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Dieudonné,
Confiant: Un antisémitisme nommable Par
Bolya, écrivain congolais * Lundi
8 janvier 2007 |
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le dossier "Menaces
fascistes" Les masques tombent L'écrivain martiniquais Raphaël Confiant vient de prendre la défense de "l'humoriste" Dieudonné au nom d'un anti-colonialisme scabreux. En empruntant une rhétorique imprécatoire, dans la pire tradition de l'extrême-droite des années trente, celle de Louis Ferdinand Céline. Ainsi martèle-t-il dans cette même veine judéophobe: "Dieudonné serait le grand prêtre d'une toute nouvelle secte, celle des antisémites Nègres. Son rapprochement avec Le Pen s'expliquerait donc par une détestation des Juifs". (Le Monde, 2 décembre 2006) Pour Confiant, la présence de Dieudonné à la fête "Bleu Blanc Rouge" était fortuite. Tout comme l'était, certainement, celle d'une délégation du Front National conduite par Jany Le Pen, l'épouse du chef et Bruno Gollinisch, numéro deux du parti frontiste, au spectacle parisien de Dieudonné. Fortuite aussi, la déclaration de Jean-Marie Le Pen à propos de cette même soirée: l'antisémitisme "ça peut être drôle" (Le Monde, 23 décembre 2006). Les passerelles entre Dieudonné et l'extrême droite sont de plus en plus avérées. Quant à Raphaël Confiant, il explique dans sa prose haineuse que la nouvelle proximité entre Dieudonné et Le Pen aurait deux causes principales. D'une part, elle serait "liée à sa personne à son être métis (père africain, mère blanche)" et d'autre part, elle serait "liée à ces gens qu'il est interdit de nommer. Il a été partenaire de scène de l'un d'eux pendant une quinzaine d'années". Il s'agit bien sûr d'Elie Semoun dont il se refuse à écrire le nom puisque selon lui "la loi interdit de nommer et la nationalité et la religion". Avec cette conséquence, bannir le mot "juif": "dans ce papier, je les désignerais donc sous le nom d'Innommables". (Le Monde, 2 décembre 2006). En fait, Dieudonné et Raphaël Confiant participent à la stratégie d'insertion de Le Pend dans le jeu politique ordinaire, à la banalisation du Mal Absolu, la barbarie nazie. Une tentation négationniste obsessionnelle Le refus de nommer et le recours à l'insinuation font partie des procédés rhétoriques de tous les antisémites. Ces derniers excellent, on le sait, dans le maniement du sous-entendu, du non-dit (c'est-à-dire ici de désigner sans nommer, en stigmatisant) afin de contourner la législation qui réprime les crimes d'incitation à la haine raciale, l'apologie ou la négation des génocides et des crimes contre l'humanité. Cette stratégie de l'insinuation n'est cependant pas exempte de dérapages comme l'illustrent les braillements à connotations antisémites et racialistes de type célinien de Raphaël Confiant. Il assène: "malaise d'abord, quant au nom d'un prétendu" crime contre l'humanités ", on veut me faire endosser l'Inquisition, les pogroms, la rafle du Vel' d'Hiv et la Shoah (Le Monde, 9 décembre 2006). Et d'ajouter dans son délire: "la notion de crime contre l'humanité relève, à mon sens de l'escroquerie intellectuelle". On retrouve là l'invariant de tous les antisémitismes: l'Abjection des Juifs. Une abjection si bien décortiquée par Julia Kristéva dans son essai sur Louis-Ferdinand Céline. Abjection de l'Autre qui est le propre de tous les racismes. Abjection d'Autrui qui est la matrice idéologique de l'extrême droite, lepéniste ou pas. L'abjection fonctionne toujours avec l'obscène. Les sketches de Dieudonné participent de cette obscénité. De même, Raphaël Confiant utilise à fond lui aussi ce registre de l'obscène. Il écrit dans le Monde du 9 décembre 2006: "... il y a un énorme malaise lié à cette notion fallacieuse de 'crime contre l'humanité' qu'on cherche à nous faire gober par tous les moyens". C'est là une variante du vieux thème du complot juif, arme de communication de tous les antisémites. Dans sa dérive, Confiant affirme que les droits de l'homme, la démocratie et la notion de crime contre l'humanité relèvent du "fallacieux". A cette aune, le génocide arménien, la destruction des Juifs par les nazis, le génocide des Tutsis au Rwanda, sont "fallacieux". Que dire alors des crimes sexuels de masse contre les femmes que ce soit à Sebrénica ou au Rwanda, des actes considérés comme crimes contre l'humanité depuis l'arrêt Akayesu de 1998 du Tribunal pénal International pour le Rwanda (voir notre édition du 24.11.2003). A lire, mercredi 10 janvier, la deuxième partie: "Un anticolonialisme raciste et nauséabond" Nous publions cet article de Bolya en deux parties. L'intégralité de cet article est disponible dans l'espace abonnés. En voici le sommaire: -
Les masques tombent
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