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Par
Arnaud Nanta, université Paris
VII
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Tokyo,
vendredi 4 janvier 2002
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Le magazine Shokun! (Camarades!)
titre sur La fiction du "massacre de
Nankin". En première page, le
portrait du négationniste Kitamura
Minoru, professeur à
l'université Ritsumeikan de
Kyôto dans laquelle est intervenu,
le 18 décembre 2001, le philosophe
Giorgio Agamben auteur, entre autres, de
Ce qui nous reste
d'Auschwitz.
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Giorgio
Agamben (Univ. de Vérone, philosophie), un
des penseurs les plus importants de ce tournant de
siècles, s'est rendu au Japon à la
fin de l'année 2001 à Kyôto en
compagnie de Martha C. Nussbaum (Univ. de Chicago,
droit et éthique), dans le cadre d'un
symposium à Kyôto. Le symposium
"L'éthique peut-elle se dresser dans une
société citoyenne en crise?"
(kikiteki shimin shakai ni rinri wa naritachiuru
ka?) a eu lieu le 18 décembre, à
l'Université Ritsumeikan. Cette prestigieuse
université fêtait ses 130 ans
l'année dernière. Les ouvrages
majeurs de Giorgio Agamben, Moyens sans fins, Ce
qui nous reste d'Auschwitz et Homo Sacer
viennent d'être traduits en japonais et sont
en cours de publication (1). Le philosophe italien,
devenu célèbre pour sa
réfléxion sur la nature du pouvoir
souverain et sur l'essence des camps de
concentration nazis est intervenu le 18
décembre sur le sujet "Guerre civile et
démocratie".
Au
Japon, le négationnisme est toujours plus
actif: négation du Massacre de Nankin (1937,
300.000 morts civils (2)) et négation des
"femmes de réconforts" (quelques 200.000
asiatiques qui servirent dans les bordels de
l'armée impériale durant la seconde
Guerre Mondiale). L'ensemble des groupes
négationnistes se sont réunis autour
du "Comité pour la rédaction de
nouveaux manuels d'histoire" (Atarashii rekishi
kyôkasho o tsukuru kai), constitué
en janvier 1997 autour du germaniste NISHIO Kanji.
Consécutivement à l'échec de
la diffusion de ses manuels d'histoire pour le
collège cet été 2001, le
"Comité" est rentré dans une phase
plus dure. Certains comme HATOYAMA Yukio, le
porte-parole du Parti Démocrate
(Minshutô), souhaitent que le
"Comité" se transforme en parti politique.
Cet automne a été marqué par
la publication et l'exposition (qui est libre au
Japon, de la même façon qu'aux
Etats-Unis) de nombreux ouvrages, dont: La
Morale de la Nation de NISHIBE Susumu,
transfuge de l'extrême-gauche et un des
principaux idéologues du "Comité"(3);
L'Education de la Nation de WATANABE
Shôichi, un des plus féroces
anti-démocrates et anti-féministes
japonais; ou encore du manga Théorie de
la Guerre II de KOBAYASHI Yoshinori
(4).
Le
début de l'hiver marque une montée de
l'agression révisionniste: le numéro
de décembre de la revue Shokun!
(Camarades!) titre, c'est une première,
en rouge:
Découverte!!
De nouvelles archives le démontrent:
LA FICTION DU "MASSACRE DE NANKIN"(5)
La
revue d'extrême-droite Shokun!, dans
laquelle NISHIO K., le président du
"Comité", écrit quasiment tous les
mois, en décembre dernier ne faisant pas
exception, n'est jamais allé aussi loin
depuis son numéro spécial de
février 2001 sur "L'Affaire de Nankin". Les
"nouvelles archives" présentées dans
le numéro de décembre sont issus de
l'ouvrage négationniste: Investigation
sur "l'Affaire de Nankin", de KITAMURA Minoru
(6), justement professeur à
l'Université Ritsumeikan de Kyôto
où s'est rendu le philosophe Giorgio Agamben
à la fin de l'année! Quel plus
mauvais concours de circonstances aurait-on pu
imaginer? Mais, où que se fut rendu Agamben
il aurait rencontré les
négationnistes, car les "deux camps", comme
on dit ici, sont en présence dans toutes les
universités japonaises.
