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Lyon III rompt avec Gollnisch. Le rapport Rousso désavoué

Jeudi 14 octobre 2004



Depuis le 16 mars 2004, la validité de la candidature Gollnisch au Conseil régional est à l'étude en préfecture et en mairie. Il serait temps que l'Université Lyon III déclare qu'elle n'a pas offert de planque électorale au professeur dont elle exige aujourd'hui la suspension.
Lire notre article "Régionales: vers l'invalidation de Bruno Gollnisch? Le préfet s'intéresse au domicile fictif du candidat FN..."
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- I - L'affaire Jean Plantin, le bébé éprouvette du négationnisme
- 2 -
L'affaire François Robert, l'ingénieux du CNRS
- 3 -
L'affaire Goulven Pennaod, le druide nazi de Lyon III
- 4 -
L'affaire Bernard Lugan, le professeur fouetteur de Lyon III
- 5 -
L'affaire Alexis Carrel, les chambres à gaz honorées par la Faculté
- 6 -
L'affaire Bernard Notin, l'antisémite suspendu
- 7 -
L'affaire des frères Lumière, ou le cinéma sans conscience
- 8 -
L'affaire Abdelhamid Bdioui, un doctorat antisémite à Lyon III
- 9 -
L'affaire Henri Roques, les Lyonnais débarquent à Nantes
- 10 -
L'affaire Robert Faurisson, faux et usage de faux
Tout le dossier "Négationnistes: les Eichmann de papier

L
a décision de la présidence de l'université Lyon III de demander au ministre de l'Education la suspension de Bruno Gollnisch de ses responsabilités d'enseignant est le premier signe tangible d'un changement d'attitude vis-à-vis des militants de l'extrême-droite négationniste qui ont, depuis de très longues années, pris en otage la réputation de cette université. Dans le même temps, le recteur d'académie de Lyon a décidé de saisir la section disciplinaire, et dépassant le simple cadre régional il considère que: "L'université française joue très gros sur cette question, elle joue son honneur et je serai très vigilant".

Le Cercle Marc Bloch prend acte de cette évolution et de la détermination affichée par les instances universitaires qu'il n'a cessé d'alerter depuis dix ans. Qu'il s'agisse par exemple de l'affaire du doctorat antisémite attribué à Bdioui par un jury cornaqué par Bernard Lugan, de la maîtrise et du DEA de même nature octroyés à Jean Plantin par les "insoupçonnables" professeurs Ladous et Lequin. Au cœur de ses déclarations mettant en doute l'existence des chambres à gaz, Bruno Gollnisch a tenu à revendiquer son amitié pour l'éditeur négationniste de la revue Tabou, à affirmer qu'il était abonné à ses publications, à révéler que Jean Plantin, de tout temps acoquiné à Robert Faurisson, était son hôte régulier au restaurant du Conseil Régional.

La demande de sanctions ministérielles constitue également une critique implicite aux conclusions du rapport Rousso pour lequel il fallait aller vers la résolution des problèmes négationnistes: "en essayant de les circonscrire dans un premier temps au sein de l'université, et en évitant, au moins le temps d'éclaircir les faits ou les enjeux, les effets de scandale ou la pression extérieure. Ce serait une manière de respecter ainsi le principe d'autonomie avant de s'en remettre immédiatement à l'Etat ou de dépendre de lui pour trouver la solution tout en prenant acte des nouvelles exigences qui s'adressent aujourd'hui à l'Université". Le ministre de l'Education avait lui-même ruiné le travail de la commission d'historiens en exigeant des sanctions à l'égard de Bruno Gollnisch dans les heures qui ont suivi sa provocation négationniste.

C'est tout simplement que chacun a pris la mesure que cette offensive ne concernait pas le monde universitaire mais la société toute entière. Ainsi, les associations antiracistes ainsi que de nombreux responsables politiques demandent au Parlement Européen de se prononcer sur le cas Gollnisch, certains évoquent la levée de son immunité parlementaire. S'agissant des fonctions électives de Bruno Gollnisch, il faut d'ailleurs rappeler que l'Université Lyon III porte une responsabilité dans la présence du numéro 2bis du Front National au Conseil Régional.

En effet, pour se présenter, Bruno Gollnisch a fourni comme adresse personnelle le 74 de la rue Pasteur, à Lyon, qui n'est autre que le siège de l'Université Lyon III (voir notre édition du 20.03.2004). Cette utilisation d'un domicile de complaisance est constitutive d'une fraude lourdement punie par l'article L 88 du Code électoral. Interpellé à ce sujet après que le préfet du Rhône ait été saisi de cette affaire, Bruno Gollnisch répondait le 19 mars 2004 aux journalistes de la chaîne locale Télé Lyon Métropole que sa domiciliation était légale "puisque c'est le seul endroit ou le recteur et le ministre de l'éducation peuvent me joindre"!

Il semble aujourd'hui que l'un et l'autre soient disposés à couper la ligne directe.









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