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Paris, 4 janvier 1973 - Salle de
réunion de la "Maison verte".
Conférence de presse de lancement
du projet du quotidien
Libération. De gauche
à droite: Philippe Gavi, Jean-Paul
Sartre, Jean-Claude Vernier, Serge July et
Jean-René Huleu.
Voir
la photo et lire notre article du
13.10.2003
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Un
anniversaire, c'est une date. Laquelle retenir?
Libération publie en librairie un
pavé de 506 pages retraçant ces
trente ans un premier octobre, et crée un
nouveau Libé ce 13 octobre. Le
numéro 1, est daté du 18
avril
A quelle date ce "bon départ"? Trente ans
après, Amnistia.net s'est penché sur
les faits.
Dans
notre dossier, l'année 73 commence par une
photographie. Elle est datée du 4 janvier
1973. Elle montre une tribune ou siègent
cinq hommes qui annoncent un projet
évadé d'un rêve utopique et
ambitieux: donner la parole au peuple. Des cinq
personnages de la tribune, aujourd'hui l'un,
Jean-Paul Sartre siège dans les nuages,
l'autre, Serge July au conseil d'admnistration de
la société éditrice de
"Libération".
Et les trois autres?
Sur la légende du photographe
Gérard-Aimé nous lisons les noms de:
Philippe Gavi, Jean-René Huleu et
Jean-Claude Vernier.
Quels furent leurs rôles dans la
création de "Libération", pourquoi ne
travaillent-ils plus dans cette
rédaction?
Nous sommes allés leur poser ces questions,
plus une autre. Qu'est-ce qu'ils pensent du
"Libé" d'aujourd'hui?
Jean-Claude
Vernier, premier co-gérant avec Jean-Paul
Sartre de la "SARL
Libération".
A
l'époque, "Il s'exprime dans un langage
châtié, n'élève que
très rarement la voix. Accrocheur, il
défend ses idées férocement,
fourmille de projets parfois fumeux, et
séduit par sa force de conviction". C'est
ainsi qu'un homme qui l'a bien connu, Jean Guisnel,
journaliste au Point, lui-même ancien
militant de l'Agence de Presse Libération,
décrit Jean-Claude Vernier dans sa
biographie du journal Libération
[In Jean Guisnel, Libération la
biographie, La découverte, 1999].
Aujourd'hui,
"c'est le retraité qui parle".
A
l'époque il fut le fondateur et le
premier co-gérant avec Jean-Paul Sartre de
la "SARL Libération". "J'ai
été l'homme du fric", se
rappelle-t-il.
Il
fut aussi, l'un des fondateurs du mouvement
"maoiste" français, le fondateur et le
directeur avec Maurice Clavel de l'Agence de Presse
Libération (APL) "la matrice du
quotidien".
Pourtant,
à peine le nouveau "quotidien gauchiste"
- comme on l'appelait alors - est-il
installé dans les kiosques, que Jean-Claude
Vernier quitte la "rue de Lorraine", siège
du journal!
Il
est le défenseur d'une ligne
éditoriale dite de "la maison de
verre": "un journal fait par et pour ses
lecteurs". Vernier veut que le journal s'appuie sur
des lecteurs actifs organisés en
"Comités Libération" et
disséminés dans toute la France. Avec
une partie minoritaire de l'équipe, il
s'oppose alors fermement à la conception
d'un "France-soir rouge" inventée,
défendue et réalisée depuis
par Serge July ["Je n'ai pas vraiment
changé d'avis, même s'il s'agit d'une
formule. Il y avait dans le France-Soir des
années 1950-60 l'idée qu'un journal
populaire devait être très
écrit. D'une certaine manière,
Libé a gardé ce souci de
l'écriture. Mais la comparaison
s'arrête là", déclare
aujourd'hui le PDG du quotidien à La
libre Belgique du 10 octobre 2003].
Trente
ans après, et de multiples aventures
journalistiques et artistiques, Jean-Claude
Vernier garde encore très présent
à l'esprit ce combat qui se termina par la
première des crises et les premiers
départs qui ont secoué la vie de
Libération [outre Jean-Claude
Vernier, Robert Aarse, Annette Cattenat, Eric
Ferry, Alain Froissart, François
Gèze, Yves Hardy, Catherine Humblot, Aline
Isserman, Anwar Karam, Stéphane Koziak,
Mireille Lagarde, Alain Leiblang, Philipe Nahoun,
Sylvie Péju, Stanislas Polosecki, Husion
Portales, Gilles Quirin, Gaetan Roméo,
Olivier Roncin, Michèle Schultz,
André Vasseur et Jacques Vincent quitteront
le journal. Source: Il était une fois
Libé de Samuelson].
Dans
l'appartement parisien de l'avenue du Maine
qu'il occupe avec son épouse, il nous dit ce
que fut cette aventure et sa vision du
Libération d'aujourd'hui.
Voir
son témoignage vidéo (6'26''),
réalisé par Enrico Porsia et Michel
Puech, et lire "Le mai 68 de la presse
française", un récit de Michel Puech
(1.300 mots, 8.200 signes).
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