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Mémoire
et révisionnisme du génocide
rwandais en France
Racines
politiques, impact
médiatique
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Par
Jean-Paul Gouteux, chercheur
IRD
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Jeudi
12 février 2004
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L'Eglise et les administrateurs belges,
après les Allemands, s'attachèrent
à la distinction raciale, à travers
la vision gobinienne et manichéenne d'une
société en réalité
symbiotique et complexe. Ils classifièrent
au Rwanda en Bantous (Hutu) et Hamites (Tutsi),
comme en Europe en Aryens et Sémites.
Cette photo est traite du livre de Jean-Paul
Gouteux, La nuit rwandaise, Editions
Izuba/L'Esprit Frappeur, 2002.
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En
avril 1994 et pendant trois mois, plus d'un million de
personnes ont été tuées au Rwanda parce
qu'elles n'appartenaient pas à la bonne "race".
Dans ce minuscule Etat africain, culturellement et
linguistiquement homogène, les Tutsi,
repérés par le fichage ethnique officiel
(cartes d'identités) ou au faciès (selon les
stéréotypes répandus) ont
été systématiquement tués, des
vieillards aux nourrissons. Le viol et la torture avant la
mise à mort ont également été
systématisés. C'est un génocide au sens
premier du terme selon des critères qui s'appliquent
à l'extermination des Arméniens et des Juifs.
Pour leurs assassins, les Tutsi, les Juifs ou les
Arméniens ne pouvaient abjurer. Les massacres des
Protestants par les Catholiques (et vice versa),
l'extermination de musulmans par les croisés,
n'étaient pas des génocides parce qu'un
croyant peut se convertir, abjurer sa foi. Les Tutsi, les
Juifs et les Arméniens étaient condamner
à mourir pour ce qu'ils sont. C'est-à-dire,
dans l'esprit de leurs bourreaux, pour le crime d'être
né. C'est ce qui fait l'immense singularité de
ce crime.
Récemment
(en septembre 2003) Dominique de Villepin, ministre des
Affaires étrangères de Jacques Chirac,
à la suite de François Mitterrand, a
parlé de "génocides" au Rwanda. Ce pluriel
manifestait l'adhésion publique de l'ancien
Président de la République, comme elle
manifeste celle de l'actuel responsable de la diplomatie
française, à la théorie
révisionniste dite du "double génocide". Selon
cette théorie, le génocide des Tutsi du Rwanda
serait le pendant d'un "génocide des Hutu" par la
rébellion du Front patriotique rwandais. La reprise
en 2003 d'une théorie révisionniste par une
voix officielle montre qu'il s'agit là pour la
politique française d'un problème majeur,
permanent et profond. L'explication proposée ici
à la réflexion des lecteurs renvoie à
l'implication militaire, diplomatique et financière
des autorités françaises dans le
génocide rwandais. Elle évoque aussi la
prégnance dans ces mêmes sphères de
l'ethnisme, ce racisme issu du passé colonial et du
néocolonialisme présent
(...)
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génocidaire au
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