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Le texte en cause, "Le préfet de police préside, à son insu, un prix littéraire truqué", avait été publié dans notre édition du 5 novembre 2001. S'estimant diffamé, Gérard Delteil réclame à chacune des personnes qu'il traîne en justice la somme de 50.000 euros (plus de 327.000 francs). S'il était suivi par le tribunal, cela signerait l'arrêt de mort d'un espace de liberté et d'information qui n'existe que par l'engagement de toute une rédaction. Le 26 septembre 2002, Gérard Delteil a rendu public un communiqué dans lequel il affirme que le directeur de publication d'amnistia.net ne se présenterait pas lors du procès, de peur d'être arrêté et expulsé en raison de son engagement politique en Italie, dans les Brigades Rouges, il y a un quart de siècle! Delteil écrit précisément: "Un lecteur m'écrit pour me dire qu'il a lu sur 'un forum consacré au polar' (Rompol?) des infos selon lesquelles j'attaquerais en justice un ex-membre des Brigades Rouges qui ne pourrait se présenter au procès de crainte d'être arrêté et expulsé". Alors qu'il attaque notre directeur de publication Corrado Balocco devant les tribunaux et qu'il le menace d'une ponction de 50.000 euros, Gérard Delteil dans son communiqué parle d'une autre personne, et dénonce publiquement un ancien membre des Brigades Rouges, le journaliste Enrico Porsia. Il le fait en ces termes : "J'attaque en diffamation Didier Daeninckx pour un article publié sur son site amnistia dans lequel il m'accuse d'avoir triché pour le prix du Quai des Orfèvres. Il se trouve que le directeur de la rédaction de ce site est Enrico Porsia, à l'encontre de qui je n'ai aucun grief. Mais, dans un procès en diffamation, le directeur de la rédaction est inévitablement cité. Il n'est nullement tenu de se présenter et, en général, ne le fait pas : c'est le journaliste incriminé responsable de l'article qui vient défendre sa cause. J'en ai fait moi-même l'expérience. Enrico Porsia n'a donc rien à redouter. (De plus, à ma connaissance, il ne figure nullement sur la liste des expulsables). Néanmoins, sa situation de réfugié politique ne l'autorise pas à publier les délires de Daeninckx.... Dans la vie, il faut tout de même assumer ses choix". Ceci appelle de notre part plusieurs remarques. Passons sur le fait que Gérard Delteil dit tranquillement n'avoir pas de grief envers quelqu'un à qui il réclamerait 327.000 francs par voie de justice, et qu'il choisit, de surcroît, d'attaquer au pénal... Première remarque: il est tout à fait possible, en matière de diffamation de n'attaquer que l'auteur de l'article, et il s'agit là d'un choix assumé, de la part de Delteil, pour doubler la mise. Deuxième remarque, beaucoup plus grave: à aucun moment le journaliste Enrico Porsia n'est en cause dans cette affaire: les deux personnes attaquées en justice par Delteil sont Corrado Balocco et Didier Daeninckx. Personne d'autre. Par le moyen de ce communiqué, Gérard Delteil livre en pâture, de manière totalement diffamatoire, le nom d'un réfugié italien, puis grand seigneur, Gérard Delteil rassure la personne dont il vient d'inventer la faute: "Viens, fais-moi confiance, tu n'as rien à craindre, j'y suis déjà passé". Ce serait comique si la situation des exilés politiques italiens n'était actuellement aussi tragique, du fait du reniement, par la France, de ses engagements d'accueil. Le plus dérangeant, dans ce communiqué de l'écrivain titulaire du Prix Moncey (attribué par la gendarmerie nationale) et du Prix du Quai des Orfèvres (baptisé ainsi en référence à l'adresse mythique du siège de la police judiciaire), c'est "qu'à [sa] connaissance, il [Enrico Porsia] ne figure nullement sur la liste des expulsables". A l'heure où ces lignes sont écrites, le gouvernement français a toujours déclaré n'avoir négocié aucune liste, et personne n'est en mesure de savoir qui sont les personnes menacées d'extradition. Tous les réfugiés italiens présents en France, leurs familles, vivent dans l'angoisse d'une rafle. Si Gérard Delteil, comme il l'affirme dans son communiqué, possède des informations précises sur l'avenir immédiat de gens traqués, qu'il s'exprime! En conclusion de son communiqué, Gérard Delteil tient à souligner qu'il est "solidaire de TOUS les exilés politiques italiens menacés d'expulsion". Et c'est lui qui tient à mettre TOUS en capitales. Une solidarité que Gérard Delteil tient à proclamer jusque devant les tribunaux... La
rédaction
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