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Aspects
actuels du négationnisme en Tunisie Cet
article a été publié dans le
numéro 43 des Enquêtes interdites
du 15 décembre 2003. Soutenez notre
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Ces derniers temps, la presse s'est fait l'écho du dérapage de l'humoriste Dieudonné, en direct, sur les écrans de France 3. Grimé en personnage de colon juif, il a évoqué un axe "américano-sioniste" avant de tendre le bras et de murmurer un "Israël" dépourvu de toute équivoque. Quelques semaines plus tôt, le théologien suisse Tariq Ramadan listait les juifs influents et n'hésitait pas à ajouter Pierre-André Taguieff (voir aussi notre édition du 08.03.2002), qui est avant tout de droite, à sa liste sous prétexte qu'il soutenait la politique de l'actuel gouvernement israëlien! Sans oublier la parution, sous la couverture d'un éditeur respectable, Balland, d'un texte violemment antisémite écrit par un collaborateur régulier du site de la Vieille Taupe dirigé par le plagiaire Serge Thion. L'auteur, Israël Shamir, avait pourtant été dénoncé très nettement par Ilan Halevi, conseiller de Yasser Arafat et représentant de l'OLP auprès de l'Internationale Socialiste. Qu'on en juge par cette déclaration du 28 mai 2003: "Qu'Israël Shamir, journaliste russo-israélien récemment converti au christianisme, et qui semble avoir, par la même occasion, basculé de l'antisionisme le plus radical à l'antijudaïsme chrétien le plus banal, reprenne ces inepties (celles des Protocoles des Sages de Sion) en accusant les Juifs d'avoir déclenché la Seconde guerre mondiale, voilà qui ne devrait tromper personne". Cette mise en garde n'a pas empêché Régine Deforges de prendre publiquement position, dans L'Humanité, pour le livre d'Israël Shamir (voir notre article Antisémitisme: la Bicyclette bleue déraille). Un article aujourd'hui nettoyé des archives télématiques du journal. De son côté, Dominique Vidal, rédacteur en chef du Monde Diplomatique écrivait le 12 avril 2003: "Certains diffusent via Internet des textes ouvertement antisémites, comme ceux de l'intellectuel juif russo-israélien Israël Shamir: ils ne peuvent, ce faisant, que susciter la réprobation générale et discréditer le combat pour le droit à l'autodétermination du peuple palestinien dont ils se réclament". La minutieuse analyse de Luiza Toscane qui se consacre depuis de longues années à la défense de la Tunisie opprimée, nous éclaire sur les liens innombrables qui unissent les différents groupes négationnistes, et sur le terreau fertile qu'ils trouvent en dévoyant la lutte palestinienne et la légitime réprobation que suscite la politique de la droite radicale israélienne aujourd'hui au pouvoir. Ce document nous permet également de mieux saisir le climat qui, en France, devient de plus en plus propice aux "dérapages", aux "glissements", aux "basculements". |
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Aspects actuels du négationnisme en Tunisie Pour
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réveille-toi! Antisémitisme:
la Bicyclette bleue
déraille La
Vieille Taupe creuse son trou chez les
islamistes
radicaux
L'affaire
Abdelhamid Bdioui, un doctorat
antisémite à Lyon
III Les courants négationnistes constitués dès la fin de la seconde guerre mondiale ont eu pour épicentre les nazis eux-mêmes qui ont tenté de détruire toutes les preuves de leurs crimes puis l'extrême droite européenne, et internationale. La doctrine de ces héritiers du national-socialisme varie peu depuis cinquante ans: les camps d'extermination seraient une invention des juifs, eux-mêmes responsables de la seconde guerre mondiale, les chambres à gaz n'auraient pas existé ou auraient eu un but "thérapeutique"; elles seraient la preuve d'un complot juif contre l'Allemagne. Dès le lendemain de la défaite allemande, ces thèses allaient fleurir sous la plume de Maurice Bardèche, chef de file du néo-nazisme français. En parallèle, un ancien communiste passé à la SFIO en 1934, Maurice Rassinier, a permis de faire le pont entre l'extrême droite et l'extrême gauche, synthèse achevée avec les écrits de Robert Faurisson, un universitaire un temps soutenu par Noam Chomsky, qui parachève la jonction vers le milieu des années 80 (...) La nébuleuse tunisienne dont il s'agit ici est sur-représentée en exil, mais ceci ne doit pas occulter le fait que le négationnisme tunisien est d'abord le fait de l'Etat tunisien, qui nie les crimes contre l'humanité qu'il perpétue, la torture et le viol et, comme dans tout processus négationniste, et selon un schéma désormais rôdé, tente de se faire passer pour la victime (de crimes terroristes). Le réseau tunisien ne fait que reprendre au sujet des Juifs les méthodes d'un pouvoir qu'il a beau jeu de décrier et dont il tente de se faire passer pour "opposant". Si les négationnistes tunisiens sont actifs sur le terrain où ils se posent en défenseurs des droits de l'homme ou des libertés, c'est pour mieux faire passer leur message (...) |
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