KITAMURA
est interviewé dans Shokun! par la
journaliste conservatrice SAKURAI Yoshiko. SAKURAI
traitait justement deux mois plus tôt de la
"Réalité de l'attaque de Pearl
Harbor" en compagnie de TAKUBO Tadae du
"Comité" ainsi que du journaliste
américain Robert B. STINNETT, au sujet de
l'ouvrage de ce dernier: The Day of Deceit - The
truth about FDR and Pearl Harbour (7). B.
STINNETT tenait d'ailleurs àpréciser
aux lecteurs qu'il n'était "pas
révisionniste(8)". Il importe surtout de
saisir comment le discours conspirationniste de cet
anti-Roosevelt est instrumentalisé par la
droite japonaise la plus dure (9).
Dans
le cadre de cette interview de décembre, le
professeur KITAMURA M. présente son ouvrage:
Investigation sur "l'Affaire de Nankin".
L'éditeur de l'ouvrage est le même que
celui de la revue: Bungei shunjû. Le titre de
l'article est évocateur:
La
fiction du "massacre de Nankin" - Timperley, le
reporter du journal de langue anglaise qui avait
rapporté en premier la nouvelle du
"massacre" au monde était un agent de
propagande du Kouo'min-Tang! (10) [le
Parti National de Tchang Kai-chek, qui mena la
guerre civile contre le P.C.C. (Parti Communiste
Chinois) jusqu'en 1949 avant de fuir à
Taiwan].
H.J.
Timperley, le journaliste en question, avait fait
passer au début 1938 un article dans le
Manchester Guardian, au sujet des exactions
de l'armée japonaise. Puis il avait
publié l'ouvrage WHAT WAR MEANS: The
japanese Terror in China en juillet 1938. Ce
sont ces textes, considérés comme les
clefs de voûte de la "fiction de Nankin", qui
sont remis en question ici. KITAMURA
considère que l'invalidation de ce
témoignage rendra caduque ce qu'il nomme
"l'Affaire de Nankin". Ici, cinq facteurs
fondamentaux du mode discursif des
négationnistes sont à l'uvre:
-
la théorie du complot (anti-japonais)
- le discrédit des
témoignages individuels
- l'impossibilité physique du
massacre
- la recherche du détail
erronné et la
généralisation à partir de
celui-ci
- la discussion sur les chiffres, qui
sont considérés comme explicatifs
de l'essence du phénomène
(massacre prémédité, ou
bien accrochage de guerre devant être
expliqué autrement).
Devons-nous
rappeler que ce pentacle argumentationnel est
exactement le même que celui utilisé
par Robert Faurisson quand il niait l'existence des
chambres à gaz nazies? (11) Nous ne
discuterons pas ici de la validité de ce
discours, mais présenterons le raisonnement
du professeur KITAMURA, alors qu'il répond
à l'interview. Il est important de saisir
ces constantes discursives qui existent entre le
négationnisme français et le
négationnisme japonais, qui semble se
nourrir du premier. KITAMURA présente
d'abord le point de départ de son
"investigation" comme suit. Tout d'abord, Timperley
est au centre du schéma: sans lui il n'y a
pas de Massacre de Nankin:
Il
a fait connaître en premier l'Affaire de
Nankin au monde et [...] c'est un
personnage-clef de mon ouvrage. (12)
Seulement,
il se trouve que ce journaliste, loin d'être
neutre, aurait été "en
réalité" un agent du Kouo'ming Tang,
chargé de répandre de fausses
informations. KITAMURA est le premier a avoir "mis
a jour cette vérité" (SAKURAI).
