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Japon:
l'offensive des négateurs de
l'Histoire Par
Arnaud Nanta, doctorant à Paris
VII Tokyo,
vendredi 8 juin 2001 Troisième
partie: L'Histoire de la Nation: une
falsification à 600.000
exemplaires A) La mise en place des structures de rédaction et d'édition Concrétisant ses projets tels que formulés dans ses statuts (37), le Comité s'attèle à la rédaction d'un manuel d'histoire pour le secondaire (shakai-ka rekishikyôkasho) au tournant 1997-1998: en novembre 1997, le Comité annonce dans sa revue-organe Histoire (Shi) avoir trouvé un éditeur et un responsable de publication pour le manuel, respectivement le Sankei Shimbunsha et la Fusôsha (38). Le Sankei Shimbun annonce en janvier 1998 que le Comité (voir la première partie - paragraphe II) "a commencé le travail de rédaction du manuel pour le secondaire, en vue de l'homologation [pour l'exercice] suivant du Ministère de l'Education Nationale" (39). Le travail de rédaction consiste dès ce moment en deux tâches parallèles: -1- la rédaction du manuel proprement-dit est d'abord confiée à l'administrateur Sakamoto Takao (porte-parole du groupe de rédaction alors), mais la direction de la rédaction lui est retirée après discussion sur le premier brouillon présenté en conseil d'administration en février 2000. Le manuel est alors confié directement à Nishio K. et Fujioka N. (40) afin d'être entièrement ré-écrit. -2- La rédaction et la distribution d'un ouvrage jouant le rôle de "version pilote" du manuel. Cet ouvrage est L'Histoire de la Nation de Nishio K. mis en vente à la fin octobre 1999 (41).
Soi-disant vendu à 600.000 exemplaires avant le fin de l'année, 750.000 exemplaires en cinq mois, L'Histoire de la Nation de Nishio Kanji est présenté en avril 2000 dans Seiron (Le Discours Juste) comme un "best-seller" (c'est-à-dire juste avant la présentation du manuel à la Commission d'Homologation du Ministère de l'Education Nationale), le livre figurant de fait pendant plus de 2 mois en tête des charts des ventes en pleine crise du monde de l'édition. En réalité de miracle des ventes, il s'est déroulé un phénomène tout-à-fait étrange durant ces quelques mois: ce livre a été distribué gratuitement sur l'ensemble du pays par les sections locales du "Comité". Nous précisons que cette affaire soulève à l'heure actuelle de graves problèmes, cette distribution publicitaire allant à l'encontre des lois anti-monopoles et des lois sur la liberté de l'expression (qui comprennent les lois sur la diffamation) qui régissent toute l'activité de rédaction, de publication et de distribution au Japon. Le "Comité" se défend en invoquant qu'il n'a aucun rapport avec la rédaction de manuels scolaires, n'étant qu'un "groupe de réflexion consultatif" (hatsuisha) (42). Le Secrétaire Général du "Comité" Takamori Akinori a nié l'existence de toute directive allant dans ce sens à l'intention des sections locales (43), mais il faut noter qu'il ne le peut pas, du fait des lois régissant la publicité sur les manuels scolaires. Nous devons noter ici trois points: -1- La construction artificielle de ce "best-seller" va permettre au "Comité" de justifier son action par le "soutien fort de la nation", et ce juste au moment où le Ministère s'attèle à l'examen des différents manuscrits. -2- La somme estimée pour les achats groupées en librairie et les envois privés dépasse 100.000.000 yens, et l'on doit poser la question de la source de ces fonds. -3- Le point le plus important, comme il l'a été remarqué récemment, ces distributions et envois massifs sont révélateurs sur la nature réelle du "Comité". De fait, - sous le couvert d'une fictive "Association des Pères et des Mères qui Pensent à l'Education de leurs Enfants" (kodomo no kyôiku wo kangaeru fubo no kai (44)) - tous les envois ont clairement été effectués (date du tampon de la poste) entre le 2 (Ôsaka) et le 10 novembre (Tôkyô) 1999. Il ne s'agit donc pas d'un envoi réalisé "après l'avoir lu une fois" (ichidoku go) mais bien d'une opération planifiée à l'avance à l''échelle nationale afin que les livres soient envoyés dès leur mise en vente. Une telle opération, menée sur une si grande échelle (messages identiques partout) doit nous faire nous interroger sur la nature réelle de cette organisation. Toute
l'enquête Japon: l'offensive des
négateurs de l'Histoire sera
publiée en six parties. La
quatrième partie:
Les manuels scolaires pris en
otage. -37- Article 3: Ce comité se fixe pour
objectifs la rédaction de nouveaux manuels d'histoire
et d'instruction civique, et leur communication aux enfants
et élèves. -38- Histoire, novembre 1997.
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