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Les oubliés de l'histoire
par Enrico Porsia et Michel Puech
30 ans après, retour aux sources de "Libération"

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Première partie: La "Maison de verre" contre le "France-Soir rouge"

Mercredi 15 octobre 2003



Paris, 4 janvier 1973 - Salle de réunion de la "Maison verte". Conférence de presse de lancement du projet du quotidien Libération. De gauche à droite: Philippe Gavi, Jean-Paul Sartre, Jean-Claude Vernier, Serge July et Jean-René Huleu.
Voir la photo et lire notre article du 13.10.2003
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Un anniversaire, c'est une date. Laquelle retenir? Libération publie en librairie un pavé de 506 pages retraçant ces trente ans un premier octobre, et crée un nouveau Libé ce 13 octobre. Le numéro 1, est daté du 18 avril…
A quelle date ce "bon départ"? Trente ans après, Amnistia.net s'est penché sur les faits.

Dans notre dossier, l'année 73 commence par une photographie. Elle est datée du 4 janvier 1973. Elle montre une tribune ou siègent cinq hommes qui annoncent un projet évadé d'un rêve utopique et ambitieux: donner la parole au peuple. Des cinq personnages de la tribune, aujourd'hui l'un, Jean-Paul Sartre siège dans les nuages, l'autre, Serge July au conseil d'admnistration de la société éditrice de "Libération".
Et les trois autres?
Sur la légende du photographe Gérard-Aimé nous lisons les noms de: Philippe Gavi, Jean-René Huleu et Jean-Claude Vernier.
Quels furent leurs rôles dans la création de "Libération", pourquoi ne travaillent-ils plus dans cette rédaction?
Nous sommes allés leur poser ces questions, plus une autre. Qu'est-ce qu'ils pensent du "Libé" d'aujourd'hui?

Jean-Claude Vernier, premier co-gérant avec Jean-Paul Sartre de la "SARL Libération".


Jean-Claude Vernier
nous a accordé un long entretien. Nous vous proposons ici de voir son témoignage vidéo (6'26'').

Témoignage de Jean-René Huleu: "Une naissance sous l'oeil du chef des 'maos'"
Témoignage de Philippe Gavi: "L'amnésie d'Antoine et de Serge".
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A
l'époque, "Il s'exprime dans un langage châtié, n'élève que très rarement la voix. Accrocheur, il défend ses idées férocement, fourmille de projets parfois fumeux, et séduit par sa force de conviction". C'est ainsi qu'un homme qui l'a bien connu, Jean Guisnel, journaliste au Point, lui-même ancien militant de l'Agence de Presse Libération, décrit Jean-Claude Vernier dans sa biographie du journal Libération [In Jean Guisnel, Libération la biographie, La découverte, 1999].

Aujourd'hui, "c'est le retraité qui parle".

A l'époque il fut le fondateur et le premier co-gérant avec Jean-Paul Sartre de la "SARL Libération". "J'ai été l'homme du fric", se rappelle-t-il.

Il fut aussi, l'un des fondateurs du mouvement "maoiste" français, le fondateur et le directeur avec Maurice Clavel de l'Agence de Presse Libération (APL) "la matrice du quotidien".

Pourtant, à peine le nouveau "quotidien gauchiste" - comme on l'appelait alors - est-il installé dans les kiosques, que Jean-Claude Vernier quitte la "rue de Lorraine", siège du journal!

Il est le défenseur d'une ligne éditoriale dite de "la maison de verre": "un journal fait par et pour ses lecteurs". Vernier veut que le journal s'appuie sur des lecteurs actifs organisés en "Comités Libération" et disséminés dans toute la France. Avec une partie minoritaire de l'équipe, il s'oppose alors fermement à la conception d'un "France-soir rouge" inventée, défendue et réalisée depuis par Serge July ["Je n'ai pas vraiment changé d'avis, même s'il s'agit d'une formule. Il y avait dans le France-Soir des années 1950-60 l'idée qu'un journal populaire devait être très écrit. D'une certaine manière, Libé a gardé ce souci de l'écriture. Mais la comparaison s'arrête là", déclare aujourd'hui le PDG du quotidien à La libre Belgique du 10 octobre 2003].

Trente ans après, et de multiples aventures journalistiques et artistiques, Jean-Claude Vernier garde encore très présent à l'esprit ce combat qui se termina par la première des crises et les premiers départs qui ont secoué la vie de Libération [outre Jean-Claude Vernier, Robert Aarse, Annette Cattenat, Eric Ferry, Alain Froissart, François Gèze, Yves Hardy, Catherine Humblot, Aline Isserman, Anwar Karam, Stéphane Koziak, Mireille Lagarde, Alain Leiblang, Philipe Nahoun, Sylvie Péju, Stanislas Polosecki, Husion Portales, Gilles Quirin, Gaetan Roméo, Olivier Roncin, Michèle Schultz, André Vasseur et Jacques Vincent quitteront le journal. Source: Il était une fois Libé de Samuelson].

Dans l'appartement parisien de l'avenue du Maine qu'il occupe avec son épouse, il nous dit ce que fut cette aventure et sa vision du Libération d'aujourd'hui.

Voir son témoignage vidéo (6'26''), réalisé par Enrico Porsia et Michel Puech, et lire "Le mai 68 de la presse française", un récit de Michel Puech (1.300 mots, 8.200 signes).

La vidéo et le récit sont payants(sauf pour les abonnés: cliquez ici)
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