KITAMURA note ensuite:
Dans
le second volume de [l'ouvrage] La
guerre Sino-Japonaise, Recueil d'archives sur le
Massacre de Nankin" compilé par
l'exterminationniste HORA Tomio, volume qui
concerne les documents en anglais (Ed. Aoki
Shoten), [...] dans la partie sur
Timperley il n'est fait aucune mention au fait
que son ouvrage avait été
publié par l'éditeur
d'extrême-gauche Gollancz, dans une
série intitulée "Left Books
Club" (qui signifie "club d'ouvrages
d'extrême-gauche"). De même, bien
sûr, il n'est pas non plus indiqué
que celui-ci avait des rapports avec le
Kouo'ming Tang, dont il était un agent.
(13)
Après
que KITAMURA ait mentionné des liens entre
TIMPERLEY et le Bureau de Propagande Internationale
du Kouo'ming Tang, la journaliste SAKURAI conclut
cette partie à la manière d'une
personne à qui serait
révélée une
conspiration anti-japonaise:
Et
c'est ainsi qu'a été construit ce
récit afin de faire tenir au Japon le
rôle du mauvais absolu. Nous apprenons
[avec votre livre] une
vérité totalement incroyable.
(14)
Ainsi,
l'origine première de la diffusion de
l'information du Massacre est d'abord
assimilée à la réalité
du Massacre lui-même, saisi en entier, puis
cette information originelle est niée afin
de nier le Massacre. Comme si la négation
d'une archive relative à un fait historique
était une condition suffisante pour nier la
réalité de ce fait
historique!
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Une des nombreuses publications
révisionnistes japonaises:
"Investigation sur l'Affaire de Nankin,
à la recherche de la
vérité".
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Pour
ce qui concerne les témoins, KITAMURA
enchaîne sur une explication terminologique.
La compilation d'archives en langue anglaise
sus-mentionnée ne serait pas correctement
traduite en japonais:
Dans
l'ouvrage compilé par HORA et les autres
exterminationnistes, le mot [anglais]
"exécution" [shokei] est
traduit par "massacre"
[gyakusatsu]. De la même
façon, "observe" est
systématiquement traduit par "avoir
été témoin"
[mokugeki], et cela est vraiment
étrange. Normalement, "observe"
devrait être traduit par "observer"
[kansatsu], car sinon on peut
commettre une erreur d'interprétation et
croire que tous les témoignages des
Occidentaux qui ont été
enregistrés corresponderaient à
des "témoignages oculaires, vus de leurs
propres yeux". (15)
[NOTE:
en japonais "kansatsu / kansatsu suru"
signifie "observation / observer", au sens de
"mener une enquête" , de "considérer
un phénomène", et implique une
intentionnalité; il s'agit du sens
scientifique des verbes "to observe" et
"observer", verbes qui peuvent aussi signifier en
anglais et en français "avoir vu", "avoir
remarqué"].
On
comprend ici comment KITAMURA essaie de distinguer
entre les différentes archives, celles
a-priori valables, et celles qui doivent être
éliminées d'office. Les discussions
terminologiques relatives aux traductions sont
omniprésentes dans son livre. D'autre part,
KITAMURA consacre tout son 3e chapitre à la
question des "témoins" et des "survivants"
d'une part, et à la question des "archives
erronées" d'autre part (16). KITAMURA
poursuit, expliquant à la journaliste
convaincue que les témoignages
invoqués par les "exterminationnistes" sont
trop nombreux : il est nécessaire de les
expliquer autrement.
