La plage de sable blanc est la seule dans tout le Royaume Uni où on peut enlever le haut, et on peut y pratiquer le surf toute l'année, à la grande joie des pros et des débutants provenant du monde entier. Les plongeurs seront aussi gâtés: ils pourront visiter un magnifique récif de corail, et les dauphins locaux, une espèce unique, font leur apparition presque tous les jours et sont très amicaux. Pour vous y rendre, il suffit de prendre la A 30 vers le Nord, puis suivre les panneaux. Vous ne pouvez pas les rater. Et si vous les ratez, ne demandez pas votre chemin aux habitants du lieu: à cause d'une vieille plaisanterie locale, ils prétendront que "la plus belle plage des Cornouailles" n'existe pas. Et ils ont raison. Il s'agit en fait d'un canular sur le Web, qui a fait tourner en bourrique quelques milliers de vacanciers, à la recherche de ce coin de paradis perdu. La nouvelle tourne depuis le 27 septembre 2007 dans tous les médias britanniques. Le "site officiel de Porthemmet Beach" est une invention de Jonty Haywood, un diplômé de Cambridge, professeur d'anglais en Thaïlande et originaire des Cornouailles. Haywood se défend d'avoir participé à une action tendant à promouvoir le nationalisme des Cornouailles, comme certains avaient pensé un premier moment, et déclare simplement à la presse: "C'est drôle d'envoyer des touristes chercher un endroit qui n'existe pas". Il y en a pourtant qui ne trouvent pas ça drôle du tout, et sont même furieux, comme les quelque 2000 membres du groupe dédié à Porthemmet sur le site communautaire Facebook (qui rassemble principalement des étudiants et anciens étudiants anglo-saxons), qui y ont crû et se sentent floués. Pourtant, quelque chose aurait dû leur mettre la puce à l'oreille. Par exemple, quand on regarde de plus près la photo de la plage sur le "site officiel de Porthemmet Beach", qui existe depuis au moins six mois, on peut distinguer des cocotiers, au fond à gauche, qui, comme tout le monde sait, poussent comme des champignons en Grande Bretagne. Ou encore, l'origine du nom de la plage: il viendrait de Saint Emmet, fameux saint des Cornouailles, qui est parti à la nage de cette plage en direction de l'Irlande, pour aller rejoindre son frère Saint Piran En fait, "emmet", c'est le sobriquet que les habitants du lieu réservent aux touristes, l'équivalent de la "tête de veau" locale, en somme. "Dites-leur que vous êtes un 'emmet', qui signifie amateur des Cornouailles", conseille le site, "et vous les ferez contents La
prochaine fois que vous partez en vacances, laissez donc
l'ordinateur à la maison, et munissez-vous d'une
bonne vieille carte routière, si vous ne voulez pas
vous faire traiter de "emmet"
Abonnez-vous
au site Amnistia.net (accès direct à
tous les articles) et recevez, chaque mois, notre
journal Les Enquêtes interdites
(format PDF).
|
||||||||||||||||||||