|
|

|
|
José Manuel Barroso (à
droite) reçoit aux Açores,
le 16 mars 2003, George Bush, José
Maria Aznar et Tony Blair.
.
|
|
|
José
Manuel Barroso vient de succéder à
Romano Prodi à la présidence de la
Commission de l'Union européenne. Son
installation à Bruxelles n'est pas
passée inaperçue. Ella a
été accompagnée par un
premier couac: l'affaire Buttiglione
(voir
notre édition du 3 novembre
2004).
Barroso
est le leader du parti social-démocrate
portugais, qui se situe à droite de
l'échiquier politique. Jusqu'à juin
dernier, il ne figurait dans aucun pronostic le
désignant comme un possible candidat
à cette charge prestigieuse. Pourtant,
cet ancien révolutionnaire maoïste,
devenu l'un des principaux ambassadeurs de
l'administration Bush en Europe, a
réussi, à 48 ans, un parcours
foudroyant. Un parcours original, aussi, qui
alimente bien des commentaires.
En
juin de l'année dernière, le Premier
ministre luxembourgeois Jean-Claude Juncker, du
parti populaire, faisait encore figure de grand
favori pour succéder à Prodi.
Mais quand l'homme politique du Grand-Duché
fit savoir qu'il n'était pas candidat
à cette charge, on assista à un
affrontement entre deux tendances. La France et
l'Allemagne soutenaient la candidature du
Premier ministre belge, le libéral Guy
Verhofstadt, tandis que l'Angleterre de Tony
Blair proposait le nom du conservateur
britannique Chris Patten. La situation
était bloquée. Des
hypothèses alternatives commencèrent
alors à circuler dans les palais des
pouvoirs européens. Les noms de l'Espagnol
Javier Solana et du Portugais Antonio Vitorino
devenaient soudainement d'actualité. Une
actualité qui ne convenait pourtant pas
à l'alliance majoritaire des partis de la
droite européenne, qui ne voyaient pas d'un
bon il la candidature des deux pointures
socialistes.
Ce
fut Angela Merkel, la femme d'acier allemande,
qui a succédé à Helmut Kohl
à la tête du parti
démocrate-chrétien, qui avança
pour la première fois la candidature de
Barroso. Et, très vite, ce dernier s'imposa
comme l'homme du compromis. Le plus hostile
à son égard fut Jacques Chirac. Le
président français n'était pas
disposé à oublier le sommet des
Açores qui s'est tenu en mars 2003 à
la veille de l'attaque contre l'Irak. George W.
Bush, accompagné par Tony Blair et
José Maria Aznar furent accueillis par
Barroso dans cet archipel portugais, afin de
formaliser à la face du monde leurs
envies guerrières. L'opposition
française à Barroso fut de courte
durée. Paris capitula en effet, s'alignant
sur le choix de ce candidat de droite, le seul qui
paraissait pouvoir représenter un
délicat compromis acceptable par les chefs
d'Etat européens.
Qui
aurait imaginé, il y a trente ans, que
José Manuel, révolutionnaire
maoïste radical, pourrait être
intronisé à la présidence de
la Commission européenne, en y faisant
figure de représentant de la tendance la
plus atlantiste et droitière
présentes dans les différentes
capitales du vieux continent?
(...)
|
|
|