Par
exemple, dans les Archives de l'Enclave de
Sécurité de Nankin, texte
considéré comme ayant
rapporté de façon objective la
situation sur place après la chute de la
ville, une très importante partie des
rapports est constituée de traductions en
anglais de collaborateurs chinois anonymes
[collaborateurs des Occidentaux,
nda]. Faire de tous ceux-là des
"témoignages oculaires" serait vraiment
aller trop loin. D'ailleurs, Timperley, pour
désigner de ce qu'il a vu lui-même,
n'emploit pas le terme "observe", mais le
terme "witness". (17)
Ayant
ainsi opéré une distinction entre
ceux qui sont classés sous "observe"
et les vrais témoignages oculaires qui
devraient être mentionnés par le terme
"witness" (comme le fait "correctement"
TIMPERLEY, selon KITAMURA qui brusquement se met
à affirmer que le rapport du journaliste
anglais est valable), KITAMURA critique l'histoire
de "l'Affaire de Nankin" d'un manière
générale. Si toute l'historiographie
de "l'Affaire" est erronée, c'est avant tout
car elle a été établie par les
nationalistes chinois, puis figée par
communistes après 1949.
Originellement,
du côté chinois, étant
donné que l'histoire de l'Affaire de
Nankin date de l'époque du Kouo'ming Tang
, il sera malaisé de dire que cette
question a été bien traitée
[par le P.C.C.]. De la même
façon, [le discours tel que] la
guerre de résistance contre le Japon n'a
été le fait que du Parti
Communiste a consitué jusqu'nos jours l'
"Histoire Officielle" [seishi].
Traiter d'éventuels dommages
infligés par des Chinois à Nankin
aura pu laisser penser que le Kouo'ming Tang
avait lui aussi participé aux
hostilités [contre les
Japonais].
Aussi
selon KITAMURA, des troupes chinoises (les
nationalistes du Kouo'ming Tang) auraient aussi
été présentes. Il convient
ici, selon lui, de combattre un dogme, celui de l'
"Histoire Officielle", écrite et
enseignée unilatéralement par les
gouvernements chinois et japonais: la
"Vérité" doit triompher du "Mythe
exterminationniste" élaboré par les
vainqueurs de 1945 au Tribunal Militaire
International de Tôkyô.
KITAMURA
en vient enfin au chiffrage des morts, censé
déterminer la nature de
l'évènement. Tout d'abord, et il faut
souligner fortement ce point récurrent dans
le discours négationniste japonais:
l'absolutisation du crime nazi. KITAMURA et
SAKURAI, ainsi que la majeure partie des membres du
"Comité" affirment la réalité
de la Shoah, ceci afin de relativiser les "crimes
de guerre" japonais qui n'ont pas la même
nature. Ce point est sans cesse rappelé par
NISHIO, le président du "Comité"
(18). SAKURAI cite ainsi un manuel d'histoire (non
nommé, source imprécise
(19)):
Il
est écrit par exemple: "Après
avoir pris possession de Nankin, l'armée
d'invasion japonaise se livra durant six
semaines et en toute impunité à un
grand massacre [daigyakusatsu] sur les
civils de la ville. [...] Les Chinois
tués lors de ce grand massacre par
l'armée japonaise à Nankin
s'élèveraient à 300.000
personnes". Aussi, cela est totalement
différent d'un massacre
[gyakusatsu], comme entendu par le
mot [anglais] "massacre".
Autrement-dit, le massacre des juifs par
l'Allemagne et l'Affaire de Nankin sont des
évènements d'une dimension
totalement différente. (20)
Ici,
l'aspect quantitatif de l'évènement
(le chiffre des morts) est mis en avant dans la
discussion pour conclure sur son aspect qualitatif
(massacre ou bien affrontement). Dès lors
que ce mode argumentatif est accepté,
l'évènement devient insignifiant.
