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Mise
à jour du 9 avril
2008
"Alors
que nous faisions des gestes concrets en
faveur d'un échange de prisonniers,
le président Uribe planifiait et
exécutait le lâche assassinat
du commandant Raul Reyes".
Mardi
8 avril 2008, les Farc se sont
exprimées dans un communiqué
diffusé par l'Agence bolivarienne
de presse. La mission française
n'est "pas le résultat d'une
concertation, mais de la mauvaise foi
[du président colombien]
Uribe envers le gouvernement
français". En conséquence,
la proposition est jugée
"irrecevable". "Nous n'agissons pas sous
l'influence du chantage, ni sous
l'impulsion de campagnes
médiatiques", indique le
document.
"Si
au début de l'année - lit-on
finalement - le président Uribe
avait démilitarisé Florida
et Pradere pendant 45 jours, Ingrid
Betancourt, tout comme les militaires et
les guérilleros détenus,
auraient déjà
recouvré la liberté, et
ça aurait été une
victoire de tous".
Pendant
ce temps, Ingrid Betancourt reste
prisonnière, privée d'une
assistance médicale
qualifiée.
"Les
Farc ont donné une réponse
très dure et très cynique",
en rejetant la faute de ce nouvel
échec sur le président
Uribe, "alors que ce sont eux les preneurs
d'otages". C'est ainsi qu'a réagi
le fils d'Ingrid Betancourt, Lorenzo
Delloye.
De
son côté, le Quai d'Orsay a
déclaré que la mission
humanitaire arrivée à
Bogotá avec le Falcon
français "devrait quitter la
Colombie prochainement".
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L'avion espion US Boeing
Awaks.
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Le
maître mot est: silence. Contrairement a ce
qu'a été colporté par
plusieurs médias, le message, mis en ligne
jeudi 3 avril 2008 sur le site de l'Agence
bolivarienne de presse, indiquant que les Farc ne
relâcheront aucun prisonnier sans avoir
obtenus du pouvoir colombien la libération
des guérilleros détenus, n'a jamais
existé. Plus précisément: ce
message, qui a été attribué
à Rodrigo Granda, l'un des principaux
responsables des FARC, ne date pas du 3 avril
mais
du 19 mars. Presque un mois de
décalage.
"Le
texte est une pure copie du message qu'avait
rédigé Rodrigo Granda le 19 mars
dernier, à la suite de la mort de Paul
Reyes", a d'ailleurs déclaré,
vendredi 4 avril, le Comité de soutien
à Ingrid Betancourt. Dans un
communiqué, celui-ci s'interroge: "Y a-t-il
manipulation? Et si tel est le cas, à qui
profite-t-elle?" La question est
pertinente.
En
réalité, les Farc se sont
enfermées dans un mutisme total. Aucune
communication ne sort de la forêt
amazonienne. L'explication de ce long silence vient
du ciel. La question qui préoccupe les
dirigeants des guérilleros n'est pas le
Falcon envoyé par le chef de l'Etat
français, toujours immobilisé sur la
piste de l'aéroport militaire de Catam,
à Bogotá, mais bel et bien
l'intensification du survol du territoire par les
Awaks, les avions espions de l'Oncle Sam que
Washington a dépêché dans le
ciel colombien. Après l'assaut donné
au campement de Raul Reyes, le premier mars
dernier, les hommes de Marulanda n'ont plus
confiance.
"Appelle
les Américains!" Voici ce qu'a
demandé, avec insistance, Hugo Chavez
à Nicolas Sarkozy. "Demande aux
Américains de rappeler leurs Awaks.
C'est d'eux que dépend la suite de
l'opération". Le président
vénézuélien est sûr que
seulement quand Marulanda sera assuré de
pouvoir communiquer sans prendre le risque
d'être intercepté, il pourra rouvrir
les tractations qui ont été
brutalement interrompues après la mort de
Reyes. Selon nos informations, les termes de la
tractation sont résumés en trois
points:
1)
la libération d'un nombre consistant de
guérilleros emprisonnés, y compris
pour crimes de sang;
2) Paris doit s'engager à accueillir les
militants des Farc sur son territoire,
vraisemblablement en Guyane et aux Antilles;
3) L'Europe doit s'engager à enlever les
Farc de la liste des organisations
terroristes.
Au-delà
de ces trois conditions, les Farc veulent aussi
avoir l'assurance qu'une fois qu'ils auront
libéré Ingrid Betancourt, le
gouvernement colombien s'engage dans une tractation
"de paix" et non pas dans une logique
"d'anéantissement". En effet, Marulanda
craint que, une fois qu'Ingrid Betancourt aura
recouvré la liberté, l'armée
colombienne, fortement appuyée par
Washington, se lance dans une vaste offensive
militaire.
C'est
pour cette raison que les hommes des Farc attendent
un signal fort: les Awaks de l'Oncle Sam
doivent quitter les cieux de la
région
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