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Temps des cerises: le déshonneur du poète…
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Par Didier Daeninckx

Mercredi 12 juillet 2006


Faurisson: "Merci Karnoouh, Rittersporn, Thion et les autres…"


Remerciements de Robert Faurisson à ses soutiens, dans les Annales d'histoire révisionniste.
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A
la parution de notre article, les responsables de la maison d'édition, pris la main dans le sac, ont réagi comme réagissent souvent les amis de Claude Karnoouh: en négateurs de la réalité. Nos informations étaient erronées, nous affabulions! Pas de preuve à l'appui, pas de réfutation argumentée, non: de l'indignation, des mots ronflants, des cris offusqués, l'air du complot… "Pas nous, pas ça!".

La petite entreprise de Francis Combes se faisait également l'écho de menaces: "l'auteur mis en cause, qui a fait toute sa carrière comme universitaire et chercheur au CNRS (et dont les grands-parents, juifs, sont morts en déportation) a donc décidé de porter plainte pour diffamation".

Quelques jours plus tard, l'épouse de Jean-Jacques Karman, conseillère municipale d'Aubervilliers, distribuait un tract de même teneur émanant de la Gauche communiste, le groupuscule dirigé par son mari, dans lequel il était confirmé que Claude Karnoouh s'était porté en justice.

La rédaction d'Amnistia.net est bien placée pour savoir qu'un titre de "chercheur au CNRS" n'est pas une garantie absolue de probité intellectuelle. C'est en grande partie grâce à nos révélations que Serge Thion, le principal animateur de sites négationnistes français, a été révoqué du CNRS où il officiait depuis vingt ans. D'ailleurs, Serge Thion témoignait lui aussi en faveur de Robert Faurisson aux côtés de Claude Karnoouh, dès 1980, en mettant en avant, comme Claude Karnoouh, sa qualité de chercheur au CNRS. Robert Faurisson ne lésine pas sur les remerciements à sa garde rapprochée dans le numéro 7 des Annales d'histoire révisionniste, au printemps 1988:

"En France, j'affrontais une si puissante coalition d'intérêts divers que, sans Pierre Guillaume et ses amis, j'aurais été écrasé. Parmi ses amis, j'ai une dette particulière à l'égard de Serge Thion, de Michèle Noël, de Jacob Assous, Denis Authier, Jean-Gabriel Cohn-Bendit, Maurice Di Scuillo, Jean-Luc Redlenski, Gabor-Tamas Rittersporn, CLAUDE KARNOOUH, (souligné par nous, ndlr) Jean-Louis Tristani, José Benhamou, Marc R. (…)".

Signalons, pour mémoire, qu'avec Serge Thion et Claude Karnoouh, figure le nom d'un troisième chercheur au CNRS, Gabor-Tamas Rittersporn.

D'autre part, il est absolument indigne de la part du Temps des cerises d'utiliser l'argument de l'ascendance juive de Claude Karnoouh alors que lui-même s'en détache comme le prouve le texte suivant quand, en avril 2005, il évoque ses grands-parents:

"Ils ne sont pas morts pour construire Israël, ni pour justifier la guerre en Irak, ni pour légitimer le meurtre des enfants Palestiniens... Ils sont morts soit parce qu'ils étaient communistes, soit parce qu'ils n'étaient rien, c'est-à-dire une non-valeur pour un système politique qui déterminait la valeur biologique des gens".

On remarquera, et c'est une clef pour lire ce type de prose, que les siens "sont morts", quand le mot "meurtre" n'apparaît que pour les "enfants palestiniens".

Chiche?

Un an plus tard, le 4 avril 2006, Claude Karnoouh ne prétend plus que ses proches seraient morts "parce qu'ils n'étaient rien" lorsqu'il écrit:

"... Si j'étais le négationniste de l'Holocauste, alors je devrais dire que les parents de ma mère tués en Pologne ne l'ont pas été du simple fait qu'ils étaient juifs. Ce serait pure folie de ma part et une injure à présentement feue ma très vieille mère. La second fait plus légal, c'est que la loi Fabius-Gayssot étant rétroactive si j'avais été le négationniste que "les bonnes âmes" affirment, j'eusse été condamné pour ce fait-là, or, je n'ai jamais été condamné et pour cause, et non seulement je n'ai pas été condamné, mais j'ai continué à faire toute ma carrière tant au CNRS (pendant 14 ans 1981-2005), et même détaché par ce même CNRS (1991-2003) comme "visiting professor" de philosophie politique à l'Université de Cluj (Roumanie) où, à la rage des anciens pseudo-communistes reconvertis dans le pire des néo-libéralismes, j'ai, entre autre chose, repris des cours sur Marx...". (courriel adressé à la rédaction d'amnistia.net le 4 avril 2006).

Il ment par contre en prétendant que la loi de 1990 réprimant le négationnisme (qu'il prend soin de nommer "Fabius-Gayssot" comme le fait toujours la presse d'extrême-droite pour donner à cette loi un air de complot "judéo-bolchévique"), serait rétroactive, et que ses propos de 1980, s'ils avaient été considérés comme négationnistes, auraient pu être attaqués en justice. Faux, la loi Gayssot n'a jamais été rétrocative, elle n'a jamais dérogé aux principes républicains. Le dernier cas de rétroactivité d'une loi, en France, date de Vichy, du temps des Sections Spéciales. Et il suffirait que Claude Karnoouh reproduise aujourd'hui sa déclaration de 1980, dans les mêmes termes, pour qu'il reçoive immédiatement le démenti de ses affirmations. Chiche?

Malgré toutes nos recherches, il nous a été impossible de trouver un texte où Claude Karnoouh reviendrait sur ses affirmations concernant l'existence des chambres à gaz, déclarations contemporaines de l'offensive négationniste. Nous avons juste mis à jour une lettre adressée à la revue La Nouvelle Alternative dirigée alors par son ami Bruno Drewski, (autre auteur du Temps des cerises et dirigeant du Réseau Voltaire), dans laquelle Karnoouh ose affirmer, évoquant Robert Faurisson:

"S'il est vrai qu'à un certain temps j'ai, comme Noam Chomsky, plaidé pour la liberté d'expression contre les procès d'opinion, et ce pour quelqu'un dont je ne partageais pas l'essentiel des opinions (quoiqu'il en dise aujourd'hui) , il est faux, voire mensonger d'affirmer que le long essai que j'ai écrit à cette occasion, De l'Intolérance, et que votre lecteur rappelle, j'ai pu à un moment quelconque, nier le génocide des juifs pendant la Seconde Guerre mondiale".

Il faut avoir une certaine pratique des textes de la secte faurissonnienne pour déceler les glissements qui permettent un tel aplomb dans le mensonge.

A lire, la troisième partie:

- "La vulgaire cabane du Struthof"…
- Karnoouh plagié par Le Pen!

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