Gérin fait un choix d'analyse politique et d'orientation. Il ne peut pas être du combat contre le capitalisme répressif aujourd'hui à l'uvre car il fait sien le discours répressif des capitalistes. Car le discours d'un Nicolas Sarkozy n'est pas seulement à l'image de l'ancien rapport de la droite à l'autorité (qui coexistait avec le capitalisme social). Il est négation de la question sociale. Ce n'est pas seulement que celui-ci relègue au second plan les enjeux sociaux, c'est que son projet politique ne vise en rien à combattre les inégalités sociales, à mieux répartir les richesses, à favoriser le développement des quartiers populaires Sarkozy est le représentant d'un système inégalitaire qui ne veut pas se mettre en question, où la répression a comme fonction d'empêcher les classes dangereuses de mettre en question l'ordre social, l'inégalité. D'une part, la répression est un mode de contrôle des catégories populaires qu'elle vise principalement, d'autre part tant que les habitants des cités se focalisent et se divisent sur ces questions de sécurité, les dominants peuvent dormir tranquilles. Pendant que s'entretiennent la surenchère sécuritaire et les violences urbaines, les problèmes sociaux ne sont pas posés sinon à la marge: fractures urbaines, inégalités et discriminations, développement économique et social toutes questions qui devraient être au cur d'un projet politique progressiste. De longue date ces mécanismes ont été compris et déconstruits par de nombreux sociologues, dont notamment Loïc Wacquant (7). Au lieu de courir derrière la caravane sarkoziste, un projet politique de transformation sociale (dépassement du capitalisme, de toutes les dominations) pourrait s'attacher à opposer à la prédominance actuelle du répressif une prédominance de l'ambition éducative. Cet enjeu est trop souvent négligé au profit du discours dépassé sur le soi-disant nécessaire équilibre entre répression et prévention, qui masque en fait le maintien de politiques centrées sur la gestion des conséquences de la casse économique et des effets de la précarité généralisée. On cherche en vain en quoi le contenu idéologique et politique du livre d'André Gérin se situerait dans le courant de pensée communiste. L'aporie intellectuelle, le vocabulaire choisi et les métaphores employées, les glissements sémantiques signent clairement des empreints au vieux fond réactionnaire, nationaliste, xénophobe et sécuritaire de la droite populiste et de l'extrême droite. C'est ce camp-là que la publication de ce brûlot en période électorale renforce. Est-il moderne et pragmatique d'adhérer aujourd'hui à l'idéologie sécuritaire qui s'est imposée depuis une vingtaine d'années? L'enjeu actuel n'est-il pas plutôt de choisir une tout autre approche de la question sociale, réfutant l'idéologie répressive et affrontant les questions de sécurité dans le cadre d'une visée d'émancipation individuelle et collective? L'intégralité de l'article est déjà disponible dans l'espace abonnés. En voici le sommaire: -
Catastrophisme et insécurité -
Incompatibilité
culturelle * Gilles Alfonsi est membre du conseil national du PCF. (7) Lire notamment: Les Prisons de la misère et Parias urbains. Abonnez-vous
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