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Les balles criminelles de la police de New-York

15 février 1999


R
udi Giuliani, le maire de New York, se prend pour le shérif d'un mauvais western. Sa recette contre l'insécurité métropolitaine est le simplisme absolu. La "tolérance zéro" pour un problème social d'une ampleur inquiétante est son seul credo et, le tout-répressif sa seule foi.

Sa dernière trouvaille pour rassurer ses électeurs bien-pensants des beaux quartier est de charger les pistolets de 40 mille policiers qui sévissent sous ses ordres avec des balles à fragmentation: les redoutables dum-dum.

Ces projectiles inventés par l'armée coloniale britannique en 1890 (et produits par l'armurerie royale justement à Dum Dum, ville indienne dans la région de Calcutta) avaient tout de suite été mis au ban, déjà en 1899 par la convention de La Haye parce que jugés trop cruels et inhumains.

Ces projectiles ont la particularité de s'émietter une fois qu'ils ont atteint "la cible". Leur pouvoir dévastateur est donc redoutable car il est presque impossible d'arriver à extraire tous les fragments de plomb qui se répandent à l'intérieur du corps humain. Nombreuses forces spéciales dans le monde n'ont pourtant jamais renoncé à les utiliser, sans le reconnaître officiellement, en passant outre "l'interdiction absolue", hypocrite comme la philosophie d'une autruche, des instances internationales.

En revendiquant publiquement l'emploi de ces projectiles pour "sa" police Rudi Giuliani nous révèle une autre facette de son "american way of life": ce qui est trop cruel même pour la guerre ne l'est donc pas pour la gestion de sa ville.

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