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Marché d'esclaves en Méditerranée

7 décembre 1998

Le 4 novembre dernier, à Santa Maria di Leuca, sur les côtes adriatiques italiennes, un bateau marchand, le "Zeynep", a été intercepté par les autorités. A son bord 230 personnes, entassées dans la soute comme du bétail.

La plupart de ces nouveaux esclaves, qu'en cette fin de siècle on appelle communément "clandestins", avaient été embarqués sur les côtes africaines en Guinée Bissau par un autre bateau négrier. Arrivée au large de Chypre, côté turque, la "cargaison" avait été transférée sur le "Zeynep" en route vers les côtes italiennes.

Le "tour opérateur" qui est à l'origine de ce périple est une véritable holding a capitaux turques. Ils affrètent un premier bateau, normalement géré par des complices africains, pour remonter la "marchandise" juste en Méditerranée. Ici l'organisation mafieuse turque possède une flottille de vieilles épaves. Une fois transbordé les clandestins sur un des ces navires, ils les débarquent sur les côtes italiennes où d'autres organisations mafieuses, le plus souvent la "Sacra corona unita" des Pouilles, se chargent de les "réceptionner", pour les exploiter en suite dans le marché parallèle du travail.

L'activité de ces marchands d'esclaves est très lucrative: pour arriver juste en Méditerranée ils demandent trois mille dollars par tête, et trois mille dollars encore pour débarquer en Italie. Le cartel mafieux gagne donc environ 1 million et 200mille dollars par voyage. Force est de constater que, 150 ans après l'abolition de l'esclavage en Europe, et à 50 ans de la déclaration universelle des droits de l'homme, le métier de négrier entre dans un nouveau siècle avec toujours des belles perspectives fleurissantes devant lui.

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