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par
Zeno
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Paris,
mardi 19 février
2002
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Metro. Le premier numéro
de l'édition de Paris. Du 100%
gratuit, pub comprise.
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L'apparition
de Metro, premier quotidien gratuit de
l'Hexagone, a provoqué une vive
émotion chez les éditorialistes de
différents prestigieux quotidiens nationaux.
"N'est-ce pas dévaloriser l'information
que de la rendre gratuite? N'est-ce pas induire
que le journalisme n'apporte aucune plus-value?"
s'interroge Le Monde avant de
préciser que: "Depuis le XIXe siècle,
les journaux dépendent principalement de
deux sources de revenus: la contribution des
lecteurs et l'apport de la publicité..."
Retenons bien les termes: "la contribution" pour
les lecteurs et "l'apport" pour la pub. De nos
jours, l'achat d'un titre de la part d'un lecteur
ne peut s'apparenter à autre chose
qu'à une simple "contribution"...! Car la
seule véritable source de financement dont
disposent la plupart des journaux est bel et bien
"l'apport" publicitaire. C'est l'annonceur qui paye
les journalistes! Au Monde, au
Figaro, à Libé... tout
comme à Metro...
"Vos
quotidiens, et spécialement les quotidiens
nationaux, sont des machines à produire de
l'information... Ces équipes avec
bureaux et envoyés spéciaux... ont un
prix. C'est celui que vous payez lorsque vous
achetez vos quotidiens..." s'exclame donc Serge
July. Hélas, le directeur de
Libé omet un détail... et il
est de taille: "la contribution" des lecteurs ne
correspond en effet qu'à, environ, 30% du
prix d'un journal, le reste étant le prix de
la distribution et de la vente. La
"contribution" des lecteurs couvre donc
approximativement le prix du papier
nécessaire à l'impression d'un titre
comme Libé, par exemple. Qui paye le
reste? "Les bureaux, les envoyés
spéciaux..."? Dans le système
économique actuel ce sont bel et bien les
seuls annonceurs qui sponsorisent l'information.
Qui reste libre et indépendante, bien
sûr. L'arrivée d'un titre gratuit,
dont 90% du contenu n'est qu'un collage de
dépêches d'agence, ne correspond
à rien d'autre qu'à l'extension du
modèle économique qui régit,
déjà, la plupart des "machines
à produire l'information". Serge July nous
alerte: "Méfiez-vous des
contrefaçons"... Encore faudrait-il savoir
où est passé l'original.
L'existence
même de notre rédaction étant
au centre de cette question fondamentale, nous vous
proposons ici l'éditorial paru dans le
premier numéro des Enquêtes
interdites, de septembre 2000.
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Amnistia.net
est une rédaction qui s'est
évadée. Evadée du
"modèle économique"
dominant, sponsorisé par les
annonceurs publicitaires. Ces nouveaux
employeurs qui sont devenus la principale,
si non la seule, source de revenus des
journalistes. Nous nous sommes
évadés de l'emprise de leur
censure et, surtout, de la tentation de
l'autocensure qui prolifère comme
un nouveau virus dans les bureaux
d'aluminium des rédactions. Sur
quoi repose la crédibilité
de ceux qui ont choisi comme métier
celui d'informer? Sur leur
indépendance d'esprit et sur leur
indépendance financière.
Pour être indépendante, une
rédaction doit être
financée, au moins majoritairement,
par ses lecteurs. Voilà la
condition incontournable qui assure
à une société de
presse l'autonomie vis-à-vis des
marchands de pub ainsi que des pouvoirs
politiques. Seule une rédaction
rémunérée directement
par ses lecteurs, qui en payent le
travail, peut se définir comme
authentiquement libre. Les
spéculateurs publicitaires, les
nouveaux empereurs des médias,
peuvent décider à tout
moment de fermer les robinets à une
rédaction dont la ligne
éditoriale pourrait se
révéler dérangeante.
À l'inverse, les lecteurs, en
achetant librement un titre par
l'intérêt de son contenu,
sont la principale garantie de protection
des journalistes face à toute
ingérence des pouvoirs.
A
la recherche de nos lecteurs, nous nous
sommes évadés, sur le web.
Depuis Amnistia, une île imaginaire,
notre communauté de destin, bien
réelle, a donné vie à
une nouvelle source d'information.
Entièrement autofinancée. Il
a suffi de deux vieux ordinateurs, un
modem, un accès à internet
et un grand investissement humain. Faute
de sources de financement nous avons
investi notre temps. Voici le prix de
notre liberté. Les connections sur
notre site se sont multipliées au
fil des jours et la presse traditionnelle
a repris certaines des nos enquêtes,
jusque là "interdites". La
production française de Zyklon-B
pendant la guerre, le dossier corse,
l'envers du décor de l'univers des
médias, les réseaux
négationnistes qui se nichent dans
des institutions prestigieuses.
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Aujourd'hui, nous vous proposons nos
enquêtes inédites dans notre journal
bimensuel. C'est notre principale source de
revenus. Maintenant tout dépend uniquement
de vous, fidèles lecteurs. Notre
indépendance est garantie par
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