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Enquête: Zones d'ombre dans le ciel de Manhattan

Tout le dossier - Danger sans limites: le nouveau désordre mondial


Par Enrico Porsia

Paris, mercredi 26 septembre 2001


Deuxième partie: L'invraisemblable légèreté des 'services' US

Lire la première partie: Des fuites étranges à la Maison-Blanche


Le milliardaire Ben Laden super-terroriste?

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Dessin ©Brito
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A
la suite de la vague d'attentats qui a rasé un quartier de Manhattan, éventré le Pentagone et causé la mort de près de 7000 personnes [ce chiffre était celui avancé par les autorités américaines à la date de parution de cet article. Le dernier bilan du 9 avril 2002, fait état de 2843 morts; ndlr], le monde est incrédule. Qui aurait jamais imaginé qu'une action de guerre de cette ampleur aurait pu avoir lieu sur le sol américain? Et, surtout, aurait pu imaginer une telle attaque de kamikazes, armés de cutters, qui après avoir détourné des avions de ligne, les auraient utilisés comme autant de bombes redoutablement meurtrières? Personne, même à l'intérieur des plus sophistiqués services de renseignement du monde, n'avait donc vu venir le danger. Quelques heures après les attentats, les télévisions et la presse pouvaient mettre un nom sous les visages des terroristes et de leur commanditaire. Le président Bush pouvait enfin enrôler "les forces du bien contre celles du mal". Et répondre à la "Djihad" en brandissant l'étendard d'une nouvelle Croisade.

Seulement... dix jours plus tard, les certitudes des investigateurs américains se fissurent de plus en plus. "C'est vrai, nous avons des doutes sur l'identité d'un certain nombre de terroristes", était contraint d'affirmer à la presse Robert Mueller, le directeur du FBI. En effet, au moins deux des 19 kamikazes "identifiés" par le FBI sont des personnes qui ne se trouvaient pas en Amérique au moment des attentats.

"Si on évalue les preuves entre les mains des enquêteurs contre Ben Laden selon les standards du droit et des relations internationales en vigueur au XXIe siècle, il faut reconnaître que, pour le moment, il n'y en a pas beaucoup" pouvait constater, mercredi 19 septembre, le Wall Street Journal. Malgré celà, dans les minutes qui ont suivi les attentats, les services de renseignement américains, ceux-là même qui avaient fait preuve jusque là d'une impuissance manifeste, ciblaient très précisément le milliardaire saoudien Ben Laden...

Par contre, les services de renseignement US disposaient d'abondantes informations fiables sur la possibilité d'attentats contre les intérêts américains. La liste en est impressionnante (...)

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