300.000 morts, ne pèsent plus très
lourd... Cependant, KITAMURA est loin de
s'arrêter à cette étape. Il
faut maintenant minimiser le chiffrage des morts,
et c'est ce qu'il fait dans le 4ème chapitre
de son ouvrage: La mise en place de la
"théorie exterminationniste des 300.000"
(21). Il faut rappeler que durant toute la
décénnie 1990, FUJIOKA Nobukatsu, le
numéro 2 du "Comité", a
développé un argumentaire relatif aux
chiffres du Massacre de Nankin, jonglant avec les
différents rapports des zones des la ville
pour faire disparaître ces chiffres si
dérangeants (22). KITAMURA va plus loin, en
niant totalement qu'il se soit passé quelque
chose à Nankin:
En
réalité, même Timperley ne
fait pas mention dans son livre d'un massacre
systématique sous cette forme. De plus,
il n'utilise pas le mot
"massacre".[...] "Si 3.000 civils
sont tués, quand on est du
côté des victimes on ressent cela
comme un massacre" a noté KATÔ
Kôichi en 1992, alors Secrétaire
d'État et en voyage en Chine à
propos de la question des femmes de
réconforts, et je pense que c'est comme
cela qu'il faut voir les choses. (23)
Le
professeur ne donne pas de chiffres ici, mais la
journaliste SAKURAI juge "qu'il y a eu bien moins
de 10.000 morts chinois, parmi ceux que l'on dit
avoir été tués par
l'armée japonaise (24)". Des chiffres
apparaissent néanmoins dans son ouvrage:
KITAMURA y hésite entre deux
hypothèses, variant de 2.400 morts à
12.000 morts (25).
KITAMURA
conclut son interview à Shokun! sur
ces mots:
On
comprend facilement que les Chinois, qui ont
subis des dommages physiques et matériels
durant l'occupation de la Chine et de par les
combats, possèdent une "mémoire
émotionnelle" et aient ainsi du
ressentiment face aux Japonais. Mais nous, nous
ne cherchons qu'à affirmer la
Vérité, rien de plus.
(26)
En
publiant cette couverture et cet article, et en
insistant de plus en plus sur la question de la
seconde guerre mondiale depuis la campagne du
"Comité pour la rédaction de nouveaux
manuels d'histoire", le magazine Shokun! a
clairement démontré ses positions
négationnistes, qui le placent
structurellement à côté des
Annales d'Histoire Révisionniste
publiées à Paris jusqu'en 1990. Le
livre de KITAMURA a peine publié, il suffit
de rentrer le mot-clef "Timperley" sur internet
pour qu'apparaissent des dizaines de sites
négationnistes qui s'appuient sur l'ouvrage
du professeur. D'autre part, les similitudes et
constantes du discours négationniste
international doivent nous rappeler les limites de
ce dispositif d'une part, et nous faire saisir
à nouveau la récurrence de cette
idée fixe que représente la
ré-interprétation de la Guerre pour
les négationnistes.
Notes:
-1-
Moyens sans fins: Jinken o koete
(Au-delà des droits de l'homme), trad.
TAKAKUWA Kazumi, Ibun-sha, Tôkyô, 2001;
Ce qui nous reste d'Auschwitz: Aushubittsu no
nokorimono, trad. MURAKAMI
Tadao,Tôkyô, Getsuyô-sha, 2001;
Homo sacer: Homo sakeru, trad. TAKAKUWA
Kazumi, Ibun-sha, sortie prévue printemps
2001.
-2- Ce chiffre est probablement
exagéré, et, comme dans le cas du
génocide nazi, cette exagération a
constitué le point de départ du
"questionnement" révisionniste japonais.
-3- NISHIBE Susumu (né en 1939,
ancien professeur en économie
théorique à l'Université de
Tokyo) était aux côtés de
KARATANI Kôjin, un des penseurs de gauche
japonais actuels majeurs, en 1968. Après
avoir opéré sa conversion à
l'extrême-droite, il s'est chargé
d'intégrer dans le discours
négationniste une argumentation issue de la
théorie dite post-moderniste en histoire,
prônant notamment le relativisme absolu du
fait que l'histoire ne pourrait prétendre
à l'exactitude scientifique et ne peut
être comprise que du point de vue de l'acteur
- témoin.
