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Négationnisme: un rapport sauce lyonnaise...

Tout le dossier "Négationnistes, les Eichmann de papier"


Paris, mardi 2 juillet 2002


La une du rapport. Il est tellement "confidentiel" que ses auteurs n'osent même pas tout se dire !
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L
a machine à blanchir quelques uns des mandarins impliqués dans les dérives des universités Lyon 2 et Lyon III vient d'hériter d'un nouveau programme.

On se souvient que le principal scandale touchant ces deux lieux de transmission du savoir et de la mémoire avait pris le nom de son principal bénéficiaire, l'ex-étudiant Plantin. Cet éditeur négationniste, plusieurs fois condamné par la justice, a pu se prévaloir pendant une bonne dizaine d'années de deux diplômes. Une maîtrise d'histoire sur Paul Rassinier, l'un des initiateurs du négationnisme, puis un DEA sur les épidémies de typhus dans les camps nazis. Ces deux devoirs de troisième cycle, qui ouvraient grandes à Plantin les portes de l'éducation nationale, n'étaient pas, comme on pourrait le croire, des critiques de Rassinier ou des études objectives sur les causes de la mortalité dans les camps d'extermination et la volonté d'extermination raciale qui y présidait. Il s'agissait, en fait, de travaux d'approbation de Rassinier et d'appui aux délires faurissonniens attribuant principalement à la malnutrition et aux épidémies la responsabilité de la disparition de millions de juifs pendant la seconde guerre mondiale.

Deux professeurs se sont laissé aller à couronner Plantin. Le premier, Régis Ladous, arguait, pour sa défense, qu'il avait un jour signé un article anti-révisionniste dans Le Monde. La mention "Très Bien" qu'il avait accordée à Plantin était de l'ordre du gag disait-il... On sait aujourd'hui que ce professeur fréquentait assidûment le CESNUR (voir notre édition du 08.03.2002) et ne se privait pas d'écrire dans la revue Politica Hermetica où signaient également nombre de gens d'extrême-droite dont certains sont engagés dans le combat négationniste. La maîtrise de Plantin, qu'il accorda, pour rire, a fini par être annulée par les autorités universitaires sous la pression des associations, au premier rang desquelles figurent le Cercle Marc Bloch, Ras l'Front ou la direction nationale de SOS Racisme.

Le DEA sur le typhus, dirigé par le professeur Yves Lequin, fut accordé dans de mystérieuses circonstances, puisque le jury n'était pas complet et que la signature d'un absent figurait sur les documents... De plus, ce travail ne peut plus être consulté, le professeur Lequin ayant omis de l'"archiver". Il a été, à son tour, annulé par les autorités universitaires.

En décembre dernier, le groupe socialiste au Conseil municipal de Lyon demandait à ce que toute la lumière soit faite sur les faits de négationnisme. L'instance chargée de cet inventaire est le Conseil Lyonnais pour le Respect des Droits. Cette commission vient de rendre son "projet de rapport".

Ce texte de 36 pages, s'il brosse un tableau d'une partie, et d'une partie seulement, des offensives négationnistes ayant pour cadre l'université Lyon III, manque cruellement d'audace et de curiosité. Concernant la mansuétude de leurs collègues et de l'administration universitaire à l'égard des professeurs Ladous et Lequin, ses rédacteurs se contentent d'une phrase :

"Les enseignants n'auront jamais à s'expliquer devant la section disciplinaire de Lyon 2 et de Lyon 3".

Le problème, (et cela vaut pour l'ensemble des affaires lyonnaises), débute justement là où le Conseil pour le Respect des Droits a choisi de s'arrêter! Le travail systématique de Faurisson, de Notin, de Plantin, de Bdioui, de Pennaod, de Lugan, et de dizaines d'autres n'aurait pu se poursuivre pendant près de trente ans sans un réseau intense de complicités dans la hiérarchie universitaire et dans le monde politique.


Le Cercle marc Bloch édite une lettre régulière. Pour l'obtenir, il suffit d'envoyer un carnet de timbres (ou deux) au "Cercle Marc Bloch, BP 3059, Lyon Cedex 03".
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Le Cercle Marc Bloch, une association lyonnaise très active dans le travail d'information sur ces réseaux, a réagi immédiatement à la teneur du rapport en en soulignant les faiblesses, les insuffisances, les omissions. Il note par exemple qu'on ne peut comprendre pourquoi Lyon est devenue la "capitale du négationnisme français" si on ne prend en compte qu'une seule de ses universités, Lyon III, et qu'on ignore que le point de départ fut Lyon 2, avec les protections dont bénéficia, un temps très long, Robert Faurisson dès le milieu des années 70. Plus près de nous, l'affaire du financement d'une antenne de Lyon 2 par le groupe Sasakawa (voir notre édition du 22.03.2002) est délibérément écartée:

"Lyon III n'apparaît que comme un fait isolé, et dans cet isolat, une "petite minorité" peut faire la loi sans qu'on sache pourquoi. Il est impossible de comprendre la situation sans aborder la question des modes de fonctionnement universitaires : le corporatisme qui anesthésie le milieu, et le mandarinat qui le régit. Ce que refuse absolument de faire le rapport".

Le Cercle Marc Bloch conclut:

"Pour notre part, nous aurions souhaité que la municipalité de Lyon puisse prendre appui sur un document irréprochable et nous tenons notre documentation très complète à la disposition de tous".

Michel Leiris avait coutume de dire: "Contrairement à ce que l'on croit, il ne faut pas 'noircir du papier', il faut l'éclairer". Nôtre publication se tient donc à la disposition des Lyonnais désireux qu'on en finisse au plus vite avec la réputation brune de leurs universités, et rappelle les nombreux dossiers que nous avons consacrés à ces affaires.

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