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Barroso: Du "col mao" à l'Oncle Sam


Par Robert Realley

Lundi 22 novembre 2004



José Manuel Barroso (à droite) reçoit aux Açores, le 16 mars 2003, George Bush, José Maria Aznar et Tony Blair.
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osé Manuel Barroso vient de succéder à Romano Prodi à la présidence de la Commission de l'Union européenne. Son installation à Bruxelles n'est pas passée inaperçue. Ella a été accompagnée par un premier couac: l'affaire Buttiglione (voir notre édition du 3 novembre 2004).

Barroso est le leader du parti social-démocrate portugais, qui se situe à droite de l'échiquier politique. Jusqu'à juin dernier, il ne figurait dans aucun pronostic le désignant comme un possible candidat à cette charge prestigieuse. Pourtant, cet ancien révolutionnaire maoïste, devenu l'un des principaux ambassadeurs de l'administration Bush en Europe, a réussi, à 48 ans, un parcours foudroyant. Un parcours original, aussi, qui alimente bien des commentaires.

En juin de l'année dernière, le Premier ministre luxembourgeois Jean-Claude Juncker, du parti populaire, faisait encore figure de grand favori pour succéder à Prodi. Mais quand l'homme politique du Grand-Duché fit savoir qu'il n'était pas candidat à cette charge, on assista à un affrontement entre deux tendances. La France et l'Allemagne soutenaient la candidature du Premier ministre belge, le libéral Guy Verhofstadt, tandis que l'Angleterre de Tony Blair proposait le nom du conservateur britannique Chris Patten. La situation était bloquée. Des hypothèses alternatives commencèrent alors à circuler dans les palais des pouvoirs européens. Les noms de l'Espagnol Javier Solana et du Portugais Antonio Vitorino devenaient soudainement d'actualité. Une actualité qui ne convenait pourtant pas à l'alliance majoritaire des partis de la droite européenne, qui ne voyaient pas d'un bon œil la candidature des deux pointures socialistes.

Ce fut Angela Merkel, la femme d'acier allemande, qui a succédé à Helmut Kohl à la tête du parti démocrate-chrétien, qui avança pour la première fois la candidature de Barroso. Et, très vite, ce dernier s'imposa comme l'homme du compromis. Le plus hostile à son égard fut Jacques Chirac. Le président français n'était pas disposé à oublier le sommet des Açores qui s'est tenu en mars 2003 à la veille de l'attaque contre l'Irak. George W. Bush, accompagné par Tony Blair et José Maria Aznar furent accueillis par Barroso dans cet archipel portugais, afin de formaliser à la face du monde leurs envies guerrières. L'opposition française à Barroso fut de courte durée. Paris capitula en effet, s'alignant sur le choix de ce candidat de droite, le seul qui paraissait pouvoir représenter un délicat compromis acceptable par les chefs d'Etat européens.

Qui aurait imaginé, il y a trente ans, que José Manuel, révolutionnaire maoïste radical, pourrait être intronisé à la présidence de la Commission européenne, en y faisant figure de représentant de la tendance la plus atlantiste et droitière présentes dans les différentes capitales du vieux continent? (...)

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