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30 ans après, retour aux sources de "Libération" - Les oubliés de l'histoire

Tout le dossier "L'univers des médias"

Serge July, PDG de "Libération" oppose un veto au "Nouvel Observateur"


Par Enrico Porsia et Michel Puech


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A voir:
Témoignage de Jean-Claude Vernier:
"La 'Maison de verre' contre le 'France-Soir rouge'"

Témoignage de Jean-René Huleu:
"Une naissance sous l'oeil du chef des 'maos'"

Témoignage de Philippe Gavi:
"L'amnésie d'Antoine et de Serge".
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C
e n'est pas parce qu'il tire à moins de 20.000 exemplaires, la première année, et à moins de 200.000 exemplaires aujourd'hui, que le quotidien "Libération" est devenu "Libé". Le seul quotidien généraliste à diffusion nationale à s'être imposé en France depuis la seconde guerre mondiale.
"Le journal s'est créé parce que l'actualité de millions de gens ne se trouvait pas dans les journaux", déclare son directeur Serge July, à La libre Belgique, avant d'expliquer: "'Libé' a pris le contre-pied en s'intéressant plus à la société qu'aux institutions. Et surtout à ce qui bouge dans la société. C'est le fil rouge de "Libération" depuis 30 ans".
"Libé" en plus d'un phénomène de presse serait donc un miroir de la "société civile" française, le symbole officiel d'une génération, celle dite des "soixante-huitards", les quinquagénaire d'aujourd'hui?

Le titre " Libération " est né du mouvement de résistance français à l'occupation nazi, "Libération-Sud": ce mouvement fondé par Emmanuel d'Astier de la Vigerie, ancien officier de marine devenu journaliste, le couple Aubrac et par le philosophe Jean Cavaillès. Basés à Lyon, ils éditent un journal,


18 avril 1973: Libération, N°1.
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"Libération" (35.000 exemplaires en octobre 1942). Il sortira de la clandestinité à la libération de Paris. Un temps racheté par le Parti communiste, il cessera de paraître en 1962...

Neuf ans plus tard, en 1973, le titre est à nouveau dans les kiosques.
C'est un autre "Libération". Il naît d'une autre résistance: "la nouvelle résistance populaire" dont se réclament alors beaucoup de ceux qui, cinq ans après, refusent que "l'esprit de mai 68" s'éteigne.

Un anniversaire c'est une date. Laquelle retenir?

"Libération" a choisi le premier octobre pour diffuser en librairie, un pavé de 506 pages retraçant sa vie et le 13 octobre, pour faire paraître "le nouveau Libé". C'est pourtant un 18 avril que le numéro 1 de Libération a vu le jour. Il y a trente ans.

Dans notre dossier, l'année 73 commence par une photographie. Elle est datée du 4 janvier. Elle montre une tribune ou siègent cinq hommes qui annoncent la naissance d'un nouveau quotidien. C'est un projet évadé d'un rêve utopique et ambitieux: donner la parole au peuple. C'est Libération.

Paris, 4 janvier 1973 - Salle de réunion de la "Maison verte". Conférence de presse de lancement du projet du quotidien Libération. De gauche à droite: Philippe Gavi, Jean-Paul Sartre, Jean-Claude Vernier, Serge July et Jean-René Huleu.

Aujourd'hui, des cinq personnages de la tribune, l'un a disparu, c'est Jean-Paul Sartre. L'autre, Serge July est PDG de la société anonyme "Libération".

Et les trois autres?
Sur la légende du photographe Gérard-Aimé nous lisons les noms de: Philippe Gavi, Jean-René Huleu et Jean-Claude Vernier.

Quels furent leurs rôles dans la création de "Libération", pourquoi ne travaillent-ils plus dans cette rédaction?

Nous sommes allés leur poser ces questions, plus une autre. Qu'est-ce qu'ils pensent du "Libé" d'aujourd'hui?

1er témoignage - Jean-Claude Vernier:
La "Maison de verre" contre le "France-Soir rouge"

2e témoignage - Jean-René Huleu:
Une naissance sous l'oeil du chef des "maos"

3e témoignage - Philippe Gavi:
L'amnésie d'Antoine et de Serge.



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