-4- NISHIBE Susumu, Kokumin no
Dôtoku, Fusô-sha, 2001; WATANABE
Shôichi, Kokumin no Kyôiku,
Fusô-sha, nov. 2001; KOBAYASHI Yoshinori,
Sensô-ron II, Gentô-sha,
Tôkyô, nov. 2001.
-5- Shokun!, numéro de janvier
2002 (la date des numéros est en avance d'un
mois).
-6- KITAMURA Minoru, "Nankin jiken" no
tankyû, Bungei shunjû (Bunshun),
Tôkyô, nov. 2001. Bungei shunjû
est un important éditeur de droite, voir
d'extrême-droite, publiant beaucoup
d'ouvrages de lettres. KITAMURA M.: né 1948,
docteur en droit, enseigne l'histoire chinoise
moderne et contemporaine.
-7- Shokun!, numéro de sept.
2001. R. B. STINNETT, The Free Press, N.Y.
2000.
-8- Ibid. p.143.
-9- B. STINNETT explique dans son ouvrage
comment Théodore Roosevelt avait non
seulement eu connaissance de l'attaque japonaise
imminente et n'aurait pas agi (afin de tourner le
Congrès en faveur de l'entrée en
guerre en Asie et en Europe), mais aurait sciemment
"provoqué" l'agression japonaise par un plan
commun réalisée avec la Hollande et
la Grande-Bretagne.
-10- Shokun!, numéro de
janvier 2002, p.26.
-11- On se reportera aux études:
Collectif, Négationnistes: les
chiffonniers de l'histoire, Éd.
Syllepse-Golias, Paris, 1997; Valérie
Igounet, Histoire du négationnisme en
France, Seuil, Paris, 2000.
-12- Op. cit.
-13- Ibid. p.27. HORA Tomio
était alors professeur à
l'Université Waseda, à
Tôkyô. Il s'agit de: HORA Tomio (dir.),
Nicchû sensô, nankin daigyakusatsu
jiken shiryô-shû, Aoki Shoten,
Tôkyô, 1985. On remarquera l'emploi du
mot "exterminationniste"
[gyakusatsu-ha], qui est exactement
le mot employé en Europe par les
"révisionnistes" pour désigner leurs
adversaires.
-14- Ibid. p.28
-15- Ibid. p.27. En anglais dans le
texte.
-16- Investigation sur "l'Affaire de
Nankin", op. cit., chap.III: Ensemble des
problèmes concernant les archives et
arguments, pp.116-140.
-17- Shokun!, janvier 2001,
ibid. En anglais dans le texte.
-18- L'antisémitisme japonais est
pourtant réel au sein de
l'extrême-droite, mais sans-cesse nié,
et quasiment toujours absent du discours de groupes
comme le "Comité".
-19- A la vu du vocabulaire employé,
à notre avis, il semblerait que SAKURAI cite
des fragments d'un manuel chinois qu'elle aurait
traduits en japonais.
-20- Ibid. p.31.
-21- Op. cit. pp.141-191.
-22- Par un jeu de chiffres très
prisé par KOBAYASHI et FUJIOKA, qui consiste
à ne tenir compte que des données de
l'enclave de sécurité de la S.D.N.;
Nankin était alors divisée en trois
zones: le château, la ville et les faubourgs
qui représentaient l'énorme
majorité de l'agglomération.
L'enclave de sécurité de la S.D.N
était constituée du château et
de la ville -soit une infime partie de Nankin- dont
la population passa de 200.000 à 250.000
personnes en 1 mois, les habitants des faubourgs
fuyant les massacres; voir aussi: Kobayashi
Yoshinori, Sensôron, Gentôsha,
1998, pp.44-45.
-23- Shokun!, janvier 2001,
ibid. p.34.
-24- Ibid. p.26.
-25- Investigation..., op. cit.
pp.164-170.
-26- Shokun!, janvier 2001,
ibid. p.35.
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