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Paris, 4 janvier 1973 - Salle de
réunion de la "Maison verte".
Conférence de presse de lancement
du projet du quotidien
Libération. De gauche
à droite: Philippe Gavi, Jean-Paul
Sartre, Jean-Claude Vernier, Serge July et
Jean-René Huleu.
Voir
la photo et lire notre article du
13.10.2003
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A
l'époque, Philippe Gavi est un jeune
voyageur qui écrit des "piges". Un
ancien animateur des "Cahiers de mai". Il vient de
publier aux éditions du Seuil, "Le triangle
indien - De Bandoeng au Bengladesh". C'est un
lecteur d'Herbert Marcuse, très
attiré par l'esprit des campus
américains, un admirateur de Jean-Paul
Sartre et de Raymond Aron! Une personnalité
inclassable.
Aujourd'hui,
Philippe Gavi est en charge de la rubrique
"Médias" au Nouvel Observateur,
hebdomadaire qu'il a rejoint en 1986 en quittant
"Libération" où il a passé 13
ans de sa vie.
Quand
à l'été 1972, la direction du
mouvement "maoiste" accepte l'idée d'un
quotidien présenté par l'Agence de
presse libération, Benny Levy cherche un
"directeur politique" pour contrôler
Jean-Claude Vernier. Ce sera Serge July, un
militant alors "en punition" à
Bruay-en-Artois, il lui faut également un
"non mao" connu de tous. Philippe Gavi sera celui
là.
Il
faut aussi de l'argent: "Michel Foucault donne des
sommes en liquide. Maurice Clavel offre aux maos
une partie de ses droits d'auteurs (
)
Quant à Sartre, il accepte d'écrire
avec Benny Levy et Philppe Gavi un livre bilan. "On
a raison de se révolter". L'avance sur droit
d'auteurs s'élève à trente
mille francs, qui filent directement des les caisse
de Libération" (In "Les maoistes, histoire
des gardes rouges français", de Christophe
Bourseiller, Plon 1996)
Leader
de la tendance dite des "désirants",
Philippe Gavi assumera quelques temps une
co-rédaction en chef avec Serge July.
Mais face à la "bete de presse" que tous
s'accordent a voir des le début en Serge
July, Philippe Gavi reste un "poête",
tantôt appuyant les idées de "Serge",
tantôt les contrariant en brandissant des
motions toujours minoritaires.
Il
nous reçoit dans son étroit bureau du
"Nouvel observateur", d'où en conclusion de
l'interview qu'il nous accorde, il lance une des
ses "phrase à la Gavi". Une de ses
phrases qui lui ont si souvent été
reprochée, peut-être parce qu'elles
expriment un opinion minoritaire et
"désirante": "Dans l'équipe actuelle
historique qui reste à Libération,
c'est a dire notamment Serge July et Antoine de
Gaudemar
Ils veulent oublier totalement le
"Libé" des début
ça le
traumatise
ils refusent "Libé 1" (...)
Du coup ils se privent de tout l'aspect
créatif de "Libération", ils le
nient. C'est même une amnésie... C'est
comme s'ils avaient demandés une amnistie
permanente".
Courte
bibliographie de Philippe Gavi
-
Ouvriers (Les) - Du tiercé à la
révolution, Mercure de France, Paris
1970
- Che Guevara Paris: Editions universitaires,
[1970].
- Le triangle indien de Bandoeng au bengladesch,
Seuil, Combats. 1972
- "On a raison de se révolter" (avec
Jean-Paul Sartre et Pierre Victor), La "France
sauvage", Gallimard, 1974, Plon, 1992
Voir
"L'amnésie d'Antoine et de Serge",
témoignage vidéo (6'46'') de
Philippe Gavi, réalisé par Enrico
Porsia et Michel Puech.
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