|
"La
vulgaire cabane du Struthof"
|

|
|
|
Pierre
Guillaume évoque le climat
du procès de Robert
Faurisson dans La Vieille
taupe.
.
|
|
|
|
Claude
Karnoouh affirme qu'il n'a jamais nié le
génocide, mot auquel il
préférait jadis l'euphémisant
"massacre de masse". En effet, et nous lui en
donnons acte, il se contentait alors de nier le
moyen du génocide, les chambres à
gaz, comme le rappelle l'article du Monde de
juin 1980, et comme Karnoouh l'écrit en
toutes lettres dans l'essai qu'il signe
l'année suivante:
"Si
j'ai des réserves ou même de
franches oppositions avec Faurisson, elles ne
concernent pas les arguments techniques qu'il
fournit pour démontrer l'inexistence de
chambres à gaz mais deux problèmes
interdépendants: son estimation du nombre
des victimes et son interprétation du
nazisme" (in Intolérable
intolérance, page 120).
Il
donne une précision en évoquant la
seule chambre à gaz installée sur le
territoire français:
"De
même, tout le monde connaît la
vulgaire cabane du Struthof dont l'opinion
commune affirme qu'elle fut une chambre à
gaz! Pourquoi ne pas s'en tenir à la
stricte réalité qui est
déjà si terrifiante pour l'esprit"
(in Intolérable
intolérance, page 117).
Claude
Karnoouh va encore plus loin lorsqu'il
s'intéresse au Journal d'Anne Frank:
"Ce
faux n'est pas à mettre au compte du
respect des victimes mais, au contraire, il pue
les charognards qui se repaissent du malheur des
hommes pour en faire des drames à grand
spectacle" (in Intolérable
intolérance, page 119).
On
est loin, là, de la seule défense de
principe de la "liberté
d'expression"!
Claude Karnoouh se range devant les arguments de
Faurisson concernant "l'inexistence des chambres
à gaz", il qualifie de "vulgaire cabane" la
chambre à gaz installée en Alsace, au
Struthof, il qualifie le Journal d'Anne
Frank de "faux".
Et
il est piquant de constater que ce grand
défenseur de la "liberté
d'expression" s'empresse, lorsque ses propres
opinions sont simplement rappelées,
précisées, de brandir la menace d'un
"procès en diffamation". Claude Karnoouh
a pris tout le temps de réfléchir, de
se relire, avant de se lancer dans une action en
justice: notre article étant daté du
23 mars 2006, il avait jusqu'au 23 juin pour mettre
ses menaces à exécution. Rien n'est
venu, comme c'était prévisible. Force
est de constater qu'il ne s'agissait là que
d'un effet d'annonce pour tenter de troubler
l'opinion, en s'abritant derrière le sigle
CNRS, en profitant de ce qui reste de
réputation aux éditions du Temps des
Cerises
Il
suffisait à Claude Karnoouh de revenir sur
ses affirmations, de reconnaître la
réalité de la chambre à gaz du
Struthof, de celles qui équipèrent
les camps d'extermination situés en
Pologne, d'admettre la vérité du
Journal d'Anne Frank, surtout après la
minutieuse enquête scientifique menée
aux Pays-Bas et qui a réduit à
néant les délires antisémites
que Robert Faurisson enseignait à ses
étudiants lyonnais à la fin des
années 70. Il lui suffisait de se ranger du
côté de la raison.
Force est de constater que ce n'est pas la voie
qu'il a choisie.
Karnoouh
plagié par Le Pen!
Chacun
a encore en mémoire la sortie haineuse de
Jean-Marie Le Pen, le 13 septembre 1987, qui
valut au guide borgne du Front National de fortes
condamnations pénales:
"Je
suis passionné par l'histoire de la
Seconde Guerre mondiale. Je me pose un certain
nombre de questions. Je ne dis pas que les
chambres à gaz n'ont pas existé.
Je n'ai pas pu moi-même en voir. Je n'ai
pas étudié spécialement la
question. Mais je crois que c'est un point de
détail de l'histoire de la Seconde Guerre
mondiale".
Une
lecture attentive du livre Intolérable
intolérance de Claude Karnoouh,
publié en collaboration avec l'avocat du
Front National Eric Delcroix, montre que le chef du
parti frontiste se plonge dans la prose des auteurs
révisionnistes estampillés "CNRS"
puisque, à la page 104 de l'article de
Claude Karnoouh, on trouve ce passage
sidérant qui date de 1981, soit six
années avant le scandale provoqué par
Le Pen:
"Deux
phénomènes traités par
Faurisson et les 'révisionnistes'
semblent déclencher les foudres des
idéologues sionistes. Le nombre des
victimes dues à la terreur nazie et les
chambres à gaz comme instrument de la
mise à mort. N'étant pas
spécialiste de cette période de
l'histoire récente, je me garderai bien
de traiter ce problème par le
détail".
Tout est dit.
Le
"poète" Francis Combes aura-t-il le courage,
l'honnêteté, d'en tirer les
conclusions, de reconnaître qu'il a
souillé le catalogue de sa maison
d'édition en y accueillant un auteur qui n'a
de cesse de dissimuler un passé
nauséeux?
Les
dégâts sont hélas
irrémédiables. En feuilletant le
catalogue du Temps des cerises, on peut voir une
sinistre ironie dans le voisinage de l'ouvrage
de Claude Karnoouh avec ceux de Roger Garaudy sur
l'Union soviétique et de son ami Joseph
Staline.
Mais
on se dit que le déporté Pierre
Durand, le résistant allemand Gerhard
Léo, que les militants anticolonialistes
Henri Alleg, Henri Martin ou Alban Liechti ne
méritent pas une telle
promiscuité.
L'intégralité
de l'article est
disponible en version html dans l'espace
abonnés,
et
en version PDF dans notre journal n°72.
Abonnez-vous!
-
Première
partie
-
Faurisson: "Merci Karnoouh, Rittersporn, Thion et
les autres
"
- Chiche?
- "La vulgaire cabane du Struthof"
-
Karnoouh plagié par Le Pen!
|