Quelques jours plus tard, le 3 novembre, alors que Litvinenko commençait à ressentir les premiers symptômes de l'empoisonnement, ils ont tous regagné la Russie. Andreï Lougovoï, Dimitri Kovtoune et un troisième associé, qui se trouvait à Londres avec eux début novembre, Viatcheslav Sokolenko, ont démenti toute implication dans la mort de Litvinenko. Une enquête contre Dimitri Kovtoune pour "importation illégale et mauvais usage de produits radioactifs" vient d'être ouverte, par le procureur de Hambourg, Martin Köhnke, après la découverte de traces de contamination au polonium 210 en plusieurs lieux de la ville allemande où a séjourné cet homme d'affaires russe Dimitri Kovtoune, quelques jours avant de rencontrer Alexandre Litvinenko. Un étrange personnage au coeur de l'affaire Un autre étrange personnage se trouve au coeur de l'affaire. Il s'agit de Mario Scaramella. "Personnage mystérieux d'une quarantaine d'années, présenté comme un expert en sécurité et un consultant international", ainsi que le décrit une dépêche de l'AFP. Mario Scaramella avait rencontré Alexandre Litvinenko le premier novembre, dans un restaurant japonais de Londres. Ce "personnage mystérieux" effectuait, à travers la société Environmental Crime Prevention Programme, des missions pour le compte de Paolo Guzzanti, le président de la commission d'enquête parlementaire italienne "Mitrokhine" (du nom du lieutenant-colonel du KGB Vassili Mitrokhine, qui aurait constitué des énormes archives en recopiant de 1972 à 1984 les documents officiels et secrets du KGB dont il était chargé de superviser le classement, ndlr). La tâche de Guzzanti consistait à enquêter sur les rapports qu'entretenait l'ancien KGB, pendant la guerre froide, avec ses sources emplantées en Occident. Peu après la mort de Litvinenko, les médecins anglais découvrent que Scaramella présente lui aussi des traces de polonium 210 dans son organisme. Le "mystérieux personnage" s'empresse de déclarer à la télévision publique italienne que la quantité de polonium 210 avec laquelle on l'aurait empoisonné, dépassait de "cinq fois le seuil mortel". La nouvelle se répand, le 3 décembre, dans toute la presse internationale. Et, pourtant, quelques jours plus tard Scaramella est autorisé à sortir de l'University College Hospital. Contrairement aux déclarations faites par l'Italien, "les résultats de ses examens pathologiques réalisés pour l'instant restent normaux", précise un porte-parole de l'hôpital londonien. "Mister Scaramella se porte bien". En déclarant avoir été mortellement contaminé, tout comme Litvinenko, Scaramella avait visiblement essayé d'allumer un contre-feu. En effet, dès que son nom apparaît dans l'affaire, la presse italienne commence à s'intéresser à cet étrange personnage Et des informations, bien compromettantes, remontent à la surface; elles précisent les contours, bien opaques, de l'activité de Scaramella. Elles jettent un coup de projecteur sur les agissements, bien inquiétants, de la commission Mitrokhine présidée par le sénateur Paolo Guzzanti, un proche de Silvio Berlusconi(...) Tout le dossier est disponible en format PDF. En voici le sommaire: -
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